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General News of Tuesday, 21 April 2020

Source: agencecamerounpresse.com

Commutation et remise des peines: la colère monte à Kondengui

Une semaine après la décision de chef de l’Etat de muter les peines des prisonniers des différentes prisons du Cameroun question de les décongestionner, aucune prison au Cameroun n’a encore libéré des pensionnaires. C’est le cas de la prison centrale et de la prison principale de Nkondengui. Les prisonniers de ces deux prisons crient à l’injustice de cette décision du Chef de l’Etat.

La prison la plus peuplée du Cameroun est sous les feux des projecteurs. Les deux prisons de Yaoundé cumuleraient entre 6.000 et 6.200 pensionnaires. Dont la plus grande partie est au sein de la prison centrale, soit plus de 5.000 détenus. Alors qu’elle est créée pour une capacité de 1.000 prisonniers. On a donc une surpopulation de plus de 4.000 pensionnaires. Une situation dangereuse en cette période de crise sanitaire.

Selon certains prisonniers de la prison centrale de Kondengui qui nous ont contactés, cette décision ne va permettre la libération de même pas un centième de ceux qui sont réellement en prison. Car disent-ils, il faut faire une différence entre les chiffres officiels de ceux qui sont enregistrés dans les fiches du régisseur et le nombre important de détenus qui ne sont répertoriés nulle part. Pour cause, dans certains cas, les dossiers sont perdus auprès des bureau du procureur, pour d’autres on ne sait trop comment ils sont arrivés en prison sans qu’il y ait même de procédure légale qui soit engagé contre eux, qui s’y retrouvent du fait du trafic d’influence et de l’abus d’autorité de certains pontes du régime.

A côté de ces cas, il faut ne pas oublier que la quasi majorité des prisonniers sont des prévenus. Soit des personnes dont le procès n’est pas encore entamé, parce qu’étant encore à la phase de l’instruction depuis de longues années. Soit environ 75% des détenus. Or cette décision ne concerne que ceux qui sont définitivement condamnés.

Comment savoir si on est définitivement condamnés quand ça fait des années qu’on ne sait où se situe notre dossier ? Selon ces prisonniers, la décision du Chef de l’Etat ne veut pas décongestionner en réalité. Ils nous font remarquer que la décision du Président de la République exclut encore, même parmi les condamnés définitifs, une bonne frange de ceux qui constituent la majorité de la population carcérale.

Lorsque le décret exclut les évadés, les récidivistes, les personnes détenues pour des infractions commises en détention visant Mamadou Mota, les condamnés pour actes terroristes, atteinte à la sûreté de l’Etat, détournement, corruption, concussion, favoritisme, trafic d’influence et prise d’intérêt dans un acte, fausse monnaie et autres, c’est pratiquement la totalité des condamnés qui sont ainsi exclus.

D'après le pointage du vendredi 17 avril 2020, il y aurait 350 prisonniers éligibles sur près de 5.000 pensionnaires. Mais visiblement, il faut trouver le moyen de gonfler les chiffres pour donner du sens à la décision du Président de la République. D’où les retards observés.

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