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General News of Monday, 26 August 2019

Source: L'ESSENTIEL N°258

Condamnation d'Ayuk Tabe: Paul Biya sacrifie la rentrée scolaire

Les élèves, parents et enseignants redoutent les représailles des combattants sécessionnistes à l’occasion de la rentrée scolaire 2019. Du coup, le bel élan donné par le concept « back to school » pourrait prendre un coup.

On craignait déjà pour la sécurité des enseignants et des élèves. Les combattants séparatistes ont régulièrement commis des exactions sur cette catégorie de personnes prises pour cible.

Les forces de défense et de sécurité sont d’ores et déjà en alerte, car des prises d’otage risquent de se multiplier où des attaques à main armée des lieux publics en particulier les écoles. Les habitants des zones anglophones affirment que des réactions des séparatistes sont à prévoir en guise de représailles à la décision de justice condamnant en vie le président de l’Etat virtuel dénommé « Ambazonie ». Les violences redoutées peuvent aussi prendre la forme d’affrontements armés entre sécessionnistes et les forces de défense.

« Le véritable souci de la population est que cette situation affecte la campagne lancée pour une rentrée scolaire effective et une année scolaire efficiente dans les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest (Noso). De plus en plus, des enfants quittent la région pour aller s’inscrire dans les autres régions », confie un habitant de la zone. Une situation qui contribuera à accroître l’exode massif des élèves vers les régions francophones dans le but de poursuivre sereinement leurs études.

Selon des sources, si un calme précaire règne à Buea dans la région du Nord-ouest après la condamnation d’Ayuk Tabe par le Tribunal militaire de Yaoundé à la peine à vie et à des dommages et intérêts de 250 milliards FCFA, dans la région du Nord-ouest, la situation a été tendue après le prononcé du verdict. Des coups de feu auraient été entendus du côté de la « Commercial Avenue » à Bamenda. Les Ambazoniens auraient aussi pris d’assaut le marché de Nitop situé vers l’hôpital de la ville, explique cette source. Et des voix s’élèvent pour poser des constats, les uns pour s’émouvoir, les autres pour tourner en dérision les actes posés des deux côtés. Au sujet de l’actualité sur la crise anglophone, Mancho Bibixy commente sur sa page Facebook : « Quand les libérateurs prennent une décision et leur peuple s’enfuie vers la maison de l’oppresseur pour se réfugier, on commence à s’interroger sur les intentions de ces leaders. Toute décision qui n’est pas favorable au peuple est contre-productive. L’histoire nous jugera tous. » Pour Ayah Paul Abine, tout ceci aurait eu un sens si cette longue période de fermeture imposée aux personnes souffrant déjà de pauvreté en leur demandant de stocker chez eux la nourriture avec de l’argent qu’elles n’ont pas. Ils peuvent aussi donner un soutien financier à ces pauvres familles afin de constituer des réserves qui leur permettraient de tenir pendant ces longues périodes. Il n’y a qu’un parent vraiment méchant et irresponsable qui ne peut rappeler à son enfant l’importance de l’éducation et avoir comme priorité de payer ses frais de scolarité et acheter le nécessaire pour l’école.

Les populations et l’ensemble de l’élite anglophone semble faire chorus sur le chemin de la désapprobation de la guerre que les séparatistes ont déclaré à l’école.

C’est dans cette vague de contestation appuyée par le clergé catholique que Monseigneur George Nkuo, évêque du diocèse de Kumbo a été enlevé le 24 août par les sécessionnistes. Une marche de protestation engagée par les fidèles catholique vers la colline de Kiman dans l’arrondissement de Jakiri, et revendication la libération de leur évêque a abouti à la remise en liberté du prélat.