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xxxxxxxxxxx of Wednesday, 2 June 2021

Source: Emergence n°1932

Cameroun : voici les 5 scandales financiers qui ont massacré les proches de Paul Biya

Le Covidgate n’est en réalité qu’une des nombreuses excroissances d’un phénomène nationalement reconnu et internationalement nuisible à l’image du pays.
Malgré les dénonciations de la société civile et des populations en général, la malgouvernance et les multiples scandales dans la gestion de la chose publique continuent de marquer le quotidien des Camerounais. Les gestionnaires des biens publics ne semblent pas être interpellés par ces phénomènes qui déteignent sur l’image de l’Etat aussi bien au niveau national qu’à l’international. Un comportement qui ramène en surface des faits de même nature ayant suscité la colère de citoyens.

Covidgate
C’est le scandale financier de l’heure. D’après le rapport d’étape de la chambre des comptes de la cour suprême, des milliards de frs cfa sont partis en fumée dans une mécanique de surfacturation, de népotisme, de conflits d’intérêts, de détournements de deniers publics… On prend par exemple le cas d’une entreprise en sommeil dénommée Mediline Medical qui à elle seule, a gagné des marchés de plus de 24 milliards.

Autre exemple, le ministère de la recherche scientifique et de l’innovation, dont la production locale des comprimés de chloroquine chloroquine et de l’azithromy-cine par l’institut de recherches médicales et d’études des plantes médicinales (Impm) est non effective. L’institution a plutôt importé ces médicaments contrairement à ce qui a été annoncé en grandes pompes.





Au total dans ce covidgate, une vingtaine de ministères impliqués dont les patrons défilent depuis quelques semaines au tribunal criminel spécial dans le cadre d’une enquête qui a été requise par le président de la République.

En réalité, le Covidgate n’est que la partie visible de l’iceberg. D’autres faits relatifs à un usage inapproprié des fonds publics, ont marqué l’actualité plus ou moins récente, démontrant par la même occasion que les sanctions aux atteintes à la fortune publique ne font plus peur.



Dotation en ordinateurs Commençons par l’affaire du « don présidentiel » de 500 000 ordinateurs PBhev (higher education vision) offerts par le Chef de l’Etat aux étudiants par l’entremise du ministre d’Etat, ministre de l’enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo. On est quitté finalement du don à un prêt de 75 milliards de FCFA effectué par l’Etat du Cameroun auprès de son partenaire chinois. Bien plus, des incohérences ont été relevées concernant le coût réel des appareils.



Le 26 décembre 2017, à la télévision nationale, Jacques Fame Ndongo (Minesup) assurait que le prix de revient du PC était de 300 000 FCFA. Trois jours plus tard sur Twitter, son collègue d’alors au ministère de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, avançait que leur véritable valeur marchande était de 100 000 FCFA.

Entre-temps, des internautes ont retrouvé le produit en vente pour 85 dollars (70 euros) sur le site de commerce en ligne Alibaba, posant ainsi des questions sur la gestion des négociations avec le fabricant. A la fin, on retient que l’enquête prescrite par le Chef de l’Etat aura accouché d’une souris.


Les scandales de la CAN


La rallonge budgétaire de plus de 55,166 milliards de fcfa dans le cadre de la construction du complexe sportif d’OIembé ordonné par le Chef de l’Etat a été une surprise dès lors qu’on se souvient que le budget arrêté pour la réalisation de cette infrastructure est de 163 milliards de fcfa.

Ce qui a porté à plus de 2018 milliards de fcfa la réalisation de ce projet, alors que ce budget avait déjà été bouclé à travers trois conventions de prêt signées en août 2016 avec les banques nigériane UBA (24,5 milliards de fcfa) et italienne Intesa Sanpaolo (138,538 milliards de fcfa). Aujourd’hui, on ne parle plus du complexe sportif d’OIembe, mais de stade Paul Biya d’OIembé.



De plus, les chantiers de la Coupe d’Afrique des Nations, qui devait être organisée en 2019, ont été traversés par des scandales liés à l’achat des matériaux de construction des infrastructures sportives et hôtelières. Un sac de ciment vendu à moins de 5000 fcfa était par exemple acheté à 16500 fcfa, a-t-on vue circuler sur la toile.


Acquisition du matériel militaire


C’est l’affaire Mebe Ngo’o qui suscite des interrogations puisqu’il s’agit d’un détournement présumé de plus 21 milliards de fcfa retenu contre l’ancien ministre de la défense et anciennement ministre des transports. Il est reproché à Edgard Alain Mebe Ngo’o et ses complices les faits de corruption, détournement de biens publics (DBP), violation du code des marchés, prise d’intérêts dans une affaire, blanchiment aggravé de capitaux et complicité de détournement de biens publics.

