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General News of Monday, 19 October 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : la profanation de la fierté nationale

Le pays de Paul Biya serait-il en train d’entrer dans l’œil du cyclone que lui réservent les faucons de l’extérieur et de l’intérieur ? Le Triangle national va à hue et à dia, les projecteurs les plus puissants braqués sur ses limites intimes ou légitimes. La ténacité des faits en un laps de temps.


Ce 14 octobre 2020, sur la Rfi, la chronique de l’humoristique Mamane tourne en dérision la vie politique nationale sous le sceau d’un sarcasme cinglant et humiliant. Au menu de l’intrigue qui captive les millions d’auditeurs africains, c’est le siège de la résidence de Maurice Kamto par les forces de l’ordre. La conclusion renversante est que le « président fondateur » de la très « démocratique République du Gondwana », et on comprend, met de force en résidence surveillée son principal opposant, « opposant historique » pour assurer la sécurité des habitants !

Le siège de la résidence de l’opposant serait bien entendu dans l’intérêt de le mettre en quarantaine de peur qu’il ne contamine toute la population. D’ailleurs, si on veut mieux faire le rapprochement, les proches de Kamto sont aussi, « en quarantaine » pour les mêmes raisons. Allez-y comprendre quelque chose si ce n’est de dépeindre le Cameroun comme une dictature.

Le journaliste de la radio mondiale, on le sait, n’a pas fabriqué les faits. Il a été sensible à la sortie de la Commission des droits de l’homme de l’Onu qui exigeait il y a quelques jours du pouvoir camerounais de lever le siège de trois semaines devant la résidence du leader du Mrc et de libérer tous les militants de ce parti, arrêtés et incarcérés dans le cadre des marches du 22 septembre dernier.

A qui de telles injonctions font-elles honneur ? Des esprits naïfs pourraient penser que l’opposition en tirerait quelques dividendes. Que non ! Dans un monde globalisé, toute sanction de l’extérieur se vit de manière partagée en interne, équitablement. Pour preuve, depuis que les Etats-Unis ont suspendu le Cameroun du programme « Agoa », c’est la caisse de l’Etat du Cameroun qui est visé en premier chef.

L’autoroute de toutes les éclaboussures

Le 7 octobre dernier, c’était France 24, une chaîne de Télévision française qui a pignon sur rue en Afrique, qui brocardait à sa façon et avec une précision chirurgicale, la face hideuse du Cameroun à travers un reportage sur le site de construction de l’autoroute Yaoundé-Douala. L’exécution de ce projet concentre à elle seule tous les ingrédients pour concocter un cocktail de dénigrement le plus parfait qui soit !

Le concentré de scandales a de toute évidence fait mouche sur la perception du Cameroun, surtout de l’extérieur. Ce projet lancé en 2014, sur une distance de près de 200 Km, aurait dû être livré en 2018. A défaut de cela, à ce jour, rien que le premier tronçon de 60 km de route est bitumé en 6 ans, soit un Km par an !

En plus, le projet devient le plus cher d’Afrique, où un Km est évalué à 7 milliards de Fcfa. A ce rythme, on comprend qu’il faudra des décades pour la réalisation de cette autoroute. Il est vrai que dans la foulée de ce ramdam médiatique, un document signé du ministère en charge des Travaux publics, déchargeait depuis le 5 octobre l’entreprise chinoise de l’exécution des travaux et la confiait à trois nouvelles entreprises. La corruption serait indexée comme le premier grain de sable qui grippe la mécanique si on s’en tient aux déclarations de l’ex-ministre en charge de ce portefeuille, Patrice Amba Salla.

Eteindre la flamme passionnelle du football

Le sport, et particulièrement le football qui fait l’honneur au pays des Lions indomptables à l’exemple de Roger Milla, Samuel Eto’o, Thomas Nkono et les autres, subit lui aussi en ces temps une entreprise de démolition savamment orchestrée. Dieu merci, l’épisode de l’humiliation de la Can foireuse de 2019 avait été vite digéré parce que l’opinion nationale s’était remise en pensant que le pays de Paul Biya laverait l’affront en exposant à la planète terre, la perfection d’une organisation en 2021 !

Le Covid-19 s’est invité dans la danse en donnant encore un temps supplémentaire, puisque c’est en 2021 que le Chan sera organisé et la Can en 2022. Pas mal. Mais là, alors que les choses semblent s’arranger, voici les principaux gestionnaires du football qui déterrent la hache de guerre.

Après un verdict du Tribunal arbitral du sport (Tas), plus haute instance juridictionnelle en la matière dans le monde, sa sentence en faveur de la Ligue de football professionnel du Cameroun (Lfpc) contre la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), va soulever un pan de la boîte de pandore du football camerounais, laissant échapper tous les esprits malfaisants qui sont maintenant acharnés à ruiner le fondement unificateur qui a fait le lit a tant de lauriers du Cameroun.

