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Source: www.camerounweb.com

Chambre des comptes : comment Laurent Esso et ses magistrats bloquent le rapport annuel

Les dossiers s’entassent sur la table du procureur général Les dossiers s’entassent sur la table du procureur général

•Depuis 3 ans le rapport annuel de la chambre des comptes de la cour suprême est attendu.

•Les experts comptables ne sont pas pris au sérieux quand ils donnent un coup de main au ministère public.

•Les détournements présumés sont camouflés derrière des montages financiers.

La Chambre des comptes est incapable de satisfaire à l’obligation légale de produire son rapport public annuel. Le dernier consultable date de 2017. La principale raison avancée pour expliquer ce retard est l’élargissement des attributions de la Chambre à la faveur de la réforme du régime financier de l’État il y a trois ans. Examen de gestion portant sur la performance et sur la régularité de la gestion des organismes publics, jugement des fautes de gestion des ordonnateurs et des contrôleurs financiers, évaluation des politiques publiques, certification du compte général de l’État – la Chambre a d’ailleurs mis en place depuis deux ans une certification expérimentale, et assistance du Parlement dans le contrôle de l’exécution des lois de finances. Ces nouvelles attributions de la juridiction financière n’ont malheureusement pas coïncidé avec l’augmentation des effectifs en quantité et en qualité et en ressources humaines.

Déficit de ressources humaines.

Si la Chambre des comptes ploie sous le poids de ses responsabilités, les décisions de justice dans d’autres juridictions sont elles aussi prisonnières de la saturation. C’est par exemple le cas du Tribunal Criminel Spécial où le parquet est confronté à un déficit d’officiers de police judiciaire capables de mener des investigations sérieuses sur les questions financières à même de permettre aux procureurs de monter un dossier solide destiné à confondre les présumés corrupteurs et corrompus. Et il y a un effet encore plus pernicieux, révèle une source proche du ministère de la Justice. Les dossiers s’entassent sur la table du procureur général près le TCS depuis quelques années sans possibilité de les enrôler. La raison ? Les experts-comptables sont de plus en plus réticents à apporter leur aide aux magistrats assaillis par des montagnes de chiffres. Les professionnels se plaignent de ne pas être pris au sérieux quand ils donnent un coup de main au ministère public. « Comment peut-on comprendre que sur un dossier où l’État récupère 10 ou 20 milliards, la rémunération de l’expert-comptable qui a permis de dévoiler le pot aux roses ne soit que de 30 millions ? », s’interrogeait encore récemment un interlocuteur. Sans compter que ceux qui se hasardent à travailler avec le parquet constatent vite qu’ils sont moins sollicités par les managers des sociétés publiques. Mais comment s’en sortir avec des experts-comptables aux abonnés absents quand les détournements présumés sont de plus en plus camouflés derrière d’inextricables montages financiers ?

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