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General News of Saturday, 22 May 2021

Source: www.camerounweb.com

Comment le porte monnaie magique prend en otage l’ecole

Les bénéficiaires subissent le revers du gourou Les bénéficiaires subissent le revers du gourou

Ce phénomene rythme le quotidien de certains etablissements scolaires.

Difficile pour les enseignants de separer le bon grain de l’ivraie.

Les beneficiaires subissent le revers du gourou.

Au Cameroun, le culte du gain facile fait la résistance. Après avoir envahi les milieux familiaux, le gain facile fait petit à petit, ses pas dans le milieu scolaire. Dans les grandes villes et certains établissements scolaires de l’arrière pays, la forte croyance en la toute puissance de l’argent fait rage. La richesse est devenue le principal critère de détermination et d’appartenance à une classe sociale au Cameroun. L’effort consenti pour trouver l’argent aujourd’hui, est plus valorisé que celui du travail. Du coup, dans toute la société camerounaise, on voue peur et louange aux personnes nanties. Quelle que soit l’origine de sa fortune, ou le chemin emprunté. D’ailleurs, un adage populaire ne dit-il pas seul le résultat compte ? Aussi, rivaliset-on de dextérité dans la recherche de l’argent et partant, d’une meilleure posture au sein de la société camerounaise. Conséquence, ce n’est que rarement qu’on y entend célébrer une personnalité qui est en train de réussir à partir d’un projet.

Ambition et lucre Par contre, tous les week-ends, pour ne pas dire le soir venu, les «mangeurs d’argent», aussi nombreux qu’inconnus, inondent tous les endroits de plaisance de nos villes, pour croquer à belle dent, la bonne chair, retombée des Cfa, sortis on ne sait de quel cercle magique.. Quoi de plus normal alors, que les jeunes qui constituent une proie facile, crèvent de rêves, Car, fort de leur ambition démesurée et leur attrait prononcé du lucre, ils s’élancent à tout prix et à tous les prix, à la recherche du train du bonheur. Lequel se résume ici en quelques verbes : manger et boire, se vêtir, frimer et pour finir, voyager. Généralement pour la plupart, comme une marionnette et sans un projet viable. La seule motivation étant, de respirer l’air de l’occident. Et ce, malgré les multiples risques encourus. Dépenses faramineuses Bien avant les dernières histoires de sexualité qui ont défrayé la chronique nationale sur des mœurs adolescentes, les Lycées et collèges du pays ont été secoué, aux alentours de la fête de la jeunesse, par une extraordinaire histoire de portemonnaie magique. Un portefeuille mystérieux, qui a la latitude de fabriquer et de le mettre à la disposition de son impétrant, une certaine somme d’argent. Dans la ville balnéaire de Kribi, des gendarmes avaient été attirés par le comportement seigneurial de certains élèves de quelques établissements de cette ville. Agés tous de moins de 17 ans, ils étaient pourtant les ‘‘papes’’ des dépenses faramineuses dans certaines boutiques et discothèques de la ville.

Leur surprenant défi : dépenser en quelques heures, un million Fcfa. Et c’est avec allégresse que ces derniers, se livraient alors à un jeu absurde. Voir qui le premier, dépensera toute sa somme. Grand maître et gourou Au cours de l’enquête de la gendarmerie, ces jeunes enfants révèlent l’existence d’un «grand maître». Un «homme invisible», qui leur envoie ces grosses sommes tous les jours, afin qu’ils les dépensent. Dans un élan de prosélytisme étonnant, celui qui était considéré comme le cerveau de la bande, rassuré d’avoir entre ses mains le bon filon et, déjà convaincu des lendemains meilleurs, lâche : «Le grand maître m’a dit que j’aurai un million de francs par élève si celui-ci accepte de s’inscrire dans notre association». Panique dans la ville. Vent de soupçons et crise de confiance s’installent au sein des lycées et collèges et, même les écoles primaires.

Le revers du grand maitre .

Dans la tentative désespérée de séparer le bon grain de l’ivraie, on constate que les éducateurs vont dans tous les sens. Certains parents ont recours aux services de tout genre d’exorcisme, d’autres retirent carrément leurs enfants de l’école. Certains enfants se voient interdire de faire confiance à qui que ce soit. Avantages miroités Cependant, de nombreux témoignages attestent que quoi qu’on dise ou qu’on fasse, de nombreux jeunes lycéens raffolent et adorent des gadgets de la trempe de ceux semblables aux portefeuilles ordinaires, mais, capables de générer à l’infini, des billets de banque, comme par enchantement. Avec des sommes oscillant entre 100.000 Fcfa et 1 000 000 Francs, ces enfants trouvent que leur destin a changé. Des indiscrétions récoltées ça et là, du conseil de discipline organisé à l’occasion, la seule obligation exigée à ces jeunes détenteurs du portemonnaie magique en retour, est de dépenser

les colossales sommes reçues, en un temps assez court. Généralement, celuici ne dépasse pas 24 heures. Seulement, rien ne filtre en ce qui concerne la violation de cet interdit. Et ce que ne savent pas ces jeunes envieux d’un train de vie qui n’est le leur, c’est que toute médaille a un revers. Revers que le gourou ou le grand maître comme il l’appelle, se garde toujours de dévoiler à ses recrues. Loi de l’omerta Et c’est dans ce sens que certains responsables, chefs d’établissements, parents, et même des camarades de classe, sont surpris par ce qui arrive à certains de leurs apprenants, enfants ou camarades.

En même temps, ils subissent aussi au quotidien, des terreurs diurnes ou nocturnes, souffrent des maladies curieuses, qui leur sont infligées par des enfants soumis aux apprentissages lucifériens et diaboliques, et dont les esprits sont hantés dès lors par autre chose. Ainsi, par exemple dans la localité de Melong, Région du Littoral, une jeune demoiselle a confié au prêtre venu l’assister après une grosse vague de transes, que leur «mère spirituelle» se trouve à Yaoundé. Celleci organise souvent des séries de chutes qui doivent absolument toucher un certain nombre de filles avant de s’estomper. C’est ainsi que l’on va apprendre qu’«un plat de nourriture, une boisson, une friandise ou même une poignée de main» suffisent pour recruter ou transmettre certains de ces pouvoirs. Dans la suite des questions destinées à lui faire cracher le véritable morceau, elle est devenue muette. La loi de l’omerta oblige.

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