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Politique of Sunday, 10 January 2021

Source: Actu Cameroun

Contentieux électoral aux USA: Sam Mbaka compare Donald Trump à un président africain

Ancien premier vice-président de l’Udc, il jette un régard critique sur la dernière élection présidentielle aux Etats-Unis. Merci de sa tribune publiée ce dimanche 10 janvier 2021 à cet effet.

Imaginez Donald Trump en potentat africain, enivré par lui-même et obnubilé par le pouvoir. Convaincu d’être né pour être président à vie jusqu’à la fin des temps voire au-delà. J’y suis, j’y reste.



Elu contre toute attente il y a quatre ans, Donald Trump a exercé le pouvoir en autocrate, coupant et taillant à sa guise des destins et des têtes. Ceux qui lui faisaient de l’ombre passaient à la trappe d’un simple tweet. Son mot fétiche c’était « Fired..» pour dire viré, congédié. Comme un malpropre et sans état d’âme.

C’est avec la même désinvolture qu’il a traité ses homologues étrangers. Donald Trump a érigé l’épreuve de force et le bras de fer comme une marque de fabrique. La sienne. Rien ne devait lui résister. L’homme ne s’embarrassait pas de considérations diplomatiques. Pas de fioritures.



Ce qui comptait pour lui, c’était de restaurer la grandeur de l’Amérique. « America great again. » Ses partisans l’ont suivi comme un seul homme jouant des testotérones. C’était la revanche du petit blanc sur les années Obama. Un Noir à la Maison Blanche vous n’y pensez pas. A leurs yeux, une infamie et une verrue sur l’Amérique.

C’est vrai qu’à l’occasion des présidentielles de 2020, Donald Trump a su mobiliser tous ces revanchards voire au-delà de son camp. Des femmes, des Latinos et des Afro-américains ont voté pour lui. Il a ainsi rallié plus de voix qu’en 2016.



Dès lors, il s’est convaincu que cette élection était imperdable, et qu’il ne ferait qu’une bouchée de son adversaire démocrate Joe Biden qu’il appelait dédaigneusement « slappy Jo.. » Sous-entendu la chair de poule, le mollasson.

Pas étonnant qu’il n’ait jamais reconnu sa défaite et encore moins la victoire de son adversaire. Président des Etats-Unis jusqu’à l’investiture du nouveau président démocrate, Donald Trump est resté sur son quant à soi. Comme si de rien n’était, il a signé des nominations à la pelle en faveur de ses affidés, gracié ses enfants contre des poursuites judiciaires à venir. Et dans le même temps, il a eu la main lourde et fait condamner à mort de nombreux détenus.

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Les Services secrets américains ont imaginé l’hypothèse où Donald Trump ferait de la résistance et ne voudrait pas quitter la Maison Blanche. Consigne a donc été donnée au personnel de ne pas travailler la veille de l’investiture de Joe Biden. La Maison Blanche serait par le fait même une coquille vide. On en était là.

Malgré les cris d’orfraie poussés, malgré le bataillon d’avocats appelés à la rescousse dont certains payés 1000 dollars de l’heure, malgré le décompte des bulletins, Donald Trump a continué à nier le verdict des urnes. A nier l’évidence.



La victoire lui revenait de droit et ses adversaires avaient forcément triché. Il s’est convaincu de cette irréalité et a chauffé à blanc ses partisans. Pas étonnant qu’au moment où le Congrès s’était réuni pour certifier la victoire de Joe Biden, ce symbole de la démocratie ait été envahi, profané.

Coup de force, sédition, tentative de putsch, émeutiers…Comment trouver des superlatifs négatifs pour qualifier l’attitude des pro-Trump. Atterrée et éberluée la planète entière s’est émue de voir la puissante Amérique réduite ou presque à une République bananière.

Les condamnations venues des chancelleries ont été unanimes. Au-delà de cette pantalonnade et de cette bouffonnerie, les institutions américaines n’ont pas vacillé.

Elles ont prouvé à la face du monde qu’aucun Président même américain ne saurait fouler au pied les institutions et les lois de ce pays. Une leçon de démocratie dont les chefs d’Etat africains devraient s’inspirer. Tant de présidents démocratiquement élus ont tordu le bras à la constitution de leur pays, soudoyés les institutions judiciaires, pour être réélus au mépris des textes et des lois en vigueur. Et si l’Afrique s’inspirait pour une fois de ce qui fait la grandeur des nations. Une contagion démocratique qui lui serait bien salutaire.

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