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General News of Friday, 6 November 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : le jour où le bruit et la fureur se sont abattus sur Kumba

Ville située dans la région du Sud-Ouest Cameroun, elle est depuis le 24 octobre 2020, le théâtre d’un drame national après l’assassinat de 7 élèves à la Mother Francisca International Academy.
Le samedi 31 octobre est décrété jour de deuil national au Cameroun. Ceci en la mémoire des enfants tués à la Mother Francisca International Academy, de Kumba, une école privée située dans le 3ème arrondissement de cette petite ville du Sud-Ouest anglophone. Le souvenir de ce qui s’est passé le 24 octobre est encore vif. Ce jour-là, racontent des riverains, à Jeune Afrique, des hommes juchés sur des deux-roues font irruption dans les rues de Fiango, un quartier de Kumba.

« Ils étaient trois par moto et j’ai compté quatre engins au total, affirme un témoin de la scène. Ils étaient armés d’AK 47 et de machettes. » Fangio est situé non loin de la périphérie de la ville et de la forêt qui la jouxte, au nord. Des groupes armés y ont trouvé refuge, ce n’est un secret pour personne. Mother Francisca n’est pas leur cible initiale. Les assaillants se dirigent d’abord vers une autre école de Fiango, la Mother Ann Nursery and Primary School, mais ils n’y trouvent personne.

Mother Francisca
« Il n’y avait aucun élève à Mother Ann car là-bas, ils respectent les consignes des délégués [les chargés de l’éducation], qui ont interdit la classe le samedi. C’est pour ça qu’ils sont ensuite allés à Mother Francisca », explique une source sécuritaire à Journal Jeune Afrique. Une fois dans l’enceinte de l’établissement, les assaillants pénètrent dans une classe de sixième. L’enseignant vient de sortir, mais Victory Camibon Ngamenyi est toujours tableau, à essayer de résoudre un exercice de mathématiques, lorsqu’ils ouvrent le feu.



Il a onze ans et il sera le premier à tomber sous les balles. « On a entendu des tirs, des pleurs et les cris de ceux qui demandaient qu’on vienne les sauver », se souvient un élève d’une classe voisine. Sa voix est tremblante, presqu’inaudible. Les jours ont passé mais la peur ne l’a plus quitté. Comme Victory Ngamenyi, cinq autres élèves, âgés de 9 à 12 ans, décèderont sur les lieux. Un sixième succombera à ses blessures quelques heures plus tard. Douze autres sont toujours en observation dans divers hôpitaux de la région. Dans la salle de classe où s’est produit le drame, les impacts de balles et les traces de sang sont encore visibles au sol et sur les murs.

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Leaders politiques
« Le Cameroun est sous le choc. À Yaoundé, les autorités sont convaincues de la culpabilité des Ambaboys, ces groupes armés sécessionnistes qui luttent pour l’indépendance de « l’Ambazonie », mais leurs leaders politiques affirment qu’ils n’y sont pour rien. Dans un communiqué publié les jours suivants, ils ont réclamé l’ouverture d’une enquête internationale. Comme à chaque fois, les différentes parties impliquées dans la crise se renvoient la responsabilité des violences.

Les habitants de Kumba n’ont que faire de ces querelles. Voilà quatre ans que cette localité, un poumon économique du Sud-Ouest jadis très fréquenté par les commerçants opérant entre le Cameroun et le Nigeria, a commencé à sombrer », écrit poursuit Jeune Afrique.

Des Ambazoniens
À Kumba, des blindés de la gendarmerie et du Bataillon d’intervention rapide (BIR) patrouillent dans le centre-ville. L’omniprésence des soldats a fait taire les débats aux relents sécessionnistes qui animaient les conversations des habitants. « La ville est truffée d’indics, confie Franklin, propriétaire d’un bar à Krammar Junction. Ceux de l’armée, ceux des Ambazoniens… Mieux vaut éviter de parler des sujets controversés».

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