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General News of Thursday, 24 September 2020

Source: www.camerounweb.com

Cameroun : une juriste sauvagement bastonnée à son cabinet (vidéo)

La scène se déroulerait à Tiko, une commune du département de Fako dans la région du Sud-Ouest du Cameroun. Une femme présentée comme une juriste serait violemment attaquée à son cabinet par un homme qui, selon certaines sources, serait son époux. Les discussions virent au drame, l'homme tabasse copieusement la femme sous le regard passif de ses collaborateurs qui se contentent de filmer la scène. « Tu es venu me taper sur mon lieu de travail », répète la dame en pleurs.



D’après le dernier rapport de la délégation régionale du ministère de la Promotion de la Femme et de la famille (Minproff) pour le Littoral, entre 2011 et 2013, 3000 femmes ont ainsi été victimes de violences. Toujours selon ce même rapport, quatre femmes sur 10 sont battues au moins deux fois par mois par leurs conjoints à Douala. Mais pourtant, très peu d’entre elles portent plainte.


A Douala, la violence physique est présente dans de nombreux couples au Cameroun. La première explication est la précarité. Les femmes se disent que trouver un mari n’est pas facile. Elles se sentent obligés de rester avec celui qu’elles ont trouvé, au prix même de leur vie.


En Afrique, et plus particulièrement au Cameroun, les jeunes filles, dès leur jeune âge, ont appris à « être femme », et à supporter un certain nombre de choses, parmi lesquelles les violences au sein de leur foyer.
« Lorsqu’elles sont battues, elles s’en vont plutôt se plaindre auprès de leur famille, associations chrétiennes et autres. Leurs mères et amies leur expliquent qu’elles ne doivent pas mettre en danger leur mariage. Or, selon la législation camerounaise, une action n’est valable en justice que lorsque la personne concernée porte plainte ».


Selon la dernière enquête Démographique et de santé et à Indicateurs Multiples de 2011 au Cameroun, 43% des femmes ayant subi des violences conjugales en ont gardé des séquelles physiques. 14% des femmes enceintes ou qui l’ont été ont subi des violences pendant la grossesse. Mais, elles ont toute refusé de porter plainte.


Cependant, aucune donnée concernant le nombre de femmes qui décèdent des suites de violences conjugales n’a pu être obtenue.
Selon les Nations Unies, au Cameroun, 54,54% de femmes sont victimes d’abus psychologique, 50,24% des violences économiques, 24% des adolescentes ont subi le repassage des seins et 1,4% ont été victimes de mutilations génitales féminines.


Les types de violence rencontrés au Cameroun sont :
– Les violences physiques ;
– Les violences verbales ;
– Violences émotionnelles ou psychologiques ;
– Les violences économiques.
– Les pratiques culturelles néfastes (les Mutilations Génitales Féminines (MGF), le mariage forcé, le mariage précoce.
– Les violences institutionnelles


Il peut aussi être ajouté comme violence culturelle au Cameroun le fait que la femme ne soit qu’une machine pour fabriquer les enfants ; dès les bas âges, la fille est éduquée pour servir le garçon, petit qu’il soit elle doit le servir. La femme n’a pas droit à la parole en public devant les hommes.
Pour amener les victimes à briser le silence, le premier centre d’appel, annexé d’une unité d’hébergement des victimes des violences a été construit à Douala, en collaboration avec les Nations Unies.


Ce centre d’écoute, qui fonctionne 24 h/24 et 7 jours sur 7 depuis le 3 décembre 2014, a pour rôle d’écouter et de conseiller les victimes, « dans la confidence et le dialogue », selon ses responsables.
Des membres de la société civile, forces de l’ordre et auxiliaires de justice ont d’ailleurs été formés pour ces rôles.

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