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General News of Friday, 16 October 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : une association anti-homosexuels dans le tourment

Le préfet du Mfoundi aurait délivré aux dirigeants de l’association un récépissé de création mais au moment de démarrer ses activités, ils apprenaient que la pièce est un faux. Le nom de l’association pose problème.
Alors que le Code pénal camerounais réprime l’homosexualité d’une peine d’emprisonnement, une association qui s’est donnée pour tâche de combattre cette pratique sexuelle a du mal à mener sereinement ses activités. Il S’agit de «l’Association anti-homosexuelle du Cameroun». Elle accuse l’administration de manœuvrer dans., l’ombre pour empêcher son existence. La semaine passée, le représentant de ladite association a raconté devant la barre du Tribunal administratif de Yaoundé le calvaire que vit sa structure.

Le 6 octobre dernier, à travers l’examen de la requête introduite par ce qui s’apparente à une «brigade de bonnes mœurs», il ressort que l’Association anti-homosexuelle du Cameroun dont le siège est à Yaoundé prétend avoir déposé ses statuts ainsi que son règlement intérieur à la préfecture du Mfoundi le 19 décembre 2014. Le dossier en question indiquait toutes les informations utiles. Et un récépissé de création avait été délivré à l’association. Les plaignants précisent que c’est à travers un exploit de Me Tchuenkam, huissier de justice à Yaoundé, qu’ils avaient reçu le document.

Le 28 juillet 2015,’ tes responsables de l’Association anti-homosexuelle déposaient une déclaration de cérémonie à la sous-préfecture de Yaoundé 1er. Ils informaient le chef de terre du lancement officiel des activités de l’association. La cérémonie envisagée était placée «sous le haut parrainage de la Première Dame», Chantal Biya, l’épouse du chef l’Etat.



A leur grande surprise, ils apprenaient que le récépissé de création joint à la déclaration de réunion est un «faux document», car «la signature du préfet apposée sur le document est une grossière imitation. L’acte n’a pas de trace ni dans les archives de la préfecture, ni dans le chrono. La date est surchargée». La déclaration de réunion .était de ce fait rejetée.

Face à la situation, l’association saisissait aussitôt le préfet du Mfoundi d’un recours gracieux l’invitant à clarifier la question. En réaction, te préfet informait que le récépissé de création en cause n’a «aucune existence’ et -ne saurait servir comme tel».


Corrector

De fait, l’Association anti-homo-sexuelle estime que les agissements de l’administration lui ont causé un grave préjudice puis qu’elle avait contracté un crédit bancaire de 26 millions de francs pour couvrir les dépenses liées à la cérémonie de lancement officiel de ses activités. Elle sollicite de ce fait que l’Etat soit condamné à payer le montant des dépenses évoquées, augmenté de 86 millions de francs représentant la réparation de divers préjudices subis.

Entre autres mesure d’instruction, le tribunal avait effectué une descente à la préfecture du. Mfoundi afin de vérifier les archives de cette institution. Lé tribunal a indiqué qu’il a été constaté que «le numéro d’enregistrement» du document litigieux correspond plutôt à celui d’une autre association, «la Grande famille Watto».

En prenant la parole, le représentant de l’association va estimer que les irrégularités alléguées ne relèvent que de la mafia. «C’est surprenant ! Le service public qui vous a délivré un document vous appelant de venir le décharger vous dit quelques jours après que son’ document est un faux.» Avant d’ajouter : «On réprime l’homosexualité mais on refuse de valider une association qui la combat au pays».

Pour le plaignant, le problème est ailleurs, il révèle que le sous-préfet de Yaoundé 1er de l’époque l’aurait invité à changer le nom de l’association. A cause de son refus, l’histoire du faux au centre du procès a été montée de toute pièces. Il indique que tes collaborateurs du sous-préfet avaient d’initiative modifier au corrector le nom de l’association sur sa déclaration de réunion, «je suis prêt à financer une seconde descente du tribunal à la sous-préfecture de Yaoundé 1er. Il faut qu’on sache qu’if’y a des gens dans ce pays qui combattent cette fausse pratique», propose-t-il «Vous n’avez. donc pas changer de dénomination pourquoi ?», relance le tribunal «Nous agissons en comité. On avait déjà écrit à la Première Dame. Pris un crédit £n banque», répond le représentant de l’association dont la plainte a finalement été rejetée

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