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General News of Thursday, 20 December 2018

Source: Essigan N°147

Climat post-électoral: Paul Biya maltraité à Bertoua

Plusieurs portraits du chef de l’Etat postés lors de la campagne présidentielle traînent à même le sol dans les artères de la capitale de l’Est.

A moitié déchirées, ou totalement détruites, ces effigies censées être retirées après l’élection présidentielle du 07 octobre dernier ne l’ont pas été jusqu’à date. «Comment peut-on laisser l’image du président de la République se détériorer jusqu’à ce niveau?», s’interroge un curieux citoyen de la ville tenant en main une effigie du chef de l’Etat morcelée et couverte de poussière. Le processus électoral étant terminé avec la prestation de serment du chef de l’Etat le 06 novembre 2018, les portraits géants de «la force de l’expérience» que nombreux partisans de l’homme du 06 novembre affichaient dans tous les coins de rues lors de la campagne présidentielle ont été abandonnés à dame nature.

Une situation qui semble ne préoccuper personne à Bertoua. Ni les autorités administratives, ni les magistrats municipaux, ni les responsables du Rdpc encore moins l’entreprise de communication qui avait gagné ce juteux marché. Pour certains militants du Rdpc, «ces actes de vandalisme sont l’œuvre des mécontents des partis de l’opposition en lice à la dernière élection présidentielle. Beaucoup parmi eux arguaient que le vainqueur était connu d’avance dès lors que le Conseil constitutionnel avait jugé irrecevables tous les recours introduits pour le contentieux post électoral». Même si certains considèrent que la victoire de leur candidat a été volée, ils ont accepté volontiers les résultats compulsés par cette auguste juridiction.

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Mesures sécuritaires

«Si le candidat du Rdpc ne se reprochait de rien, il n’allait pas pos ter policiers et gendarmes dans tous les coins de rues comme ce fut le cas le jour de la proclamation des résultats», estime un mi- litant du Mrc qui pense que «le pouvoir de Yaoundé craignait une éventuelle protestation parce qu’il n’était pas sûr de sa victoire». Même si la tension n’était perceptible que dans les métropoles de Yaoundé, Douala et Bafoussam, les autorités de la région de l’Est avaient pris des mesures sécuritaires spéciales pour parer à toute éventualité de soulèvement. Dans tous les carrefours de la ville de Bertoua, des éléments des forces de défense, des unités de gendarmerie et de la police avaient été postés à proximité des lieux sensibles armes au point, pour surveiller tous faits et gestes des populations.

A la légion de gendarmerie de l’Est, d’autres éléments étaient mobilisés en tenues de combat, armes, boucliers et gaz lacrymogène bien rangés et prêt à inter- venir en cas de nécessité. Pour André Fomen, un observateur de la scène politique locale, «bien que le respect des normes relatifs à l’affichage publique des gadgets de campagne des candidats à cette élection présidentielle n’avait pas été respectés, des dispositions devraient être prises pour éviter qu’on écorne l’image d’un président élu». Une analyse partagée par bon nombre de personnes dans la ville. Mais pour une certaine opinion, les municipalités et les responsables locaux du Rdpc, sont garants de ces actes de vandalisme.

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«Le Rdpc est un grand parti qui a des moyens. D’où vient-il que l’image de leur président national soit négligée à ce point. Il faut que ces élus locaux et les dirigeants de ce parti sachent qu’ils ont le devoir d’accompagner le président Paul Biya dans toutes ses actions, y compris dans la préservation de son image», fulmine Francis Doko, un militant Rdpc de la section Lom-et-Djèrem Sud 2. Ce dernier menace d’écrire à la hiérarchie du parti au cas où rien ne sera fait. En attendant, les effigies à «La Force de l’Expérience» font face au vandalisme, et à la poussière de ce début de saison sèche.