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General News of Wednesday, 6 February 2019

Source: Agora-mag.net

Chaos politique: à qui profite réellement l'affaire Kamto?

«Insurrection, attroupement, rébellion en groupe, hostilité contre la patrie, association de malfaiteurs, complicité de trouble à l’ordre public », sont entre autre, les lourdes charges qui pèsent contre Maurice Kamto, le Mrc et les autres cadres de son mouvement politique. Cet opposant à Paul Biya, Président de la république du Cameroun, est incarcéré depuis le 28 janvier 2019, au quartier général du Groupement spécial d’opération (GSO), une unité d’élite de la Délégation générale à la sûreté nationale.

Qu’on le veuille ou non, le Cameroun vit actuellement un des moments forts de son histoire politique. L’interdiction des marches, bravée par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), les tirs des forces de maintien de l’ordre sur des manifestants à Douala dans la région du littoral du pays, l’interpellation et l’arrestation de Maurice Kamto (juriste, mais surtout homme politique) et d’autres cadres du Mrc, précédés bien sûr, des mis à sac des ambassades du Cameroun à Paris en France et à Berlin en Allemagne, retiennent les attentions, non sans entrainer le débat.

Les autorités administratives, les hommes politiques de tout bord, les chefs traditionnels, les leaders religieux, les responsables de la société civile, sont concentrés sur ce que certains analystes politiques appellent déjà : « le bras de fer entre Kamto et les pouvoirs publics ». La question a aussi détourné l’attention des organisations internationales et des pays occidentaux. Des condamnations et demande de libérations fusent de toute part.

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La scène sociopolitique est alors animée par une polémique qui forcément a un impact certain, sur le paysage politique, et pourra éventuellement favoriser la redistribution des équilibres. Pour nombre de politologues, l’arrestation de Maurice Kamto, un juriste chevronné, ne fait pas bonne presse au Cameroun. Le Pr Pascal Charlemagne Messanga Nyamding souhaite qu’il soit libéré, car « cette affaire doit être pris sous le prisme de la politique et non du droit. Ceci dans le sens où en politique, le dialogue prime. »

C’est une affaire qui donne encore plus d’arguments aux organisations des droits de l’homme, aux institutions des questions de démocratie, aux puissances mondiales, pour soutenir l’idée selon laquelle, des principes démocratiques sont bafoués au Cameroun. Pas besoin d'évoquer ici, les mobilisations de l'organisation des nations unies, la réaction de l'Union Européenne et autre à ce sujet.

Si la population s'inquiète de jour en jour en craignant l'endurcissement de la situation pouvant dégénérer ou se transformer en une autre instabilité cette fois si dans les capitales politique et économique du pays (comme la crise dans les régions anglophones), des personnalités du sérail, s'en mettent pleines les poches grâce à l'affaire Kamto. Avec l'argent du contribuable camerounais, on improvise des soit-disant missions par ci, des opérations de surveillance par là, des rapports et enquêtes de toute sorte.