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Actualités of Thursday, 26 August 2021

Source: Le Messager

Cameroun : un régisseur libère secrètement une détenue

Un régisseur libère secrètement une détenue Un régisseur libère secrètement une détenue

Condamnée à quatre mois d’emprisonnement ferme le 20 août dernier et écrouée derrière les barreaux, Antoinette Mballa est curieusement introuvable dans cette maison d’arrêt.

C’est une affaire qui continue d’alimenter les chaumières à Bikok, localité située dans le département de la Mefou et Akono, à une soixantaine de kilomètres de Yaoundé et en plein cœur de la région du Centre. Dame Antoinette Mballa, la soixantaine dépassée, a été condamnée le 20 août dernier au Tribunal de Première Instance de Ngoumou pour « pratique de sorcellerie » dans une affaire l’opposant à Valentin Effila, fils de la même famille mais vivant en Europe. A la suite de la décision du juge, Antoinette Mballa a été écrouée à la prison de Ngoumou. Mais curieusement, elle n’y est plus depuis quelques jours. Selon des sources concordantes, le régisseur l’aurait subrepticement libérée sous la pression de Balbine Ngono, gardienne de prison en service à la prison centrale de Kondengui, par ailleurs fille de la prévenue. Les mêmes sources renseignent que, une fois sortie de prison, Antoinette Mballa est installée à Yaoundé chez sa fille Balbine Ngono, à la grande déception de la partie plaignante. Au Parquet de Ngoumou, un magistrat qui a requis l’anonymat, soutient qu’aucun ordre n’a été donné à leur niveau pour la libération de dame Antoinette Mballa.

« Le Procureur de la République est d’autant plus surpris que tout le monde et entend d’ailleurs prendre les mesures qui s’imposent pour que dame Antoinette Mballa soit remise en prison. Ceux qui ont facilité son exfiltration ne resteront pas impunis », ajoute notre source. Contactés par le Messager, les services du pénitencier de Ngoumou n’ont pas donné de réponse. Réseaux sociaux Pour rappel, C’est sur les réseaux sociaux que cette affaire a été ébruitée par le biais d’un activiste camerounais. Le curé de la paroisse Saint Fabien de Bikok, dans la zone pastorale de Bikok, dans le sud de l’archidiocèse de Yaoundé, le Père Wilfried Désiré AtoubaAwoua, était accusé de « pratique de sorcellerie ».

Son accusateur, Valentin Effila, citoyen camerounais originaire du village Bikok, et homme d’affaires vivant en Angleterre. Joint au téléphone par nos confrères de La Croix.Africa, précise que « ce n’est pas en réalité le curé de Bikok que j’accuse de pratique de sorcellerie. Mais je l’accuse de soutenir, ma mère, la nommé Mballa Antoinette, qui était la deuxième épouse de mon défunt père Bomba Denis. Il est établi par tous les membres de notre famille à Bikok, que notre mère Mballa Antoinette, qui est pourtant responsable de la légion de Marie au sein de la paroisse Saint Fabien de Bikok est à l’origine de morts du fait de la pratique de sorcellerie au sein de notre famille ». Valentin Effila cite alors plusieurs membres de sa famille qui auraient trouvé la mort à cause de veuve Bomba, née Mballa Antoinette, aujourd’hui âgé de soixantaine.

Ultimatum

Depuis 1985 qu’elle est arrivée dans notre famille pour épouser notre père feu Bomba Denis, cette femme que nous appelons tous maman, a tué par sorcellerie plus de 85 personnes », commente-t-il. « De novembre 2020, à janvier 2021, nous avons enterré 5 personnes dans la famille à Bikok. En conseil de famille, maman Mballa Antoinette a été indexée publiquement. Non seulement elle n’a pas nié les faits qui lui sont reproché, mais aussi elle s’est montré menaçante sur quiconque va encore prononcer son nom. Tout le monde a donc pris peur ». Valentin Effila va entreprendre des démarches pour poser le problème de pratique de sorcellerie dont madame veuve Bomba née Mballa Antoinette serait l’auteur, en demandant au curé le Père Wilfried Désiré AtoubaAwoua d’accepter d’organiser une séance d’exorcisme à l’église et dans la famille, pour permettre de faire cesser ces pratiques. Initiative boudée par l’homme d’église. Le plaignant affirme d’ailleurs avoir reçu du curé de Bikok un ultimatum qui lui demande d’aller présenter ses excuses à dame Mballa Antoinette et de retirer sa plainte contre elle déposé au tribunal de Première instance de Ngoumou. Cette affaire qui est au cœur des conversations à Bikok et qui met de nouveaux acteurs (le régisseur) en jeu, est loin d’être terminée.

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