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General News of Tuesday, 26 January 2021

Source: ledefenseur.com

Cameroun : le consulat d'Allemagne empêche Karim de rejoindre son père allemand

Le jeune Karim doit aller en Allemagne pour rejoindre son père, parti du Cameroun il y a 5 ans après avoir exercé au sein du consulat d’Allemagne à Yaoundé.Mais au niveau dudit consulat, la procédure d’établissement du passeport traîne et des ONG s’inquiètent, au nom du droit au regroupement familial.

Il s’appelle Max Karim. Il a un peu plus de quatre ans aujourd’hui. Il est le fils de Danielle Christelle M., 20 ans. Il va à l’école. Son père est un Allemand qui a servi au Consulat pour son pays au Cameroun jusqu’en 2015. Celui-ci, depuis cette même date, est retourné dans son pays.

Le problème qui se pose actuellement est que le jeune Max Karim ne peut pas rejoindre son père. D’après les informations collectées auprès de Danielle sa mère, c’est la procédure d’établissement du passeport qui est bloquée dans les services du Consulat d’Allemagne au Cameroun. Avec le soutien de l’association camerounaise pour la défense des droits de l’homme la liberté et le bien-être (Acadehlib), il est désormais question d’interpeller les autorités compétentes sur l’importance qu’il y a à résoudre ce problème et d’ouvrir à l’enfant les bras de son père. Selon le coordonnateur de l’Ong, Aziz Mustapha Ibn Ismaïl, la procédure d’établissement veut effectivement que les passeports pour enfant soient établis par le Consulat tandis que ceux des adultes soient établis par l’imprimerie fédérale à Berlin. Dans le cas d’espèce, rappelle-t-il, nous avons affaire à un enfant. Du coup, c’est « ici » que les obstacles doivent être levés. D’ailleurs, tout est mis en œuvre pour lever d’éventuelles barrières, souligne le défenseur des droits de l’homme.

Pendant ce temps, c’est à distance que Max Karim, bénéficie des droits consécutifs aux devoirs d’un père. Il va à l’école avec les soins de celui-ci ; il est soigné par sa mère qui vit dans la maison familiale grâce à l’argent que papa envoie. « Thomas envoie 200 000 FCFA par mois afin d’assurer la prise en charge de l’enfant », affirme Danielle. « Quand ils sont malades, Thomas prend en charge tous les frais nécessaires à la santé de sa famille », renchérit sa mère. Max Karim qui n’a qu’une seule fois vu son père biologique de près, est toutefois en contact avec lui via internet et par les différentes plateformes numériques de communication. Les conversations téléphoniques en font partie. « En hiver 2018, son papa est venu pour une visite surprise et a de nouveau donné sa parole qu’il fera son possible pour amener la famille à Berlin », fait-on savoir dans la famille.



Aujourd’hui, les deux parents essaient de se retrouver sous le même toit afin de donner à Max une éducation et un encadrement commun. C’est peine perdue. De nombreuses barrières ont été érigées entre Danielle et Thomas : le passeport du jeune Max Karim n’est toujours pas disponible, soutient Danielle. D’après les responsables de l’Association camerounaise pour la défense des droits de l’homme, des libertés et du bien-être (Acadehlib), la délégation de l’Union Européenne (DUE) au Cameroun et le Consulat d’Allemagne ont été saisis afin de lever ces obstacles à ce regroupement familial. Toujours selon l’association que dirige Aziz Mustapha Ibn Ismaïl, « le consulat tarde à traiter le dossier ». Il ne donne aucune explication qui « justifie ce traitement lent du dossier » ; « elle demande d’attendre », renchérit ce défenseur des droits de l’homme. On apprend que le dernier contact avec l’institution remonte à septembre 2019. La première fois, la jeune mère, son père et l’enfant y sont allés ; la seconde fois, c’est la grand-mère et Danielle qui s’y sont rendues. L’Acadehlib est soutenue dans ce combat par l’ONG « Fondation pour l’enfance et d’autres organisations de défense des droits de l’Homme ». Elles sont montées au créneau le 26 novembre 2020 afin d’exiger que les droits du jeune enfant soient respectés.

Pour voir un peu plus clair dans cette affaire, une descente a été opérée auprès des services consulaires d’Allemagne au Cameroun. Malheureusement, il n’a pas été possible de rencontrer un des responsables. Le contexte lié à la pandémie du coronavirus a restreint l’accès à ces locaux. Néanmoins, il est affiché au babillard que seuls les regroupements familiaux sont possibles. Toujours dans cette manœuvre, par voie électronique cette fois, aucune réponse n’a été donnée. « Cher Monsieur, en raison de la situation actuelle de pandémie, le consulat de l’ambassade reste limité et est donc en opération d’urgence », indique le courrier électronique.

Et Max Karim alors ?

Pendant ce temps, c’est le jeune enfant âgé de moins de 5 ans qui est privé de l’amour et de l’éducation paternelle qui sont entre autres encadrés par divers textes. Déjà que l’acte de naissance de l’enfant ne porte pas le nom de son père. Or dans son préambule, la Constitution du Cameroun « proclame que l’être humain, sans distinction de race, de religion, de sexe, de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés ». Parmi eux, celui d’avoir une famille car « la nation protège et encourage la famille, base naturelle de la société humaine. Elle protège la femme, les jeunes, les personnes les personnes âgées et les personnes handicapées ». C’est en droite ligne des dispositions de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples qui précisent en son article 2 que « toute personne a droit à la jouissance des droits et libertés (…) de naissance (…) ». C’est dans ce sens que la déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) souligne en son article 15 que « tout individu a droit à une nationalité. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité ».

L’ACADEHLIB rappelle que la Loi au Cameroun va en droite ligne des dispositions de l’ONU qui, dans l’une de ses résolutions initiée depuis les années 1950 sous l’intitulé « Convention sur le consentement au mariage, l’âge minimum du mariage et l’enregistrement des mariages », invite les États membres à interdire tout mariage avant l’âge de 15 ans (résolution 2018 (XX) de l’ONU sur l’âge du mariage)

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