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General News of Wednesday, 3 February 2021

Source: cruxnow.com

Cameroun: révélation d'un journal catholique sur le vrai contenu de la visite du Cardinal Parolin

La paix est le "fruit de l'amour, qui va au-delà de ce que la justice peut apporter", selon le cardinal Pietro Parolin, qui s'exprimait au Cameroun un jour après avoir visité les régions anglophones troublées du pays.

Parolin, secrétaire d'État du Vatican et principal assistant du pape François, est venu dans ce pays d'Afrique de l'Ouest pour remettre le pallium - le vêtement liturgique des archevêques métropolitains - à l'archevêque Andrew Nkea Fuanya de Bamenda, dont la province ecclésiastique couvre les régions anglophones du pays.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre d'une insurrection depuis 2016, date à laquelle une série de protestations d'enseignants et d'avocats contre l'empiètement de leurs institutions par la majorité francophone du pays ont été violemment réprimées par le gouvernement.

La visite de Parolin est inhabituelle, car l'ambassadeur du Vatican dans un pays impose généralement le pallium à un archevêque. Lors de sa visite dans cette région déchirée par la guerre, il a appelé à la paix et à la réconciliation.

Lundi, il s'est adressé à l'Université catholique d'Afrique centrale à Yaoundé, la capitale du Cameroun, sur le rôle de la diplomatie du Vatican en Afrique.

"Le Saint-Siège déploie tous ses efforts dans le monde entier et en particulier en Afrique, pour valoriser la dignité de chaque personne en tous lieux et dans toutes les situations par des déclarations et des initiatives quotidiennes", a déclaré M. Parolin.

Le cardinal a noté que le mot "pontife" vient de "pontifex" - "constructeur de ponts".

"Mieux que toute autre chose, cette appellation énonce son activité ainsi que celles de toute l'Eglise : Le pontife a en effet la mission primordiale de construire des ponts, des ponts entre Dieu et l'homme, et par conséquent, de construire des ponts entre les gens", a expliqué M. Parolin.

Le premier pilier de la diplomatie vaticane est la paix, a dit le cardinal, et "se développe essentiellement sur trois axes : Le premier est doctrinal, c'est-à-dire l'éducation morale ; le deuxième concerne le changement de l'opinion publique ; et le troisième a trait aux campagnes dans les sphères de décision tant au sein des gouvernements que des organismes internationaux".

"La concorde entre les peuples et les nations que le Saint-Siège promeut à tout moment vise à construire une vie concrète axée sur le respect des droits fondamentaux de l'homme. Les points centraux de ces actions sont les liens directs entre réalisme et justice, compris comme le devoir et la responsabilité d'agir dans l'intérêt de l'homme", a-t-il déclaré.


Parolin a déclaré que la poursuite de la paix ne peut pas aller sans justice.

"Il ne s'agit pas seulement de construire la paix. Elle doit être solide et tenace, et soutenue par les choix inconditionnels de la justice. Elle doit se concentrer sur les conditions de vie des hommes", a-t-il déclaré.

"Une paix stable est une paix durable, enracinée dans le tissu social, qui ne fait pas de bruit ... Elle n'est pas séparée de la justice, mais se nourrit de sacrifices, de clémence, de miséricorde et de charité ... La paix n'est jamais acquise une fois pour toutes, elle est toujours en construction", a expliqué le cardinal.

"Une paix stable ne peut être obtenue qu'en protégeant la bonté de la dignité humaine, en respectant et en promouvant le libre échange des fruits de l'inventivité humaine, sans conditionner la vie à un système prédéfini de commerce et de développement. Mais la paix est avant tout le fruit de l'amour, qui va au-delà de ce que la justice peut apporter", a-t-il ajouté.

Le cardinal a ensuite abordé les questions du commerce et du développement, et du développement intégral de l'être humain.

"Le développement intégral n'a pas seulement à voir avec le développement économique, il a aussi à voir avec le respect des droits de l'homme et le soin de notre maison commune", a-t-il déclaré. "Le progrès doit être accompli pour toutes les parties de la population, pas seulement pour certaines".

Le père Jean Bertrand Salla, recteur de l'Université catholique d'Afrique centrale, a déclaré que son institution avait pour vocation de promouvoir la paix et la justice dans la sous-région et sur le continent.

Il a déclaré que la conférence de Parolin était particulièrement importante pour le Cameroun, compte tenu de la crise anglophone.

"On a beaucoup insisté sur la paix, mais comme l'a souligné le secrétaire d'État, cette paix ne doit pas être dissociée de la justice", a-t-il déclaré à M. Crux.

Henry Kemende, un législateur de la région anglophone du nord-ouest, a déclaré à M. Crux qu'il pense que la justice pour les anglophones du Cameroun n'est possible que s'ils retrouvent ce qu'ils considèrent comme leur autonomie perdue.

"Ce sont des gens qui avaient autrefois un gouvernement, un système judiciaire et un système d'éducation, qui géraient leur propre économie... ils se débrouillaient bien. Tout cela leur a été enlevé. La seule justice pour les anglophones est qu'ils retrouvent leur identité perdue", a-t-il déclaré.

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