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General News of Friday, 19 June 2020

Source: actucameroun.com

Confidentiel: les mensonges et demi-vérités de Paul Biya mis à nus


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Une analyse de l’interview que le président Paul Biya avait accordé à la chaîne de télévision française «France 24» fin octobre 2007 permet de noter que le Chef de l’Etat n’a pas totalement respecté ses engagements en matière de respect de la Constitution, de lutte contre la corruption et de retour de la dépouille de l’ancien président Ahmadou Ahidjo.

Dans notre édition de La Nouvelle Expression du jeudi17juin 2020, nous avons publié des extraits de l’entretien exclusif que le président Paul Biya avait accordé à France 24, sur le plateau de son émission “Le Talk de Paris” diffusée le 30 octobre 2007. Dans le souci d’évaluer la cohérence du Chef de l’Etat dans les promesses et les actes annoncés dans cette fameuse interview en relation avec des sujets encore d’actualité, nous revenons sur quelques réponses qu’il a données aux questions posées.

Echec de la Can 2019 et mensonge de Biya !

Paul Biya avait déclaré qu’: «un pays comme le nôtre, qui ne dispose pas de ressources énormes, a intérêt à limiter les déperditions d’argent et de fonds. Nous sommes déterminés à aller de l’avant et nous avons non seulement procédé à des arrestations avec des traductions de responsables devant les tribunaux, mais nous avons aussi mis en place un certain nombre de structures : une commission nationale de lutte contre la corruption, une agence pour lutter contre le blanchiment d’argent, une cour des comptes, etc. Nous avons un certain nombre de structures permanentes qui ont pour finalité de chercher à éradiquer la corruption et tout un service de bonne gouvernance».

Nous constatons que les déperditions d’argent et de fond continuent malgré certaines arrestations à tête chercheuse. Un exemple de cette déperdition d’argent et des fonds s’est traduit par l’échec cuisant de l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Des milliards en fumée ! Pire. Les collaborateurs du président Paul Biya et des membres de son gouvernement ont désacralisé sa parole en le faisant mentir. Pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2019, Paul Biya n’avait-il pas affirmé que «te Cameroun sera prêt le jour dit. J’en prends personnellement l’engagement. Une phrase devenue un gros mensonge, alors que Paul Biya croyait bien faire en réponse aux doutes émis par des experts de la Confédération africaine (Caf).

Des pratiques peu orthodoxes ont la vie dure !

Et notamment après la polémique née des propos tenus par le président de la Caf, le Malgache Ahmad qui a eu la gentillesse de proposer, avec le soutien du comité exécutif de la Caf, une deuxième au Cameroun pour organiser la Can 2021 ! Certes, Paul Biya avait cité quelques résultats positifs qui sont appréciables: «les recettes du port de Douala, dès qu’on a commencé à appliquer la lutte contre la corruption, ont augmenté de 30 ou 40 % (…) Ce n’est pas de la poudre aux yeux. Je peux donner encore un résultat : prenez par exemple les salaires que l’Etat paie aux fonctionnaires. Nous avons noté qu’il y avait des agents qui touchaient deux, trois, voire quatre salaires», avait ajouté Paul Biya.

En faisant remarquer que «Grâce aux mesures d’assainissement du fichier solde, nous avons pu économiser quelques milliards par mois. Les gens qui croient que c’est une mode se trompent. C’est vraiment un axe majeur dans la politique de redressement de notre économie». Sauf qu’en ce qui concerne les marchés publics et les opportunités d’investissement au Cameroun, les investisseurs nationaux et étrangers sont toujours découragées par des pratiques peu orthodoxes que le président Paul Biya avait décrié : «C’est absurde qu’on dise à un investisseur “ C’est bien, vous voulez faire une usine, mais moi vous me donnez combien ? ”. C’est quelque chose qui dégoûte et décourage les investisseurs», avait reconnu Paul Biya.

Détournements de fonds publics et blanchiments de capitaux

La corruption gagne du terrain parce qu’elle est systémique. Les rapports de la Conac sont de plus en plus controversés et l’Agence nationale d’investigation financière (Anif) ne parvient pas à réduire les détournements massifs de fonds publics et les blanchiments de capitaux qui se portent plutôt bien : «Je ne pense pas qu’on ramène la corruption à zéro ; mais il faut la ramener à des niveaux insignifiants, qui ne perturbent pas le développement. (,..)Même avant la fin de mon mandat, on verra déjà des résultats. Nous commencerons bientôt à noter de bons résultats». Paul Biya faisait-il preuve de pessimisme ou réalisme lorsqu’il fit cette déclaration?

