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General News of Monday, 19 April 2021

Source: Le Messager N°5749

Cameroun : le plan national de reboisement aux oubliettes

Le paysage de la flore camerounaise montre des signes de dégradation de la couverture forestière. Après de forte pression démographique, la forêt a été éliminée sur de nombreux versants et à la place, prédominent des terrains broussailleux clairsemés qui ne freinent pas les processus érosif. Peut-on à la lumière des statistiques et des arguments rationnels s’exprimer sur le pourcentage actuel de réalisation en termes de plantation forestière au Cameroun ? Bien que résolu à lutter contre la désertification, le pays a manqué à ses engagements.


Sur les 12 millions d’hectares à l’horrifions 2035, financé en partie par le Fonds européen de développement pour le reboisement d’un budget de 302,506 milliards d’euro, le pays dans sa démarche du statu quo, excelle plutôt dans la navigation à vue. A date, combien de bourgeons ont été mis en terre ? A l’aune, au Nord comme au Sud du Cameroun, des institutions officielles se plaignent du manque d’intérêt de la population locale pour les reboisements collectifs. Pourtant considéré tant par les donateurs que par les bénéficiaires des aides au développement, comme une des tâches les plus urgentes de ce début de siècle. Toutefois serait-il délicat de s’attarder sur l’efficacité des efforts financiers et logistiques alloués depuis 2014 pour faire face à la désertification au Cameroun? Or, si le soutien, financier des programmes agroforestiers est considérable, l’étendu géographique des régions reboisées le devait tout autant. Débutées en 2006, ces deux dernières campagnes de reboisement nous servirons de cadence pour comprendre l’aise et le confort psychologique de ceuxci.

Intrigue, manipulation et thaumaturgie

Entrepris par le gouvernement le 25 avril 2014, baptisé « Planter et entretenir un arbre : une action citoyenne qui contribue à l’amélioration des conditions de vie de l’homme », le résultat est là. Une initiative non ou mal maturée ? Et pourtant pour cette campagne, une enveloppe de 600 millions de Fcfa avait été jointe pour la réalisation de 800 hectares de plantations forestières, dont 342 millions devraient être consacrés à la partie septentrionale du pays, soit 50 % de l’enveloppe globale. D’ailleurs pour tranquilliser, le ministre des Forêts de l’époque, Philippe Ngole Ngwesse va appeler à la mobilisation générale pour stopper la déforestation dans le pays et plus particulièrement dans la ville de Maroua dans l’Extrême-Nord du pays. Mais de fond en comble, 07 ans sont passés, quoiqu’aucune concordance avec l’esprit, le sens voire la nature de ce plan dit national de reboisement annoncé ne soit remarqué. Si oui des indices ignominieux et agacent, pas adroits de refléter les sommes engagées. Pour faire facile et parfait, l’on pointe du doigt les tensions de trésorerie au sein du Minfof. Quelle infidélité ! Le 04 mai 2018 pour corroborer cet argument d’une légèreté spectaculaire, Jules Doret Ndongo lance une campagne à 600 millions de Fcfa dans le but de planter 550 000 arbres dans le pays. Le thème retenu lors du lancement à Bazzama (EstCameroun) est alors « Ensemble, luttons contre le changement climatique au moyen de la restauration des forêts naturelles dégradées ».


Pour le ministre, il promettait de planter 40 % de ces arbres dans trois régions septentrionales du Cameroun (Extrême-Nord, Nord et l’Adamaoua) en proie à l’avancée du dessert. Alors que 60 % restants, d’après lui, devraient servir à combattre les effets de déforestation dans les sept autres régions du pays. Où en est-on avec ces impulsions ? 02 ans passés, les engagements du Minfof ont-ils été tenus ? S’il fallait tenir compte de la performance telle que voulue par le Dispositif d’appui à la compétitivité du Cameroun (Dacc) instaurée par le Minepat, le Cameroun, en terme de reboisement, a-t-il bougé d’un plant alors. En clair, depuis 2006, année de lancement des campagnes de reboisement seuls quatre millions d’arbres ont été plantés dans le pays sur une superficie de 30 000 hectares, renseigne-t-on au ministère des Forêts et de la faune.

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