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General News of Tuesday, 20 April 2021

Source: La Météo

Comment Germaine Ahidjo vivait modestement à Dakar

Vendredi 4 juin 2010, rue des Almadies, un quartier chic de Dakar face restaurant Le Mogador. Une villa attire tout de suite l'attention. Non pas à cause de son architecture ou de sa splendeur – elle se veut d'ailleurs modeste à coté de celles qui l'entourent –, mais davantage à cause des voitures garées hors de la barrière : une Renault 5, une SSangyong et une Citroën. Elles rappellent une époque révolue. C'est le domicile de Germaine Ahidjo, la toute première First Lady du Cameroun, veuve depuis 20 ans.

On ne peut rien voir de l'extérieur : la barrière, d'une bonne hauteur, barre la vue. Un gardien, assis sous un arbuste, se nettoie les dents avec une écorce d'arbre. C'est un gendarme en civil. Il faut se faire annoncer chez lui. Passé cette étape, un majordome vous prend à la guérite et vous conduit à la maîtresse des lieux. Le séjour est équipé de deux salons en cuir, d'une salle à manger en bois rustique et d'un petit coin pour le thé. Sur un des guéridons, les photos et les distinctions honorifiques de l'ancien président. Elles semblent transmettre aux visiteurs un salut depuis l'au-delà. Mme Ahidjo n'a rien perdu de sa superbe et de son charme, malgré le poids de l'âge. Elle garde son allure altière de princesse. Un sourire à la fois diplomatique et convivial orne son visage. Elle a le même look que les photos d'archives ont toujours présenté, habillée à l'africaine, drapée dans de magnifiques pagnes.

Seules les lunettes qu'elle porte trahissent la cataracte qui la ronge depuis des années. Le geste est devenu quelque peu lent et mesuré. C'est avec beaucoup de plaisir qu'elle raconte certains faits historiques de la vie politique du Cameroun. A la fois nostalgique, mélancolique et passionnée, elle laisse transparaître quelques signes de lassitude lorsqu’elle évoque certains sujets. Quand il s'agit des frictions entre Biya et Ahidjo, elle devient un tout petit peu amer. Véritable bibliothèque vivante, témoin privilégié de l'histoire du Cameroun, le temps n'a pas détérioré les multiples souvenirs enfouis dans sa mémoire. Seulement, elle laisse son interlocuteur sur sa faim, donnant l'impression de n'avoir pas tout dit.

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