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General News of Monday, 12 October 2020

Source: camer-press.com

Cameroun : le leader de la CEMAC sans avion présidentiel (enquête)

‘’L’affaire Albatros’’ est venue révéler un gros scandale autour de la volonté du chef de l’Etat camerounais de se doter d’un appareil pour ses déplacements à l’étranger ou à l’intérieur du territoire national. Projet vite court-circuité par certaines personnalités, qui répondent actuellement de leurs actes, derrière les barreaux. Ce qui fait paradoxalement du Cameroun, ce leader de la Zone Cemac, un pays ne disposant pas d’un avion pour son président pendant que des pays moins dotés, économiquement peuvent en faire une fierté nationale.


Cependant, bien de pays occidentaux « développés » ont choisi de ne pas mettre à la disposition de leur chef de l’Etat ou, tout simplement de leur gouvernement, des avions, choisissant de prendre des vols commerciaux, quand bien même d’autres, qui fabriquent des appareils volants, préfèrent commander dans d’autres pays. Comment voyagent nos chefs d’Etats et leurs gouvernements, tel est l’exercice que CamerPress essaie d’esquisser, loin des calculettes pour leurs coûts, qui, naturellement restent relatifs.

* Une enquête de Justin Blaise Akono


Lu dans Cameroon Tribune de mars 2018 : ‘’Manassé Aboya Endong : « Nous sommes au cœur d’une manipulation politique »’’. Ce titre choisi par le quotidien gouvernemental pour marquer la prise de position du Professeur « Trésor » Aboya Manassé Edong est à dessein. Notamment lorsque le politologue indique que « La surenchère informationnelle atteint généralement son paroxysme au cours des années électorales. L’année 2018 étant une année électorale par excellence au Cameroun, c’est tout naturellement que la communication par embuscade dévoile ses facettes les plus inattendues, l’objectif étant d’affaiblir un adversaire redouté par tous les moyens, qu’ils soient conventionnels ou non conventionnels. »


Et si d’autres avaient répondu aux ONG que le budget de la présidence de la République permet au Chef de l’Etat de se déplacer et que, comparativement aux autres pays de même niveau, le Cameroun dépensait moins pour les voyages de son président, cela irait dans le même sens. Celui de ressortir les limites du rapport. Cependant, quel que soit le coût, n’est-il pas utile de relever que le chef de l’Etat ne voyage plus dans un avion battant pavillon ‘’République du Cameroun’’ comme beaucoup de ses homologues ? La faute à plusieurs de ces personnalités engagées dans l’achat d’un nouvel appareil, après que les avions laissés par le président Ahmadou Ahidjo ont affiché leurs limites techniques. Notamment l’Hirondelle et le Pélican acquis en 1978. Ce qui est baptisé ‘Affaire Albatros » commence un 24 avril 2004, quand le commandant de bord Benoît Betam, en plein vol, alla informer le président que les volets des ailes du tout nouveau Boeing 767-216/ER baptisé Albatros ne rentraient pas – source Jeune Afrique -.


Loué en 2003 à Boeing pour pallier le retard de la livraison du 737 Business Jet 2 (Bbj2), qui devait coûter 45 milliards FCFA, en fabrication dans les ateliers américains. L’Albatros est alors vite qualifié de «cercueil volant». Le nouvel avion, qui n’est jamais arrivé, devait remplacer le Pélican. Le chef de l’Etat s’est alors tourné vers des vols commerciaux en adoptant le Boeing 767-300 ER de la Cameroon Airlines (Camair) baptisé le DJA, qui est d’ailleurs aujourd’hui le plus gros appareil de la flotte de Camair-Co. mais, et appareil va commencer à présenter des difficultés techniques au point d’être régulièrement dans les ateliers de maintenance, comme c’est le cas en ce moment. Le Dja est en révision dans les ateliers de Ethopian’s.
On se souvient que, le 1er mars 2008, cet avion est bloqué à Paris par Ansett Worldwide, un partenaire de la Camair, pour une ardoise impayée de 2,5 milliards de FCFA, selon des sources crédibles. En 2016, d’autres sources annoncent « un nouvel avion pour Paul Biya ». Une rumeur ? Se demande notre confrère l’OEil du Sahel pour qui «À la présidence de la République, les personnalités contactées n’ont ni confirmé ni infirmé l’information, évoquant un sujet sensible qui n’a jamais été porté à leur connaissance». Le journal ajoute «d’autres sources répondent par l’affirmative et confient même que le dossier est très avancé. Elles en veulent pour preuve le fait que l’état-major particulier du président de la République a dépêché depuis plusieurs mois, aux États-Unis, deux de ses pilotes pour se familiariser avec le nouveau bijou…»


