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xxxxxxxxxxx of Tuesday, 13 April 2021

Source: Kalara N°379

Cameroun : le PMUC accuse Belinga d’escroquerie de 25 millions

L'affaire porte sur des "tickets gagnants" que le Pari mutuel urbain camerounais refuse de payer, arguant que ceux-ci avaient été présentées à l'entreprise avec un grand retard pour avoir fait l'objet des tractations frauduleuses.
Belinga poursuivi pour tentative d'escroquerie devant le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif a-t-il voulu dépouiller le Pari mutuel urbain camerounais (Pmuc) de la somme de 25 millions de francs en utilisant de faux tickets ? Ou alors que le Pmuc refuse de payer les tickets gagnants de ce dernier parce qu'ils avaient été déposés dans ses services compétents avec un grand retard ? Quatorze ans après le déclenchement de l'affaire, ces questions n'ont encore pas trouvé de réponses. C'est la raison d'être du procès qui se poursuit devant le TPI de Yoaundé centre administratif. Le 23 mars 2021, les témoignages parfois évasifs et contradictoires des témoins du PMUC devant la barre n'ont pas pu dissiper le doute, qui plane autour de cette affaire.

La représentante du Pmuc a expliqué qu'au terme de la course des chevaux lancée le 12 octobre 2007, il n' y avait pas de "gagnant par ordre au quinté". Or c'est à cette compétition que le parieur Belinga avait misé. Il était donc impossible que dans ces conditions qu'un parieur présente d'après elle, des tickets gagnants. Elle précise que quand pour la course, il n’y a pas de gagant, la course est annulée et seul le gain est reporté. Elle estime que le fait pour M. Belinga de se retrouver avec des billets prétendument gagnants aurait été frauduleusement validé après le départ de la course avec la complicité de la caissière du PMUC qu'il aurait corrompu. C'est ce que la représentante du PMUC qualifie de faux. A la question d'un avocat de la défense de savoir ce que l'entreprise de pari reproche exactement à leur client, le témoin de l'accusation répond : "il lui est reproché d'avoir utilisé de faux tickets pour dépouiller notre employeur de 25 millions de francs. Les tickets en question ont été falsifiés. De plus ces billets sont arrivés en retard dans nos bureaux. Dans ce cas, ils sont d'office, écartés", a-t-elle conclu.

Contradictions

Le second témoin, ancien coordinateur régional des ventes à la retraite déclare avoir expliqué à M. Belinga les raisons pour lesquelles la caisse ne pouvait pas pays les gains de ses tickets, notamment le fait que ceux-ci avaient été déposés avec un retard. C’est à dire après le départ des chevaux. Il raconte que la vendeuse des billets litigieux avait été retardée au commissariat n1 de la ville de Yaoundé à cause de deux personnes qui l'avaient interceptée et l'avaient convaincue de falsifier lesdits tickets.
Répondant aux questions des avocats de l'accusé, le témoin du Pmuc a aligné une série de "je ne sais pas" avant de conclure que "je ne peux pas accuser M. Belinga de tentative d'escroquerie parce que je n'ai pas vécu les faits sur le terrain. Je confirme n'avoir pas vu les tickets dont il est question", a-t-il déclaré.

Le troisième témoin de l'accusation, cadre commercial en service au Pmuc, ne s'éloigne pas des déclarations de ces prédécesseurs à la barre. Il précise que ce jour-là, tous les paris de la région du centre étaient arrivés à l'agence hippodrome, sauf ceux de la vendeuse de kiosque de Katios. "Quand M. Belinga s'est présenté dans nos bureaux, nous lui avons expliqué ses tickets ne peuvent être payés du fait de la vendeuse qui est arrivée 40 minutes après le départ de la course. Chaque fois qu'une vendeuse arrive en retard, les tickets validés qu'elle détient sont annulés", a-t-il confié. Il a ajouté que la vendeuse dont il est question n'a pas déterminé l'identité des personnes qui l'ont intercepté et proposé de valider frauduleusement certains tickets. Le témoin indique qu'il n'a pas vu les billets litigieux et ne peut donc pas affirmer que ceux-ci étaient falsifiés ou pas. " Je ne peux pas imputer l'infraction de tentatives d'escroquerie à M. Belinga", a poursuivi le cadre commercial. Pour les avocats de la défense, les témoignages des témoins de la défense sont pleins de balbutiements et de contradictions qui démontrent à suffire que le procès de tentative d'escroquerie est un plan savamment monté par le Pmuc pour ne pas payer "les tickets gagnants" de leur client. L'affaire a été reporté au 27 avril 2021 pour la suite des débats.

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