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General News of Tuesday, 6 October 2020

Source: lavoixdesdecideurs.biz

Cameroun : la commission nationale du bilinguisme au bord de l'explosion

Depuis quelques temps, l’atmosphère apparaît insipide à la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et le multiculturalisme (Cnpbm). Les regards avisés y perçoivent comme des relents de discordes qui peinent à leur être masqué. C’est du moins ce que rapportent des sources dignes de foi.

Des sources concordantes révèlent de sérieuses incompréhensions qui se dégagent entre le Secrétariat général et les membres de la Commission. Ces mésententes, véritables incommodités contribueraient à la détérioration des rapports au sein de l’Institution qu’ils ont en partage.

Le pouvoir des textes

Les tensions seraient la résultante du texte organique de la Cnpbm, qui confère beaucoup de pouvoir au Secrétaire général. Des prérogatives qui sont contenues à l’article 12 du Décret N° 2017 / 013 du 23 juin 2017. Décret portant création, organisation et fonctionnement de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et le multiculturalisme.
De ce fait, le Secrétaire général userait tous azimuts de ce champ, sans consulter le Conseil d’administration, pour avis. Du fait que l’article 11 en son alinéa 3 prévoit qu’ « il exerce ses fonctions sous l’autorité du président de la Commission.»

Une telle situation a contraint certains membres à décider de ne plus se retrouver que pendant les moments de session. Ils préfèrent ainsi vaquer à d’autres occupations plus personnelles. S’occupant ainsi aux activités socioéconomiques telles que l’agriculture, l’élevage, la pisciculture et l’aquaculture, le pressing, les travaux publics, voire le culturel entre autres.

La crise qui se vit actuellement au sein de la Commission pour la promotion du bilinguisme et le multiculturalisme, à en croire nos sources, est due à une manifestation des égos. Egos surdimensionnés ? La question suscite une profonde réflexion qui elle-même aboutit à un constat pour le moins embarrassant. Il s’agit là des tensions qui mettent aux prises des personnalités de renom. Pour la plupart, des anciens hauts commis de l’Etat, qui ont habituellement servis à de très hautes fonctions. Et donc habitués au service public à divers échelons, l’on se serait attendu à une plus grande synergie. C’est du moins ce que regrettent certaines langues qui se sont déliées dans cette institution.

Machine administrative en attente

Selon nos sources, il est reproché au Secrétaire général de la Cnpbm de retarder la mise en place totale de la machine administrative. Ainsi, l’opérationnalisation des directions prévues dans l’organigramme reste en travers la gorge des membres du Conseil d’administration. Interrogé sur la question, le Secrétaire général, Dr Chi Asafor indique que le processus est en cours.


« L’organigramme de la Cnpbm a été déjà adopté et les différentes unités créées. Mais il faut procéder à la formation et la contractualisation définitive du personnel avant leur responsabilisation. La Cnpbm est une institution en cours de mise en place et il y a beaucoup de critères à remplir avant la responsabilisation du personnel… » Mais pour combien de temps durera ce processus d’accomplissement de l’institution en charge du bilinguisme et du multiculturalisme ? Le Sgcnpbm indique que « l’institution s’y attèle et en temps utile, les décisions appropriées seront prises dans ce domaine ».

Dans la même veine, la signature de contrats du personnel et des agents constitue un grief à la Commission Musonge. Il est critiqué le recrutement des détenteurs de Masters et des brevetés des études du premier cycle, dans le méli-mélo de la catégorie 9. La responsabilité semble pourtant déterminée, à en croire le Dr Chi Asafor Cornelius.

« Le Secrétaire général est chargé de la gestion du personnel. Il établit le plan de recrutement. Le président est compétent pour les recrutements jusqu’à la 9ème catégorie et le board est chargé de l’approbation des recrutements des cadres à partir de la 10ème catégorie, sur la base du plan de recrutement ».

Besoin d’espace


Quant à la problématique du manque de bureau dont certains membres du Conseil d’administration et même certains personnels souffriraient, le Sg / Cnpbm indique en anglais que « The Members of the Commission haves offices depending on the space made available to the Commission. In addation, the Commission has a meeting room available on request or on scheduling». Ce qui traduit du fait qu’à la Cnpbm, pour le moins sur le site actuel, le déficit en locaux est criard. Par conséquent, de sources proches du Secrétariat général indique qu’une action a été engagée auprès des instances supérieures pour l’amélioration des conditions de travail du personnel.

Dr Chi Asafor Cornelius, Sg de la Commission


« L’organigramme de la Cnpbm a été déjà adopté et les différentes unités créées. Mais il faut procéder à la formation et la contractualisation définitive du personnel avant leur responsabilisation. La Cnpbm est une institution en cours de mise en place et il y a beaucoup de critères à remplir avant la responsabilisation du personnel… »


Les mêmes sources précisent qu’il a été sollicité 07 niveaux de l’aile occupée par la Commission à l’Immeuble Emergence. La Commission nationale pour le bilinguisme et le multiculturalisme n’en a reçu que 03 sur l’actuel site. « La Commission a ainsi procédé à des négociations avec la direction de l’immeuble Don Bosco qui est situé juste en face, pour rentrer en location de certains bureaux, afin de tenter de pallier à ce déficit fort incommodant. » A-t-on appris d’une source proche du Secrétariat général ayant requis l’anonymat.

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Parmi les motifs de la crise au sein de la Cnpbm, il revient des incompréhensions voire des mésententes dans la gestion de certains dossiers. Tel est le cas d’un contrat « tacite » signé avec le Garage Cris Auto pour la réparation des véhicules de fonction de la Commission. Le Sg Dr Chi Asafor Cornelius qui ne nie pas la passation de ce contrat à l’entreprise Cris Auto fait des précisions. « Un contrat d’entretien a bel et bien été signé entre la Cnpbm et le garage “Cris Auto” pour l’entretien courant des véhicules de la Cnpbm. Il s’agit d’un acte courant de gestion qui relève de la compétence du Président de la Commission ».

Il apparaît donc selon cette assertion du Sg /Cnpbm que les décisions prisent dans ce dossier émanent de la volonté du Président de la Commission. Quoique malheureusement, selon le Dr Chi Asafor Cornelius, «les termes de ce contrat constituent la loi des deux parties et n’ont pas besoin d’être diffusés aux tiers ».

Avec des termes de contrat à la diffusion restreinte, et une responsabilité du président de la Commission déterminée dans la gestion courante de la Cnpbm, il se pose le problème de l’implication des autres membres de la Commission. En cela, le Secrétaire général est péremptoire « Les membres n’ont pas à s’immiscer dans la gestion quotidienne de l’Institution. Cela ne relève pas de leurs attributions et le texte organique de l’Institution est assez clair à ce sujet ».

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