Cemac


En 2018, aucun signe d’avion à l’horizon. Le prix catalogue de l’appareil qu’aurait choisi le chef de l’Etat camerounais est de 36,340 milliards de FCFA. L’avion peut transporter 63 personnes et contenir 230 bagages. «Si l’information se confirmait, le futur bijou présidentiel qui peut voler à
12497 mètres d’altitude dispose également d’une cabine pressurisée basse altitude à 6.500 pieds au lieu de 8000 pieds comme les autres jets d’affaires et peut parcourir environ 10.000 km sans escale», lit-on. Dans les autres pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Cemac), les présidents disposent d’appareils pour leurs déplacements, avec des sorts aussi différents les uns que les autres.

UA

Gabon par exemple, Ali Bongo Ondimba dispose d’un Boeing 777-200. Mais, en janvier 2017, cet appareil est déclaré porté disparu. En juin 2017, il est retrouvé sur le tarmac d’un aéroport suisse où il aurait été en maintenance.
Frappé de dettes, cet avion avait déjà défrayé la chronique en février 2015, lorsqu’il avait été arraisonné à Orly (France) pour des raisons d’impayés. La société suisse Travcon AG, spécialisée dans la mise à disposition d’avions pour VIP, réclamait alors au Gabon une ardoise d’environ 4,72 milliards de francs CFA. Le 14 avril 2015, une décision du tribunal d’instance d’Ivrysur-Seine prononçait la relaxe de l’aéronef du fait de son caractère insaisissable. Étant en effet immatriculé TR-K-PR, le Boeing 777-200 jouissait donc d’une immunité diplomatique.


Au ‘’pays des Saos’’, le président dispose de 4 appareils. Idriss Deby Itno peut différemment emprunter un Boeing – 737, un Boeing – 767, un
Hawker ou un ATR-24. Pour se déplacer dans le pays, il utilise parfois les aéronefs destinés au gouvernement ou ceux de l’armée – notamment le C-130 baptisé Mont Guéra acquis dans les années 1980 – ou deux hélicoptères de transport nouvellement acquis. Le chef de l’État emprunte aussi les voies terrestres. Il circule alors dans des Hummer américains ou des GMC identiques à ceux des présidents américains, voire à bord de puissantes Toyota, communément appelées V8. Afrique


En Afrique de l’Ouest, le voisin du Cameroun, qui est désormais la première puissance économique d’Afrique – le Nigeria – n’a pas autant d’appareils que l’Afrique du Sud, pour son gouvernent. Mais, la présidence du pays de Wole Soyinka compte 10 avions.


En octobre 2016, la présidence a décidé de mettre en vente 2 avions, notamment un Falcon 7X et un Hawker 4000. Question de réduire les dépenses de l’Etat, avait annoncé Garba Shehu, le porte-parole du président Buhari. Tout à côté, au Niger, ce pays classé 187e mondial sur le plan économique, dispose de 2 avions. Ce pays voisin a acquis en 2014 un Boeing 737 à 20 milliards de FCFA. L’ancien avion présidentiel, également un Boeing 737, avait été acheté dans les années soixante-dix par l’ancien général-président Seïni Kountché (1974-1987). Et que dire du Burkina Faso ? Le gouvernement du ‘’Pays des Hommes intègres’’ utilise un Boeing 727 spécial. Ce qu’il faut aussi rappeler est que beaucoup de pays africains ne dispose pas d’avion présidentiel. A l’instar du voisin de la République centrafricaine.

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