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Actualités Régionales of Sunday, 10 January 2021

Source: cameroonvoice.com

Cameroun : qui veut la mort des ouvriers agricoles de Bélel et de leurs défenseurs ?

Bélel,  une commune du Cameroun située dans la région de l'Adamaoua Bélel, une commune du Cameroun située dans la région de l'Adamaoua

Bélél dans l’Adamaoua, vous connaissez ? Certainement pas. Et son organisation syndicale de défense des ouvriers agricoles du coin alors ? Sans doute encore moins.

Sachez en tout cas aujourd’hui qu’un ponte local, par amendes pécuniaires de justice interposées, veut mettre à six pieds sous terre ces pauvres ouvriers agricoles et leurs défenseurs. Car le syndicalisme chez nous, ça vous le savez, n’a pas bonne presse dans le capitalisme agro-pastoralsyndicalisme.

L’organisation inquiétée ici n’est que la petite – mais bien entêtée – Coordination des Travailleurs Agricoles de Bélél, en abrégé COTRAG, autrefois C.T.A., implantée dans le département de la Vina, spécifiquement dans les trois localités du département où sont installés les campements – ou ce qui en tient lieu – des plantations industrielles du jeune richissime Mohamadou Bobo : Bélél, N’goura, Koudini.

Précisions maintenant sur les menaces affectant l’organisation de défense des ouvriers agricoles de M. Bobo: selon les informations recueillies à la Fondation Kalkaba pour la promotion de l’Arbre à Palabres, de la bouche d’étudiants en stage académique chez elle au mois d’octobre 2020 dernier, 3 (trois) des dirigeants syndicaux de la Coordination des Travailleurs Agricoles, COTRAG, de Bebel (100 km environ de N’gaoundéré) se sont vus licenciés du jour au lendemain et poursuivis en justice pour « incitation à la grève » et «rébellion», comme toujours. Il faut savoir que la CTA, Coordination des Travailleurs Agricoles est implantée dans les localités de Belel, Ngoura et Koudini où le richissime El Hadj Abbo Mustapha a érigé des ranches de 100 ha et plus chacun et fait de la maïsiculture moderne sur plusieurs centaines d’hectares. L’effectif de ses employés (permanents et saisonniers) atteint des centaines d’ouvriers en période de pointe.

A l’heure d’aujourd’hui, nous portons à ce jour les précisons suivantes sur la situation de l’association syndicale. Ses 3 syndicalistes menacés sont Bakary Baboua Oscar, 36 ans, ancien cheminot; Bayara Beka, 29 ans, ancien déflaté de Yaoundé et Djilougou Bata, 26 ans, ancien déflaté également, d’Edéa. Les dernières informations rapportent que ces 3 meneurs de la COTRAG ont été solidairement condamnés début décembre à de fortes amendes pécuniaires par le tribunal correctionnel de Meiganga. Pour un montant de 3.979.541 Francs (trois millions neuf cent soixante dix-neuf mille cinq cent quarante un francs), dont 3.900.000 Francs d’amendes et 79.541 F de frais de justice.

Les circonstances des menaces touchant 3 (trois) syndicalistes de cette ODH sont classiques : après plusieurs courriers adressés à la direction générale de l’entreprise dont le siège se trouve à Meiganga, le dernier courrier de la COTRAG, daté du 27 août 2020, mettait en demeure l’employeur El Hadj Abbo Mustapha (Ets Ranches et Céréales de l’Adamaoua, Ets RCA) de régulariser l’inscription complète à la Caisse nationale de Prévoyance Sociale (CNPS-N’Gaoundéré) de tous les employés permanents de la société (128 personnels) avant le 1er novembre 2020 faute de quoi, 30 jours plus tard, le petit syndicat lancerait un appel à la grève dans toutes les structures de la société agricole dans la région de l’Adamaoua. Le 05 octobre, les trois principaux dirigeants de la COTRAG recevaient une lettre de licenciement en bonne et due forme, sans indemnité de licenciement bien évidemment, mais surtout, avec une menace à peine voilée de se retrouver au tribunal correctionnel pour incitation à la grève et «rébellion en masse» contre les intérêts de l’entreprise « RCA ».

Avec des amendes pécuniaires de plus d’une brique par syndicaliste, qui croira que ce n’est pas leur mort certaine qu’on cherche et de leur association syndicale avec ?

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