Alors que sa participation à l’élection présidentielle d’octobre 2011 était problématique et suscita d’ailleurs un vaste débat juridique dans les médias nationaux dont La Nouvelle Expression, Paul Biya disait : «Ce que je peux déjà dire, c’est que les élections présidentielles camerounaises en 2011 sont certaines. Mais je les considère comme lointaines. J’ai un mandat de sept, ans et j’ai fait la moitié de ce mandat». Paul Biya avait pourtant reconnu que «pour le moment, la Constitution ne me permet pas un troisième mandat(…) Le peuple lui-même détermine ce qui est bon pour lui», avait-il dit. C’est que la Constitution du 18 janvier 1996 avait limité le nombre de mandat à sept ans renouvelable une fois.

Déverrouillage de la limitation de mandat : violation d’un consensus !
En violation’ d’une décision consensuelle de la classe politique datant de la Rencontre Tripartite de Yaoundé en1991, Paul Biya a fait modifier en 2008 l’article 6(2) de la Constitution et désormais le président est rééligible sans aucune limite : «le Président de la République est élu pour un mandat de sept (7) ans. Il est rééligible». Tel est le contenu de l’article 6 (2) (nouveau) de la Loi N°2008/001 du 14 avril 2008 modifiant et complétant certaines dispositions de la Loi N°96/06 du 18 janvier 1996 portant révision de la Constitution du 02 juin 1972, Or, l’article 5 (1) de la . Constitution stipule que «Le Président de la République est le Chef de l’Etat. Il veille au respect de la Constitution». Comment peut-on veiller au respect de la Constitution et le faire modifier à ‘sa guise pour ses intérêts personnels ?

Sur sa succession au pouvoir et sur la question d’un dauphin, Paul Biya avait été clair : «L’idée de préparer quelqu’un, cela relève de méthodes proches de la monarchie ou de l’oligarchie. Les Camerounais sont assez mûrs, ils pourront choisir, le moment venu. Je crois que dans une république, qui fonctionne bien le mot “ dauphin ” résonne mal ». D’où vient-il donc que depuis quelques temps au Cameroun l’on parle, à tout vent, d’une future succession à la tête de l’Etat sous la forme d’« un gré à gré» ?

La rumeur sur l’existence d’un projet de loi visant à modifier certaines dispositions constitutionnelles pour instaurer, entre autres choses, un poste de Vice- président de République est-il fondé ? La vacance à la présidence de République est-elle en marche ? Si la limitation du mandat présidentiel a pu être supprimé en 2008 par un Parlement majoritairement du parti au pouvoir qu’est-ce qui qui empêcherait une nouvelle modification de la Constitution pour modifier certaines t dispositions par un Parlement toujours majoritairement du parti au pouvoir, le Rdpc ?

Sur le rapatriement de la dépouille d’Ahmadou Ahidjo…

Pourquoi plus de 30 ans après, Paul Biya ne facilite-t-il pas le retour de la dépouille de celui qu’il appelait au début de son mandat « mon illustre prédécesseur ? » Paul Biya, qui ne cesse d’évoquer la réconciliation, le pardon et la tolérance dans ses discours, est resté intraitable vis-à-vis de son prédécesseur. Paul Biya persiste et signe que « le problème du rapatriement de la dépouille de l’ancien président est un problème d’ordre familial. Je n’ai pas d’objection, et je dois dire que le fils de mon prédécesseur est député.

Je n’ai pas de problème avec la famille de mon prédécesseur, ses filles et ses fils vont et viennent et personne ne les a jamais inquiétés. Si la famille de mon prédécesseur décide de faire transférer les restes du Président Ahidjo, c’est une décision qui ne dépend que d’eux, je n’ai pas d’objections ni d’observation à faire» Comment Paul Biya peut-il dire qu’il n’a pas de problème avec la famille de son prédécesseur et resté sourd aux doléances de sa famille ? Epouse du défunt président Ahidjo, Germaine Ahidjo a une opinion différente de celle de Paul Biya. Elle veut bien que la dépouille de son époux rentre au Cameroun.

Cependant, Germaine Ahidjo estime que ce n’est pas qu’une affaire de famille, mais plutôt une affaire de l’Etat du Cameroun. Ahmadou Ahidjo ayant été le premier président de la République du Cameroun. Il est décédé en exil le 30 novembre 1989 à Dakar au Sénégal où il a été inhumé. Ahmadou Ahidjo avait démissionné de ses fonctions le jeudi 4 , novembre 1982 et cédé le pouvoir le samedi 6 novembre 1982 à son Premier ministre Paul Biya, son «successeur constitutionnel».

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