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Politique of Tuesday, 24 August 2021

Source: Le Messager

Chantage, coup bas au RDPC: l’inévitable naufrage du parti de Paul Biya !

Paul Biya dans sa 39ème année de règne Paul Biya dans sa 39ème année de règne

Militants en colère, règlements de comptes, chantage, clientélisme, corruption… L’heure de la décrue a sonné pour le parti au pouvoir.

Si les Camerounais avaient encore un doute sur le climat délétère qui règne au sein du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir, tout est désormais clair. La nervosité est visible depuis que la circulaire du Président national du parti, Paul Biya, a convoqué le corps électoral et définit le cadre général du déroulement des opérations de renouvellement des bureaux des organes de base dans les 377 sections au Cameroun et à l’étranger que compte le Rdpc. Ce qui justifie, aux yeux d’une partie de l’opinion, l’idée d’une impitoyable guerre de clans qui va aller en s’intensifiant. Au point de remettre en cause l’unité de la famille Rdpciste. Dans une note interne au Rdpc, le secrétaire général du parti, Jean Nkuete, précise aux militants les conditions pour être candidat à ces opérations. M. Nkuete requiert de chaque militant désirant d’être investit par le parti, l’engagement et l’expérience politiques, le militantisme et les services rendus au parti, la crédibilité et la compétence, etc. A côté de ces conditions jugées « relatives », il se murmure que l’entourage du secrétaire général du comité central du parti en profite pour régler des comptes et barrer la route à certains militants.

Des sources crédibles précisent que des hommes liges installés autour du SG Jean Nkuete, ont « fabriqué » des chefs de mission et autres présidents de commissions « fantoches », pour la supervision des opérations locales, au grand mépris de la démocratie prônée par le président national du parti. Dans un climat suffoquant d’hypocrisie, la situation rappelle les vieilles rancœurs, frustrations et écorchures créées au cours des élections régionales et les investitures des candidats aux municipales et législatives du 7 février 2020.

Grogne

Aujourd’hui, le Rdpc « est un navire qui tangue et ne survivra pas à Paul Biya », soutient un ancien président de sous-section dans le Mfoundi III à Yaoundé, où se déroule une bataille sans merci entre Luc Messi Atangana, le super maire de la ville et Lucas Owona, le maire de Yaoundé III, pour le contrôle de la grande section de cette unité politique. Une section qui a longtemps été entre les mains de l’ancien ministre de la Santé, André Mama Fouda. A Mfoundi III, effectivement, des militants dénoncent l’affairisme qui y a fait son lit, avec l’onction du comité central.

« Nous dénonçons l’incapacité de l’actuel secrétaire général du Rdpc à gérer notre parti. Il est entouré de truands qui marchandent les postes et broient les carrières politiques de ceux des militants qui essayent de lever la tête», dénonce une militante « engagée », la soixantaine dépassée. En accusant la hiérarchie du Rdpc « de créer des frustrations au nom du président national du Rdpc », elle ne manque pas de regretter l’époque où René Emmanuel Sadi dirigeait le parti. Selon elle, « quand M. Sadi était SG du comité central, il n’y avait pas autant de frustrations et de défections. Aujourd’hui, les militants perdent chaque jour qui passe les espoirs qu’ils avaient placés au Rdpc avec le risque de se détourner de la confiance placée en Paul Biya ».

Un sentiment partagé par Marie M., conseiller municipal à Yaoundé IV. « C’est le désordre total au sein du Rdpc. Maintenant c’est l’argent qui parle. Tu n’as pas d’argent, tu n’es rien ! Tu as de l’argent, tu es tout ! Voilà ce qu’est devenu notre grand parti », regrette-t-elle. La brutalité des mots employés dit à elle seule la profondeur de la crise que traverse le parti né à Bamenda un 24 mars 1985. « Les gens n’arrêteront pas de se plaindre quoi que nous fassions. En plus, personne ne fait l’unanimité dans ce monde », essaye de relativiser un conseiller, très controversé, de Jean Nkuete. Sur le fond, le comité central maintient sa ligne. « Nous assumons », martèle un autre fidèle du SG du Rdpc. Ce dernier soutient par ailleurs que le parti de Paul Biya survivra à son « chef ».

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