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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 18 May 2021

Source: camerounweb.com

Ces 317 partis politiques que l’Etat a créés pour diviser les Camerounais

La multiplication des partis politiques se construit le plus souvent sur une base régionale, voire communautaire, mettant à mal l’unité nationale.

Les modes de création, de gestion et de fonctionnement de ces formations politiques peuvent constituer une menace à l’unité nationale.

Les partis politiques se créent sans orientation précise et même sans aucun programme politique

Sur le site internet du ministère de l'Administration Territoriale (MINAT), visité vendredi 14 mai 2021, le nombre de partis politiques au Cameroun est de 317. Les 16 pages qui constituent la liste de ces partis donnent des précisions sur leur dénomination, l’année de leur création, les noms de leurs présidents et même le lieu de leur siège social. Le nombre élevé de ces associations politiques est présenté par le gouvernement comme une preuve du dynamisme de la démocratie dans le pays. Le MINAT, Paul Atanga Nji, l'affirmait encore après la publication, le 5maidernier, d’une liste de 11nouveaux partis politiques agréés en territoire camerounais. Pourtant, un autre regard jeté sur l’activité politique permet de constater que les modes de création, de gestion et de fonctionnement de ces formations politiques peuvent constituer une menace à l’unité nationale tant prônée par les autorités du pays. Le constat est fait par certains acteurs politiques eux-mêmes. « Il se trouve que nombre de partis politiques se créent sans orientation précise et même sans aucun programme politique. Dès lors, l’on assiste plutôt à une individualisation de vie d’acteurs soi dits politiques.
Du coup, le choix de l’électeur n’est plus dicté par une orientation, un programme ou un changement de cap dans la conception et la gestion des affaires publiques. Ce qui explique que l’électeur ne se prononce pas en fonction d’une perspective qu’il souhaiterait voir réalisée, mais plutôt sur la personne du ou des candidats. Ceci explique pourquoi sauf cas de quelques rares acteurs politiques réussissent à ne pas s’identifier à leur ethnie ou à leur région d’origine », analyse Garga Haman Adji dans une réaction accordée à Cameroon Tribune du 14 avril 2021. L’analyse du président de l'Alliance pour la Démocratie et le Développement (ADD) est corroborée par des faits observés au cours des 30 dernières années, depuis le retour au multipartisme au Cameroun. Il existe en effet une multitude de partis politiques qui sont d'essence régionale. D'une manière générale, ils ne se concentrent que dans une localité du pays, généralement les régions d'origine de leurs leaders ou fondateurs.

Les partis politiques régionaux

Au fil du temps, des formations politiques présentées au départ comme des regroupements nationaux se sont petit à petit rétrécis à cette régionalisation. L'Union Démocratique du Cameroun (UDC) s'est repliée dans le Noun, où elle arrive encore à grappiller quelques postes électifs. L'Union Nationale pour le Développement et le Progrès (UNDP), doit a ses principales activités dans les régions du Septentrion, tout comme le FSNC du ministre Issa Tchiroma Bakary, ou encore l'ADD de Garga Haman. Le Social Democratic Front (SDF), malgré une présence faible dans d'autres régions, est assimilé depuis des années aux régions anglophones du Nord-ouest et du Sud-ouest.

Le PCNR, ancré au départ uniquement dans l’Extrême-Nord du pays, est plus actif aujourd’hui dans la région du Centre, notamment dans le Nyong et Kelle, d’où est originaire son président. Ces tendances régionalistes font par ailleurs des glissements dangereux vers le communautarisme. De plus en plus, les appartenances militantes se font de plus en plus par « rapprochement sociologique » avec le leader de la formation politique. Et les discours parfois ambigus desdits leaders n'aident pas à renforcer le sentiment d’unité qui devrait prévaloir dans les relations entre les populations. Depuis la dernière élection présidentielle de 2018, le discours communautariste a fait son lit dans la vie politique au Cameroun, mettant à dos des communautés entre elles. Un véritable danger pour le vivre ensemble.

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