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Réligion of Saturday, 2 January 2021

Source: famillechretienne.fr

Comment éviter de tenter le diable ? Les conseils d’un prêtre et ancien sataniste !

Le Père Jean-Christophe Thibaut, spécialiste en occultisme et emprise diabolique, nous éclaire sur les manœuvres du diable et des démons, et sur le meilleur moyen de les éviter.

Prêtre, vous aidez des personnes à se délivrer de l’emprise du démon. Mais il n’en a pas toujours été ainsi…

Si je suis spécialisé dans le domaine de la magie, de l’ésotérisme, du paganisme, c’est lié à ma propre histoire personnelle. Issu d’une famille non pratiquante, à l’âge de 8 ans, je suis tombé sur un petit livre qui disait qu’avec un pendule on pouvait trouver des sources, retrouver des objets perdus… J’ai voulu faire cette expérience avec mon petit frère qui est allé cacher des objets, et j’ai réussi à les retrouver. Je me suis dit qu’il y avait peut-être des choses cachées, des forces dans la nature. Au collège-lycée, j’ai lu un livre sur l’hypnose. Avec un copain de classe, on a voulu reproduire l’expérience. Et voilà que mon camarade s’est mis à parler avec une voix très différente, grave, mystérieuse, disant qu’il était un guide et qu’il aller me guider. Nous avions mis le doigt dans l’engrenage de la communication avec les esprits.

Vous n’avez pas voulu tout arrêter, par peur ?

Au contraire, cela a duré longtemps, jusqu’à trois ans après le bac, quasiment tous les jours. On avance par palier, vous savez : d’abord le spiritisme, puis la magie, la magie noire, le satanisme, jusqu’à la profanation d’une église. Parallèlement, j’étais entré à la ligue communiste révolutionnaire et on m’avait demandé d’aller « casser du catho ». Je suis alors entré dans une maîtrise scoute, pour faire perdre la foi à son chef. Or, un jour, en camp, à la fin de la veillée, comme saint Paul : boum, je suis tombé à genoux ! et je suis resté pendant deux heures comme cela, sonné. Quand je me suis relevé, c’est comme si des écailles était tombées : non seulement je croyais en Dieu, mais aussi en Jésus Christ, et je me suis rendu compte que j’étais tombé dans un grand piège spirituel. J’ai décidé alors de changer de vie, et de faire une licence de théologie. Alors, la vocation à la prêtrise est venue, et mon évêque m’a demandé de me spécialiser dans les domaines de l’ésotérisme, de la magie etc., de les travailler, de m’intéresser aux gens qui ont le même parcours que moi. Cela fait donc 27 ans que je reçois des personnes ayant besoin de prière de délivrance.

Quelle est la différence entre une prière de délivrance et un exorcisme ?

L’exorcisme revient à l’évêque, parce que Jésus a confié le pouvoir d’exorcisme à ses Apôtres. L’évêque peut le déléguer à un prêtre : c’est ce qu’on appelle un exorciste. Mais les prêtres, diacres, voire même les laïcs formés à cela peuvent exercer un ministère de délivrance, c’est à dire prier le Seigneur d’apporter à des personnes une délivrance et une guérison, car les deux sont très souvent liés.

Comment savoir si l’on est possédé, que ce n’est pas une maladie psychique ?

En réalité, il y a plusieurs niveaux de gravité d’attaques du démon, avant d’arriver à la possession proprement dite. Il y a le niveau ordinaire, que l’on connaît tous : la tentation. Et puis les niveaux extra-ordinaires, dans l’ordre croissant de gravité : la vexation (qui touche souvent des choses extérieures - phénomènes bizarres dans la maison par exemple - mais qui ont des répercutions psychologiques : les gens vivent dans l’inquiétude permanente), l’obsession (qui est plus intérieure : des personnes allant très bien changent tout d’un coup et ne se reconnaissent pas : ils blasphèment, ne supportent pas la vue d’un crucifix…), l’infestation (il y a en plus des choses physiques : des griffures…) et enfin la possession, phénomène archi rare qui nécessite un exorcisme. Pour ce niveau d’atteinte, il y a des critères définis : parler une langue que l’on ne connaît pas, avoir des connaissances que l’on ignore normalement, avoir une force hors du commun…

Il revient à tout croyant de prendre en charge les niveaux les moins importants (et les plus courants) et de réserver les niveaux les plus graves (et les plus rares) à l’exorciste qui le fait avec tout le poids du ministère apostolique.

