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General News of Thursday, 29 April 2021

Source: Ouest Echos n° 1185

Cameroun : la popularité de Maurice Kamto jaugée aux obsèques de Soub Lazare

Les obsèques du seul et unique député du Mrc ont été presque confidentielles malgré la présence du Pr. Maurice Kamto. Le parti vit-il un reflux à l’Ouest ? Tentatives d’explications.

Les commentaires dans les cafés de Bafoussam et de Bandjoun étaient très critiques à l’endroit de la faible mobilisation observée lors des obsèques de l’Hon Soub Lazare, finalement porté en terre le 24 avril dernier dans le quartier Tsela de Bandjoun. Dans ces cafés où la politique constitue le menu des discussions entre personnes attablées, certains avaient du mal à comprendre l’évolution du parti qui reste majoritairement encore dans les cœurs des populations du coin. On s’étonnait alors de ce que le cortège de la dépouille et même du Président du Mrc se soit J’un et l’autre ébranlé dans la principale artère de Bandjoun sans susciter l’enthousiasme qu’on voyait avant.

A ce stade, plusieurs explications peuvent être avancées. D’abord celles liées à la personnalité même du défunt dont l’ancrage communautaire dans la région de l’Ouest était très faible. Sa popularité, il l’a faite ailleurs, notamment du côté de Douala où il a battu le pavé des rues et des hameaux de la commune de Douala 3e. Là bas, son visage et son nom n’étaient pas inconnus des grands groupes des électeurs.



En 1996, il avait d’ailleurs conduit la liste victorieuse du Sdf à la tête de cette commune. En raison des accords au sqmmet du parti du Chairman et certainement aussi pour donner des gages à ceux qui accusaient le Sdf d’avoir placé trop de Bamiléké à la tête des Mairies remportées à Douala (Douala 2e, Douala 3e, Douala 4e et Douala 5e), Soub Lazare allait finalement être débarqué de son poste de Maire de Douala 3e. Il s’en suivra son départ.





L’ancien tailleur qu’il était, n’ayant pas autant d’argent que les autres pour pouvoir acheter le soutien à sa cause de Nta-rikon à Bamenda. Tenace. Soub Lazare allait créer son propre parti* politique pour continuer son aventure politique. Nom de baptême de son parti : La Dynamique !

La Dynamique ? Ceux qui ont la mémoire doivent se souvenir que c’est bien ce parti de Soub Lazare qui allait finalement investir Albert Dzon-gang à l’élection présidentielle de 1997. L’ancienne coqueluche du parti au pouvoir sous le courant des Rénovateurs et Fondamentalistes » ayant finalement trouvé dans le parti de Soub Lazare, le cheval qui devait le conduire à Etoudi. L’aventure allait cependant tourner court. La suite étant autant tragique dans les rapports entre Soub Lazare et Dzongang Albert.



Le fait que les deux étaient originaires de Bahouan avait facilité leur coopération mais cela n’avait pas été suffisant pour les empêcher de se brouiller violemment. Le premier accusant le second d’avoir arraché son parti après cette collaboration. Le second quant à lui estimait avoir acheté la Dynamique dont il allait en faire par la suite son propre parti politique au nom duquel il allait poursuivre quelques aventures électorales.

Sans argent et sans atouts Soub Lazare allait rentrer dans les rangs et disparaitre des écrans radar. Sans argent et sans atouts, mais avec un flair politique remarquable. Voilà comment il allait sentir avant tout le monde, la montée en puissance du Mrc. Il rejoint Kamto et conduit la liste du Mrc dans la circonscription de Wouri Est à une époque où personne ne le voit venir. Au soir des résultats, il est élu député dans cette circonscription très disputée. Il sera d’ailleurs le seul député du Mrc de la mandature 2013-2020. Le seul d’ailleurs que ce parti ait eu puisque en 2020. Maurice Kamto allait opter pour le boycott en toute dernière minute.

Reflux ?

