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General News of Saturday, 20 February 2021

Source: cameroontribune.cm

Cameroun: vins, liqueurs et spititueux, le piège de la contrefaçon

En l’espace de quelques jours, des usines de fabrication de ces boissons alcoolisées d’un autre genre ont été dans la ville de Yaoundé.

« Quand je vois du Ruinart maintenant, je pense à Pierre et Marie Curie d’Elig-Edzoa ». Cette affirmation d’un internaute, bien que drôle, résume une réalité et une crainte. C’est que le mal est profond. Désormais, il faut faire preuve de vigilance avant de consommer les alcools vendus en boîte de nuit, dans les cabarets, les grandes surfaces et autres lieux de vente spécialisés. L’aventure d’un couple propriétaire d’une usine de fabrication de vin s’est arrêtée le 9 février dernier. Dans leur « laboratoire », vins et champagnes frelatés, récipients d’éthanol, vignettes Cemac, etc. Tous les ingrédients nécessaires pour continuer de servir aux Camerounais des produits aussi bien impropres à la consommation, qu’à l’économie du pays. Alors que les Yaoundéens se remettaient à peine de cette actualité, une autre unité était découverte au quartier Biyem-assi.



Assez pour que la Brigade nationale des contrôles et de la répression des fraudes du ministère du Commerce descende sur le terrain. Selon ces « chimistes », leurs principaux clients sont les hôtels, les boîtes de nuit, les bars et les propriétaires de caves. Tous venaient régulièrement s’approvisionner chez eux. Au matin du 14 février, les responsables de cette brigade ont donc sillonné des lieux de vente pour des contrôles, notamment dans les quartiers Mendong et Biyem-assi. Au final, un stock important de whisky et de champagne de grande renommée saisi. La nuit précédente, la descente était opérée à Essos, lieu réputé héberger plusieurs lieux de loisirs. Cette fois, la brigade était accompagnée des forces de maintien de l’ordre. Au terme de l’opération, une bonne quantité de vins et spiritueux saisie. Entre autres marques « fabriquées » : Ruinart, Moët, Dom Pérignon, Chivas Régal, Glenffidich, Jacks Daniels, Martini, Johnnie Walker Blue et Hennessy. Motif de la saisie : contrebande, pratiques commerciales trompeuses et vignettes contrefaites.



La pratique n’est pas sans conséquence pour les opérateurs du secteur. « Ces activités ont forcément un impact sur notre activité. N’ayant pas les mêmes charges, ils vendent forcément moins cher que nous. Si nous vendons une bouteille de Martini à 9500-10 000F, ils vont la vendre à 8000F », témoigne Samantha Tchato, responsable d’une cave située à la Montée Ane rouge à Yaoundé. D’après elle, ce sont les marques les plus demandées, notamment françaises, qui sont davantage sujettes à la contrefaçon. «Généralement, les vins frelatés n’ont pas de fiche technique. Quand un client a des doutes, nous lui présentons la fiche technique qui atteste de l’authenticité de la marchandise », rajoute-t-elle. Non loin de là, au marché central, c’est parfois dans les porte-tout que ces boissons exposées au soleil sont vendues. Ici, l’on retrouve davantage des whiskys. 1500 F suffisent parfois à se procurer une bouteille.

L’autre acteur investi dans la lutte contre ce phénomène, c’est la douane. En 2019, près de 365 bouteilles de whisky et vins liquoreux vides, mais estampillées, destinées au conditionnement des alcools frelatés ont été interceptées. Sans parler des vins et autres déjà embouteillés. Au premier trimestre 2020, plus de 3000 bouteilles de whisky ont été saisies, ainsi que 536 bouteilles de champagnes, et des bières, entre autres.

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