Comment faites-vous pour discerner sur le type d’accompagnement dont ont besoin les personnes ?

Parfois le diable a bon dos, on cherche souvent un coupable de ce qui nous arrive, Dieu ou le diable… Et puis, il faut faire le tri entre les causes naturelles et surnaturelles : si la personne entend des bruits, n’y a-t-il tout simplement pas une cause naturelle qui l’explique ? 7 personnes sur 10 sont plutôt des gens qui ont besoin d’un accompagnement dans une inquiétude, dans des douleurs. Il faut les détourner un maximum du diable pour les orienter vers Dieu, en leur disant qu’il est leur secours. J’ai beaucoup de prières de consolation, de soutien... Po.ur ne pas qu’ils aient l’impression qu’on les met à la porte et qu’on les prenne pour des fous

Et puis après il y a les vrais cas, qui sont attestés non pas par quelque chose de diffus, mais par un point de départ et des évènements. Et par des causes, des « portes d’entrée » qui ont permis l’arrivée de ces évènements.

Quelles sont ces portes d’entrée ?

Les exorcistes en repèrent classiquement sept : des choses qui relèvent de sa responsabilité personnelle – des péchés non confessés, des addictions, la magie (elle touche forcément au domaine démoniaque, il n’y a pas de « bonne magie », la magie blanche, et de « mauvaise magie », la magie noire : il y a de la magie, point, l’Eglise est très claire là-dessus).

Et des choses qui ne sont pas de sa responsabilité : des traumatismes d’enfance, des fragilités psychologiques, une médiumnité naturelle non choisie mais que l’on peut exploiter, une histoire familiale blessée – il faut être là-dessus très prudent et délicat car il y a eu beaucoup de dérive venant des évangéliques (messes de guérison de l’arbre généalogique…). Ce n’est pas qu’un péché se transmet, mais il peut y avoir des blessures qui ont des répercussions. On est liés, les liens du sang sont importants.

Quelle est la meilleure attitude à avoir envers le diable : en avoir peur, l’ignorer… ?

Il ne faut pas en avoir peur car il aime notre peur, il l’entretient. La peur nous met en effet dans un déséquilibre émotionnel, elle nous tétanise, nous rend vulnérable finalement. Elle ouvre une porte. Il ne faut pas en avoir peur mais il ne faut pas non plus ne pas le craindre : attention, il est subtil, il est rusé. Il faut savoir qu’il y a le diable, mais il y a aussi tous les autres démons, qui sont des anges déchus. Le diable est plus actif dans la société que chez madame Dupond chez qui on va trouver plutôt un « petit » démon. On a trop souvent, en particulier dans les années 1960-1970, dit que les phénomènes diaboliques étaient de l’hystérie.

Y a-t-il des pratiques dangereuses à éviter pour ne pas tenter le diable ?
Pour beaucoup de gens, si on a partie liée avec le diable, c’est qu’on l’a cherché. Mais ce n’est pas toujours le cas. Les séminaristes, les religieux… sont les premières cibles du diable ! Le diable a deux proies qu’il aime bien : les croyants, qu’il déteste, à qui il veut faire du mal – regardez dans l’histoire le Curé d’Ars, le Padre Pio -, même si on a les moyens de s’en sortir, il ne faut pas le sous-estimer. Et des personnes dont on sent qu’il s’en prend à eux simplement par plaisir de faire le mal. Car les conséquences de ces attaques sont que ces personnes tombent dans la dépression, veulent se suicider ou deviennent fous. C’est ça que les démons veulent faire : éloigner les hommes de la vérité, du bien, de la lumière, de l’amour.

Pour éviter de « tenter le diable », il faut éviter l’ésotérisme, la magie, qui se présente parfois sous des formes que l’on découvre à peine maintenant. Ainsi, sous prétexte de relaxation, de bien être, les gens vont adopter des pratiques dont les fondements sont magiques. Il faut faire le tri.

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