On l’a dit plus haut, très populaire dans la commune de Douala 3e et dans la circonscription de Wouri Est, H on Soub Lazare avait un ancrage communautaire très faible à l’Ouest.

L’une des illustrations est d’ailleurs que son enterrement ne s’est pas passé à Bahouan (où il aurait eu une dispute avec ses frères et où il n’avait pas d’espace à lui) mais plutôt chez son grand père maternel à Bandjoun où il a finalement pu s’installer. Peu connu dans ce point de chute, on peut comprendre que les populations ne se soient guère mobilisées pour l’accompagner à sa dernière demeure.

Pour autant, celui qui n’était pas très populaire dans le terroir de ses aïeux aurait quand même pu bénéficier des effets induits de la popularité de son parti et surtout du leader du Mrc qui a personnellement fait le déplacement de Bandjoun. A cette occasion, on a bien vu que Kamto n’était pas très entoure, à peine une poignée de cadres de son parti, conduits par le Régional Me Tassa André Marie et Me Nkengne Jean Jacques. Parmi les grands absents, on a cité Albert Dzongang dont il est difficile de dire que son absence tient à des empêchements pressants ou à la survivance de la rancune passée entre Soub Lazare et lui.



Au-delà de ces spéculations, il reste quand même que le Mrc traverse un très gros malaise à l’Ouest. Des voix se faisant de plus en plus fortes pour regretter le départ de l’ancien régional feu Kamdem Christophe dit » Impérial » qui avait su placer le Mrc sur son trend de croissance. Pour le remplacer. Maurice Kamto avait choisi la rupture plutôt que la continuité. Là où beaucoup voyaient la promotion d’un départemental prometteur comme celui du Haut Nkam, Me Samuel Fokam dans le Koung Khi ou encore Dr. Christian Fouelefack dans la Menoua. Maurice Kamto avait choisi de parachuter un avocat, représentant du Bâtonnier de l’ordre des avocats au moment des faits.

L’objectif étant sans doute d’intellectualiser un parti bâti à l’Ouest par un self made man commerçant mais à l’intelligence très pratique. En dehors de quelques » talibans » et autres esprits difficilement contrôlables qui allaient publier leur désapprobation sur les réseaux sociaux avant de les supprimer, le gros des militants allait opter pour la résignation et le fait accompli. Le prestige du Pr. Maurice Kamto étant suffisant pour étouffer toute contestation marquée de ce choix.

La suite c’est évidemment l’exclusion sous fond de règlement de comptes du départemental du Koung Khi et surtout, la démission du très populaire départemental de la Menoua, donnant à penser que la nouvelle administration régionale de Me André Marie Tassa avait choisi de faire des purges pour asseoir une autorité brinquebalante sur des cadres en désaccord avec le choix de la hiérarchie du parti.

Pour ne pas faciliter les choses, le style ronronnant et louvoyant dé Me André Marie Tassa, proche des notables des chefferies-et de leurs intrigues, n’a pas permis de construire autour de lui une équipe de combat. Le fait que Maurice Kamto passe inaperçu au cours d’une cérémonie populaire à l’Ouest doit être pris comme une sérieuse alerte. Dans son entourage, beaucoup avaient noté une démobilisation après sa décision spectaculaire de boycotter les élections locales de 2020. Seuls quelques excités comme Célestin Djamen.

Paul Eric Kingue et dans une certaine rfie-sure Me Michelle Ndocki avaient choisi de le critiquer dans la forme que l’on sait, mais dans la réalité, beaucoup l’ont fait hors micro. Le début d’un reflux malheureusement amplifié sur le terrain de l’Ouest par des luttes internes de contestation du sous chef régional que la hiérarchie du parti a imposé à ses militants.

Faute de pouvoir le dire dans les formes qu’on voit ailleurs, les militants du Mrc font le vide autour de la figure contestée de Me André Marie Tassa, plus qtfe jamais seul, ou presque, à accompagner Maurice Kamto dans ses descentes sur le terrain de l’Ouest.

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