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General News of Tuesday, 11 August 2020

Source: 237online.com

Conseil supérieur de la magistrature: le pétard mouillé de Paul Biya

Alors que des soupçons de corruption pèsent au plus haut niveau de l’appareil judiciaire, aucun magistrat n’a été inquiété hier au palais de l’Unité.

Tout le monde était convaincu que le Conseil supérieur de la magistrature (Csm), qui s’est tenu hier 10 août 2020 au palais de l’Unité, allait être une grande lessive au sein de l’appareil judiciaire. D’autant que les appels à la “purge” s’étaient multipliés ces derniers jours sur les réseaux sociaux. Finalement, avons-nous appris, aucun dossier disciplinaire contre des magistrats n’a été retenu. « Les magistrats camerounais seraient tous blancs comme neige », ironise un connaisseur de la politique camerounaise qui rappelle que cette session s’est tenues trois ans après la dernière (7 juin 2017), au mépris des textes qui prévoient un minimum de deux sessions par an, respectivement en juin et décembre. Convoquée initialement par le président Paul Biya pour le 6 août 2020, la réunion avait été reportée au 10 août 2020, sans aucune justification officielle. En fait, le chef de l’Etat, président de l’instance, n’est guère un habitué de l’exercice. Hier au palais de l’Unité, ce sont réunis autour de lui, les seize autres membres du Conseil. Au menu des travaux, renseigne-t-on, des questions sur le fonctionnement de la justice, notamment l’intégration des auditeurs de justice et les nominations des magistrats.

La réunion, faut-il le rappeler, qui s’est tenue au lendemain du renouvellement de cette institution qui a consacré l’entrée, en son sein, de nouveaux membres titulaires et suppléants, ainsi que d’un nouveau secrétaire. Ladite session a été également marquée par l’intégration, dans le corps judiciaire, des auditeurs de justice de la section Common Law, récemment créée à l’Enam. « Ceux-ci, rappelle Paul Biya, sont issus du recrutement spécial des personnels judiciaires anglophones afin d’appliquer, dans les ressorts des Cours d’Appel du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, cette innovation juridique ». En effet, les travaux qui se sont tenus à huit clos ont aussi permis de procéder à l’intégration de jeunes auditeurs de justice de la 69e promotion 2015-2017, la 71e promotion 2016-2018 et la 102e promotion 2017-2019 sortis de l’Enam ; puis à la promotion et aux nominations des magistrats du Siège et ceux du Parquet ainsi que de la Chancellerie.

Justice inféodée

« La justice camerounaise est à la hauteur des attentes des Camerounais. Le seul problème que nous avons est que les magistrats ne sont pas toujours compris », s’est montré catégorique Laurent Esso, ministre d’Etat, ministre de la Justice Garde des Sceaux, et vice-président du Csm. Parce que, poursuit-il, « nous avons la justice telle qu’elle est voulue par la presse et la justice qui est la réalité du contenu des dossiers que le magistrat examine ». Pour le Garde des Sceaux, « le magistrat juge sur la base d’un dossier », et soutient par ailleurs que la justice camerounaise n’est pas inféodée par l’exécutif. « Plusieurs magistrats devaient être traduits devant le Csm, mais ne l’ont pas été simplement à cause de leur proximité avec le Garde des Sceaux. Laurent Esso a protégé ses poulains », confie au Messager, sous le couvert de l’anonymat en raison de sa fonction, un directeur au ministère de la Justice. « Tout d’abord, il n’est pas le seul décisionnaire au sein du Conseil, et il n’impose rien aux autres membres », se justifie un membre de l’entourage de Laurent Esso. Cela dit, la machine à rumeurs ne s’est pas arrêtée et les supputations autour des raisons de l’absence des dossiers disciplinaires au Csm se poursuivent.

En rappel, le Conseil supérieur de la magistrature se réunit à la présidence de la République sur convocation du président de la République et sur un ordre du jour déterminé. Les travaux du Conseil se déroulent à huis clos. Tous ceux qui y participent sont tenus au secret professionnel. Par ailleurs, la mission générale du Csm est d’assister le président de la République sur toute question relative à l’indépendance de la magistrature.

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