Narcisse Mouelle Kombi, le ministre des sports et de l’éducation physique, croyant bien faire pour réconcilier les deux parties, s’est vite fait taper sur les doigts, accusé d’ingérence dans les affaires du football. Il a désormais fait amende honorable, laissant Pierre Semengue et Seydou Mbombo Njoya à leur guerre totale dont nul ne sait quand et comment ce conflit d’égo va s’éteindre. Aujourd’hui, l’opinion retient son souffle au moment où une mission d’inspection de la Caf arrive au Cameroun.

Cette dissension au sein de l’équipe dirigeante du sport roi, pourrait-elle déborder sans façon et inciter la Caf à prendre d’autres initiatives contre le Cameroun à trois mois jour pour jour du kick off de la compétition qui ira du 16 janvier au 7 février 2021. L’opinion retient son souffle car on ne sait pas toujours ce que peuvent enfanter des batailles fratricides. C’est curieux de constater qu’après la déconvenue de 2019, alors qu’on croyait remonter du fond de l’abîme vers la surface, des mains les plus insoupçonnées tirent à nouveau la mécanique vers les bas-fonds

L’anathème sur l’honneur des dirigeants camerounais

Le Procureur de la République française à Paris, a reçu il y a quelques jours une plainte portée contre certaines autorités camerounaises et contre « x » pour tortures et autres traitements inhumains et dégradants. C’est le « Réseau responde-readvocatus », une association qui veut défendre les leaders politiques et africains qu’elle considère en danger en raison de leur engagement politique, qui est à la manette. On comprend à partir de là combien la réception de cette plainte fragilise les autorités camerounaises citées dans le dossier.

L’autre pan de cette pénible situation pour l’image de tout un pays, vient d’un autre avocat, américain, Amsterdam and Partners. C’est un véritable Cheval de Troie qui avance masqué ou abat ses cartes de manière si désobligeante à couper la sérénité au pape. Il a commencé par rédiger deux lettres ouvertes à Paul Biya dans lesquelles ses intentions et la dimension de sa capacité de nuisance si les droits de son client, Maurice Kamto, sont bafoués, étaient on ne peut plus explicites.

Par la suite, les choses se sont enchaînées, où il s’accorde avec la diplomatie américaine et française pour mettre sur la table l’éventualité du refus du visa aux mis en cause dans la répression des droits humains. Cette situation devient davantage confuse au point où les Etats-Unis ont démenti en fin de la semaine dernière leur intention relayée par une certaine presse d’intervenir militairement au Cameroun. Quiétude ? Comment en sommes-nous arrivés là ? Comme on le voit, la situation juridique de certains leaders camerounais à l’étranger va commencer à être problématique. Un ministre sous le coup du mandat d’arrêt, c’est ce qu’on a vu dans les pays qui sont passés par la guerre.

La souveraineté du pouvoir de l’Etat dilué

Le Cameroun a vendu à bas frais sa fierté sur la place internationale. Comment en sommes-nous arrivés là ?On ne va pas ici ressusciter la douloureuse page sombre de la profanation des ambassades du Cameroun à Paris et à Berlin, où les effigies du chef de l’Etat ont été copieusement profanées. On croyait que de telles dérives étaient tassées définitivement avec tout le tollé que ces actes ont suscité au Cameroun. Il n’en était malheureusement rien car la Brigade Anti-sardinard (Bas) n’avait pas encore assouvi toutes ses pulsions d’en découdre avec le sommet de l’Etat.

Par la suite, la Bas servira à Paul Biya, à Genève, une pièce de théâtre dramatique des plus impensables :la ruée vers ses quartiers à l’hôtel Intercontinental. Piqués par une irrévérence sans nulle pareille, ces Camerounais de la diaspora vont servir à celui qui incarne la puissance publique un affront des plus spectaculaires, qu’ils récidiveront quelques semaines plus tard en investissant à Lyon l’hôtel Meurice où séjournait Paul Biya.

Les compatriotes du « N’nom Ngui », survoltés, étaient à deux doigts de franchir le seuil de l’établissement hôtelier où résidait l’hôte de l’Etat français, en visite officielle. Cette scène fut vécue avec douleur au Cameroun surtout lorsque sur un plateau de débat, le modérateur s’adressa au chef de l’Etat avec si peu de courtoisie.

La respectabilité du pouvoir camerounais était si loin quand il plut à Emmanuel Macron de révéler devant les caméras du monde, dans une rencontre voulue fortuite avec l’activiste camerounais Calibri Calibro au Salon de de l’agriculture, qu’il avait exigé à Paul Biya de libérer Maurice Kamto comme condition sine qua non à sa venue en France. On ne pouvait mieux diluer la souveraineté du pouvoir d’un Etat ! Branlebas à Yaoundé !

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