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General News of Thursday, 6 August 2020

Source: La Nouvelle n°552

Conseil supérieur de la magistrature : que cache le report dans le sérail?

Initialement prévu ce 6 août 2020, un communiqué signé il y a quelques jours par le ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, annonce tout simplement le report au 10 août prochain, la tenue du Conseil supérieur de la magistrature. Et pourquoi? Esquisses de réponse.
Le ministre d’Etat secrétaire général de la présidence de la République porte à la connaissance de l’opinion nationale que le président de la République, président du Conseil supérieur de la magistrature a décidé du report au lundi 10 août 2020 à 12 heures dans la salle des conseils de la présidence de la République de la réunion du Conseil supérieur de la magistrature, initialement convoquée pour le jeudi 06 août 2020 ».

Ce sont là les termes du communiqué de presse de Ferdinand Ngoh Ngoh, rendu public le 1er août 2020 pour annoncer le report du Conseil supérieur de la magistrature. Alors question : les météorologues du sérail socio-politique camerounais étaient-ils déjà au courant de ce report ? Dans les sphères dirigeantes du pays, le sujet dérange, les regards se font même fuyants face à cette question, et personne ne veut se prononcer publiquement sur ce report qui semble surprendre tout le monde. Si l’on en juge par l’extrême prudence que certains analystes s’essayent à le décrypter, on dirait que le sujet fait même peur. Mais pour tout le monde, ce report serait tout sauf un hasard.



Voilà pourquoi tous se hasardent à conclure hâtivement que ce report pourrait bien soulever des lièvres bien dodus. Vient alors l’autre seule question qui mérite dans ce cas-là d’être posée : qu’est-ce qui le fait croire ? Pour les uns, ce report survient après que, selon certaines sources, le président de la République ait tour à tour, reçu en audience à Mvomeka’a, la semaine dernière, Emmanuel Ndjéré, le président du Tribunal criminel spécial (Tes) et Abel Minko Minko, le secrétaire du Conseil supérieur de la magistrature. Mais personne pour se hasarder à donner la teneur de ces secrets tête-à-tête. D’ailleurs, nul besoin de se bercer d’illusions : l’omerta qui entoure ce type d’audience n’est pas près de se dissiper.



Revers inimaginale
Pour d’autres, le report du Conseil supérieur de la magistrature est décidé par le président de la République dans un contexte particulièrement marqué par les guerres des réseaux autour du pouvoir. C’est à cette aune qu’il situe cette pseudo correspondance confidentielle adressée au président Paul Biya dimanche le 2 août 2020.


En fait de correspondance, il s’agit d’un tract non signé, truffé de fautes. Un vrai fatras de ragots insipides qui indique nettement que rien n’échappe plus aux serres de la pensée de ceux qui ont opté de se livrer à de féroces batailles jusqu’au sang dans le sillage du président. Et ce, pour le contrôle de la succession. Mauvaise foi chronique en bandoulière, c’est comme si les charlatans, auteurs de ce tract en circulation sur les réseaux sociaux, n’ont plus pour leur survie politique que par cette sorte luciférienne de frénésie langagière et épistolaire qui trahit pourtant des alliances de revers inimaginables et incommodes dans un proche entourage présidentiel.

Seulement, bien que ces croassements soient d’une vacuité évidente, ils méritent plus qu’un haussement d’épaules. Tout simplement parce qu’ils indiquent à souhait la présence de cet air irrespirable à côté du président pour confirmer que quelque chose d’anormal se trame dans les coulisses de son pouvoir. Dieu merci, face à eux, Paul Biya, un président maître des horloges, dictant le tempo. Démontrant chaque fois que le temps du palais d’Etoudi n’est pas celui d’une actualité-qualité que voudraient inéluctablement tenir en laisse une coterie de charlatans expansifs.

Des fins connaisseurs du sérail qui se veulent même plus précis, redoutent déjà à ce propos le silence de cet animal à sang froid qui n’est pas forcément bon signe face à l’avalanche des scandales politico-financiers : on a parlé hier de ceux de la Can 2019 ; on parle aujourd’hui de ceux de la gestion du Covid et des sacs de riz partis en fumée ; peut-être parlera-t-on demain des scandales de ces chantiers routiers surévalués à des centaines de milliards de Fcfa ou de la liquidation scandaleuse de certaines sociétés publiques aujourd’hui aux oubliettes. Surtout que ces fins connaisseurs du sérail savent que, malgré les apparences, Paul Biya n’a rien d’un chef d’Etat vieillissant comme le pensent une cohorte de séides pressés à l’envoyer au garage.


Pour eux, c’est un Paul Biya qui, malgré l’âge, maîtrise bel et bien ses dossiers, tout en cultivant avec subtilité et ruse ses réseaux. Un homme qui bénéficie en plus comme d’habitude, d’un exceptionnel alignement des astres.

Officiers de réserve
En outre, l’histoire a de tout temps démontré que pour mieux tenir la nacelle de son dirigeable, le président Paul Biya a toujours eu besoin de ses hommes d’envergure, à l’instar de Laurent Esso et d’autres officiers de réserve apparemment aujourd’hui sur les starting-blocks, pour mieux maîü iser hardiment les caprices d’une météo socio-politique très instable ces derniers mois. Aussi ne nous embarrassons nous guère de deviner l’effet recherché quand l’un d’eux (Laurent Esso en l’occurrence) est aujourd’hui visé par la meute des conspirateurs déterminés. Pour dire vrai et fermer le caquet aux auteurs du tract en circulation sur les réseaux sociaux, Laurent Esso est l’un des rares à savoir dans ce sillage du président de la République qu’on ne badine pas avec la loyauté. Ni avec le pouvoir pour la conservation duquel tous, compagnons des bons et des mauvais jours, s’impliquent depuis des décennies.

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