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General News of Friday, 30 April 2021

Source: alwihdainfo.com

Cameroun : la politisation du GICAM en marche

La décision du Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM) de ne pas recevoir le ministre délégué à la Justice, sonne comme une défiance de plus envers le gouvernement.

Cela est inédit. Rarement au Cameroun, on aura vu le Groupement Inter-patronal du Cameroun (GICAM) prendre une position aussi tranchée. Le 16 avril 2021, l'organisation présidée par Célestin Tawamba a éconduit une délégation du ministère de la Justice. En effet, dans le cadre du dialogue public-privé instauré depuis des années, le ministre de la Justice était invité à Douala pour échanger avec le patronat. Mais, pour « une indisponibilité de dernière minute », Laurent Esso saisit le GICAM pour l’informer de son impossibilité à prendre part à la rencontre. C’est la raison pour laquelle, il décide de constituer une délégation conduite par le ministre délégué, Jean De Dieu Momo. Surprise : le GICAM refuse de recevoir ladite délégation, insistant sur le fait qu'il veut discuter avec le Garde des Sceaux en personne.

Le refus de la plus importante organisation patronale du Cameroun a évidemment soulevé de vives critiques. « Qui, mieux que le ministère de la Justice est habilité à prendre part aux discussions et rendre compte à sa hiérarchie des questions liées à la sécurité de l'environnement juridique des affaires ? », s'interroge Patty Bebe, jurisconsulte et entrepreneure. Pour elle, la position du GICAM « est très dommageable », d'autant plus que « le GICAM n'a pas refusé de recevoir le ministre Momo, la personne, mais Momo, l’institution, le ministère délégué à la Justice, garant des droits commerciaux des Camerounais ».

Une grande partie de l’opinion camerounaise estime que le président du GICAM a laissé prévaloir sa subjectivité vis-à-vis du ministre délégué. Jean De Dieu Momo est connu pour être un des premiers pourfendeurs d'un des principaux opposants camerounais, lequel serait très proche de Célestin Tawamba. « On ne comprend pas en effet que le GICAM décide subitement de ne pas recevoir un ministre délégué, alors qu'il l'a souvent fait par le passé. À plusieurs reprises, le Gicam a reçu le ministre délégué au MINEPAT », rappelle un journaliste. L’on invoque sa collusion avec une certaine formation politique qui a fait de la provocation institutionnelle sa profession de foi, pour expliquer ces attitudes devenues clairement de la défiance envers les institutions. Ce n'est en effet pas la première fois que le président du GICAM s'illustre dans ce chapitre.

En février dernier, alors que le directeur général des Impôts, Mopa Fatoing est en tournée à Douala pour expliquer aux acteurs économiques les enjeux des nouvelles réformes, Célestin Tawamba et le GICAM le boycottent. Ils ne seront pas présents à la rencontre. La fronde contre le DGI date de plus d'un an. Elle a d'ailleurs connu le summum en fin d’année 2020, lorsque Célestin Tawamba adresse une correspondance au président de la République pour demander le limogeage de Modeste Mopa Fatoing. Les rapports entre les institutions étatiques et le secteur privé n'ont pas toujours été une histoire de grand amour, mais l’ère Tawamba (réélu en décembre dernier), semble de plus en plus s’affirmer comme celle de la défiance. (Avec L’essentiel du Cameroun)