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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 25 May 2021

Source: La Nouvelle Expression

Cameroun : un journaliste menacé à Kribi

Siméon Ava, délégué départemental de la communication pour l’Océan, subit depuis plusieurs jours des agressions téléphoniques et des menaces de mort suite à un article de presse publié sur la commune de Niété.

Les captures sonores faites par le journaliste sont plutôt incendiaires. «Certaines personnes proféraient des menaces à visage découvert, d’autres le faisaient à partir de numéros masqués », indique la victime.

Influenceur web et directeur de publication du journal Kribi Matin (un organe de presse officiel de la délégation) après ses publications sur le conseil municipal de Niete tenu vendredi, 07 Mai 2021, Siméon Ava est pris à partie par les adversaires du maire de cette commune. Le journaliste dit avoir juste relaté les activités du Pr Isabelle Marthe Abolo Edande, chef du nouvel exécutif communal. «J’ai suivi le discours bilan de madame le maire, je suis allé faire les photos de ses réalisations ; voilà ce que j’ai publié et rien d’autre. Ma ligne éditoriale ne m’autorise pas des critiques, encore moins des injures», déclare-t-il. L’organe de presse Kribi Matin, comme l’indique son promoteur, est spécialisé dans la promotion des actions gouvernementales, ainsi que des exécutifs municipaux sans rentrer dans les guéguerres des militants.

Dans le camp adverse, c’est une tension vive et la colère qui grondent. «Ce monsieur n’a pas fait un bon travail ; il ose dire que le préfet a félicité le maire pour ses réalisations. Tous ces projets avaient été initiés par l’ancien maire, Jaurès Mengue et c’est grâce à lui qu’ils sont réalisés ; la nouvelle maire n’a encore rien fait», tempête au bout de la ligne madame Marthe Avebe, sénatrice suppléante, qui conclut que le journaliste en «jetant des fleurs» à la nouvelle maire «veut détruire la commune de Niete».Conseils municipaux houleux

Depuis les élections et leur cortège de querelles, les sessions du conseil municipal de Niete sont de plus en plus houleuses et même souvent bloquées, non pour de réels problèmes de développement local à débattre, mais généralement du fait des ressentiments de l’opposition. Cette situation de tension est visible dans la plupart des communes de l’Océan. Et le journaliste se trouve ainsi étiqueté pour peu que son travail ne satisfasse pas les intérêts d’une faction. «Nous avons présenté cette situation au préfet le 03 mai dernier lors de notre visite de courtoisie à l’occasion de la célébration de la journée de la liberté de la presse. Aller couvrir une activité dans une commune de l’Océan aujourd’hui constitue un risque pour le journaliste qui peut être lynché à tout moment», a déclaré Damien Tonye, journaliste et syndicaliste à Kribi.

Pourtant, la vie des communes charrie de véritables enjeux de développement local auxquels le journaliste ne saurait se soustraire. Or sur ce terrain politique, les réactions sont d’une telle violence qu’elles portent atteinte à la profession et à la vie du journaliste.

Cette situation vient ternir l’image de la démocratie en ce qu’elle empêche les journalistes dans leur recherche de l’information, la rédaction et le commentaire des événements conformément aux devoirs essentiels du journaliste inscrits dans la charte de Munich. Elle déroge aussi à l’article 19 de la déclaration universelle des droits de l’homme qui stipule que «Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considération de frontière, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit». Le pacte international relatif aux civils et politiques dans son alinéa 1 et 2 de l’article 19 reste également intransigeant en précisant que « nul ne peut être inquiété pour ses opinions» ou encore « Toute personne a droit à la liberté d’expression». Ainsi que l’article 4 de la charte africaine des droits et des peuples qui martèle que «tout être humain a droit au respect de sa vie et de sa personne», et son article 5 suivant qui précise que «toute personne a droit à la liberté et à la sûreté de sa personne».

Ce climat qui est né des guerres internes au sein du Rdpc, le parti au pouvoir, rend le travail du journaliste extrêmement délicat dans le département de l’Océan.

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