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Actualités of Thursday, 2 September 2021

Source: Le Jour

Cameroun : la crise anglophone impose sa loi dans les écoles

La crise anglophone impose sa loi dans les écoles La crise anglophone impose sa loi dans les écoles

Les écoles de la ville de Douala doivent faire face à la demande de plus en plus croissante dans les classes anglophones à cause de la crise dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du pays.

Les effectifs ont décuplé dans les établissements scolaires de la ville de Douala, dans les classes de sections anglophones depuis le début de la crise en 2016. A quelques jours de la rentrée scolaire, les écoles cherchent des solutions efficaces aux situations complexes de certains réfugiés, pour permettre aux enfants d’aller à l’école de manière normale : « depuis 2016 l’effectif de notre section anglophone a presque doublé. Heureusement, nous avions des salles de classes assez grandes pour satisfaire la demande.

Les enfants arrivent ici après avoir fait six mois ou parfois un an sans aller à l’école, nous sommes obligés de leur fournir des cours de remise à niveau pour qu’ils ne soient pas trop à la traîne » nous explique Cliforth Ngong, responsable de la section anglophone d’une école primaire de la ville de Douala. Certains élèves déplacés de la crise arrivent dans les grandes villes avec un souci majeur pour la bonne évolution de leur parcours scolaire, celui des pièces d’identité. En effet, étant partis de leurs régions d’origines à la hâte. Certains n’ont pas eu le temps d’emporter les papiers qui attestent de leur existence dans le système camerounais, certains même étant nés pendant la crise n’ont jamais eu ces papiers essentiels pour l’inscription dans une école : « les élèves arrivent chez nous sans une seule pièce d’identité, aucun carnet de vaccination, aucun bulletin de note parfois même ils n’ont pas d’actes de naissance.

Encore ce matin, nous avons eu un cas pareil, un enfant étant né en 2018 en zone de crise, ses parents n’ont jamais pu faire son acte de naissance. Il faut bien que cet enfant aille à l’école donc nous sommes obligés de faire des compromis pareils pour que l’enfant ait accès à l’éducation », affirme le directeur de l’école primaire La Socialisation Jean-Baptiste Mafo. Les parents réfugiés traversent également une crise économique sérieuse selon les responsables d’établissements. Ayant quitté les attaques des séparatistes sans travail fixe, les parents doivent se débrouiller pour payer une pension annuelle presque doublée par rapport à celle leurs villes d’origines : « ils sortent d’une zone ou les frais de scolarité sont plus bas et ils arrivent là où la scolarité est pesante.


Si nous ne faisons pas notre possible pour les aider, qui le fera ? Il y a même des cas que nous avons pris à notre charge complète car les parents n’avaient pas de quoi payer » vient conclure Jean-Baptiste Mafo. Depuis le début de cette crise en 2016, selon les études de l’Unicef, ce sont 80 pour cent des établissements qui ont été fermés et près de 860 000 enfants déscolarisés dans le Nord-Ouest et le SudOuest du Cameroun.

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