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General News of Wednesday, 16 December 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : un pasteur accusé d’enlèvement de mineurs

Après avoir dénoncé une séquestration de ses enfants par son pasteur, un homme s’est buté à l’opposition de ces dernières, qui affirment être plus aimé par le prélat que leurs propres géniteurs.
Les témoignages de Marie et sa cadette Carole sont venus fausser toutes les cartes de l’accusation de leur père contre le pasteur Rémi. Valentin n’avait pas prévu cet élément perturbateur de sa démarche dont les preuves étaient déjà jugées suffisantes par le ministère public. En effet, l’homme ne veut plus de l’influence du prédicateur sur ses enfants. Valentin les lui avait confiés pour une délivrance, mais, le prélat refuse de lui rendre ses filles. D’où l’accusation d’enlèvement de mineurs et abus de faiblesse.

C’est en juin 2015 que Valentin fait la connaissance de Rémi, le pasteur d’une église de réveil. La famille assiste , régulièrement aux offices du dimanche .et séances de délivrance, mais les parents ne constatent pas de changements majeurs.

Après quatre années d’attente, Valentin et son épouse décident de ne plus fréquenter le lieu de culte. Leurs enfants en revanche persistent à y aller. Les parents conviennent alors d’essayer une dernière fois, en emmenant les trois filles vivre chez le prédicateur pour un meilleur suivi. L’absence de changement les convainc une fois pour toute.



Pasteur sorcier
Mais, le seul bémol est qu’ils ne retrouvent pas leurs filles quand ils viennent pour les ramener à la maison. Remi refuse de leur indiquer où elles sont gardées. Excédé après une semaine de recherche, Valentin a déposé une plainte contre le prélat. Interrogé, ce dernier a déclaré que les filles sont chez un ancien de l’église. Annie, la mère de famille, citée comme témoin, est venue confirmer la version des faits de son mari. Elle accuse aussi le pasteur de sorcellerie. «Un jour, affirme-t-elle, il a décrit un évènement qui s’est passé à la maison alors qu’il n’y était pas présent.» Annie trouve aussi scandaleux que Rémi ait choisi un fiancé à leur fille ainée sans leur avis.

Rémi ni les faits et jure n’avoir jamais commis du tort à la famille de valentin. Contrairement aux déclarations des parents, il certifie avoir guéri leurs trois enfants des maladies «spirituelles», et avoir détruit un «serpent spirituel» qui aurait élu domicile chez eux. Rémi relate ensuite que les trois filles sont arrivées chez lui en pleurs, affirmant avoir été chassées de la maison par leur .père. Il assure avoir informé le plaignant de la présence de ses enfants chez lui, mais ce dernier lui aurait demandé de les renvoyer dans la rue.

Parent violent
Néanmoins, le pasteur soutient qu’il les a hébergés pendant quelques jours avant de les conduire chez Claude, un ancien d’église et par ailleurs son coaccusé. Un autre ancien est aussi poursuivi pour avoir accepté que les filles transitent par sa maison. Ce placement aurait été effectué sous les conseils du Service des affaires sociales de l’arrondissement de Yaoundé III. Mais, les accusés n’ont produit aucun justificatif. Pendant les débats, ils ont soutenu que ces enfants n’étaient pas retenues contre leur gré et qu’elles pouvaient rentrer chez leurs parents si elles en émettaient le désir.

Appelées à la barre, les filles ont donné l’une après l’autre des témoignages identiques. Le pasteur et ses collaborateurs n’ont rien fait de mal selon elles. «Nous avons fui le domicile familial parce que papa était entré dans une colère noire devant notre refus d’abandonner l’église. Nous n’avons jamais reçu l’amour de nos parents», ont-elles déclaré. L’aînée des filles insinue même que leur père aurait pu les tuer si elles n’étaient pas parties précipitamment du domicile.

Elles préfèrent désormais vivre seules et assurent’ qu’aucune d’elles n’étaient mineures au moment des faits, car âgées de plus de 20 ans. Elles affirment enfin que l’église les aime plus que leurs parents qui ont refusé de leur pardonner malgré toutes les demandes d’excuse qu’elles ont déjà formulées. Avant de renvoyer l’affaire au 22 décembre 2020 pour les réquisitions .du ministère public, le tribunal a déploré la situation de cette famille en appelant le père à trouver une solution à ce malaise profond qui est en train de faire voler sa famille en éclats

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