Selon la justice, et parlant de ces infractions, le montant cumulé du préjudice des marchés dit surfacturés est de 25,529 473 265 milliards de fcfa. Toujours selon le Ministère public, 2,650 777 479 milliards fcfa, ont été perdus dans le cadre des marchés dits fictifs exécutés en vue de l’acquisition du matériel militaire.


Toujours est-il que pour l’accusation, un fonctionnaire du nom de Mebe Ngo’o a pu se constituer un patrimoine digne de Crésus : 53 immeubles, 24 comptes bancaires ouverts en France, 21 au Cameroun ; 39 véhicules…

Les dossiers liés à la Camair L’affaire Albatros, l’affaire de l’avion présidentiel qui devait servir à ses déplacements. Seulement, dans le processus d’acquisition, un peu plus de 24 milliards de fcfa ont disparu. L’ancien secrétaire général de la présidence, Marafa Hamidou Yaya, a finalement été condamné par le Tribunal criminel spécial à 25 ans de prison ferme le 22 septembre 2012 pour coaction de détournement. La peine a été ramenée à 20 par la Cour suprême saisie le 18 mai 2016.

L’autre affaire qui est liée à la Camair, c’est le dossier « Atangana Mebara Jean Marie » qui a été condamné à 25 ans ferme par le Tes. La décision est tombée le 22 Juin 2016 pour un procès qui a débuté le 24 février 2014. Il a été reconnu coupable du détournement de la somme de cinq millions de dollars, soit 2 milliards 907 millions 500 mille FCFA. Il lui était reproché d’avoir, courant juin 2003, détourné l’argent destiné à l’achat de l’avion présidentiel. Selon l’accusation, au lieu d’achever le processus d’acquisition d’un aéronef neuf (L’Albatros) pour Paul Biya, Jean Marie Atangana Mebara a décidé de louer l’appareil destiné aux voyages du président de la République.

Gestion du fichier solde de l’Etat C’est l’affaire Leubou Emmanuel qui sous-tend les méfaits subis par les caisses de l’Etat. En effet, il faut noter que dans une première affaire, le principal accusé est poursuivi pour détournement de 5,5 milliards de fcfa. Contre ce fonctionnaire, il est dit que, de 2014 à 2016, l’ancien chef de la cellule informatique, en complicité avec des tiers, est poursuivi pour l’octroi d’avances de solde et de pensions indues suivi de leur annulation.

Il est par ailleurs cité dans un second dossier dans lequel l’ancien patron de la cellule informatique répond des faits de détournement de deniers publics (DBP), de coaction et complicité de DBP avec cinq coaccusés. Ici, c’est le gonflement de salaire pour un peu plus de 320,8 millions de fcfa qui conduit l’accusé devant les juges du Tcs.


Affaire des émoluments des militaires


Une ardoise de 3,194 578 699 milliards de fcfa a été adossée à Emmanuel Mbia Enguene, extrésorier payeur général du Mfoundi pour avoir accordé des émoluments «exorbitants» aux magistrats, greffiers et autres assesseurs militaires, ainsi qu’à des magistrats civils pour des audiences foraines pendant les exercices 2011 et 2012. Au terme de la procédure, Emmanuel Mbia Enguéné, comme certains coaccusés, a été condamné à 15 ans de prison.


MA 60


Une demi-douzaine de ministres ont défilé devant les enquêteurs du Tribunal criminel spécial (Tes) à propos de l’acquisition de deux avions achetés au prix de six qui a fait perdre près de 20 milliards de fcfa de surfacturation à l’Etat.

Le ministre des Transports, Robert Nkili, avait été interpellé en 2014 par les députés du SDF afin de savoir pourquoi le Cameroun a obtenu deux avions à plus de 34 milliards Fcfa alors que le prix unitaire publié par le constructeur Xian industries était de 5,6 milliards Fcfa soit 11 milliards de fcfa pour deux avions MA-60 en principe, contrairement à la République du Congo, qui a déboursé 7 milliards Fcfa par avion. Encore que le prix prenait en compte les intérêts, un stock de pièces de rechange, la formation des techniciens congolais ainsi que la maintenance durant une période définie.

Pour rappel, le pot aux roses est découvert par Ip député du Social democratic front (Sdf) Joshua Osih, qui avait conduit à une proposition de résolution portant constitution d’une commission d’enquête parlementaire pour faire toute la lumière sur cette ténébreuse affaire.

Les faits indiquent que le ministre Robert Nkili soit concerné au moment de la négociation pour l’avenant devant aboutir à l’acquisition du 3ème MA60 au profit de l’armée camerounaise. Lequel processus a été achevé par Edgard Alain Mebe Ngo’o.

La liste de ces scandales n’est pas exhaustive. Cependant, il faut souligner que Tribunal criminel spécial (Tes) qui juge les infractions dont le montant minimal est de 50 millions de fcfa, a connu ou connaît des affaires comme celles du projet RIGC en cours (1,6 milliard), Ambassa Zang (plus de 5 milliards) ou encore Abah Abah (condamné à 20 ans en 2016).

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