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General News of Thursday, 19 November 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : 'la bastonnade des avocat doit vite être oubliée'

'La bastonnade des avocat doit vite être oubliée' 'La bastonnade des avocat doit vite être oubliée'

C’est le rapport de la représentante du bâtonnier pour le Littoral qui a guidé la session extraordinaire du Conseil de l’Ordre des avocats au barreau du Cameroun tenue le 13 novembre 2020.

Il établit qu’au terme d’une audience du tribunal de première de Douala-Bonanjo le 10 novembre, « une escouade des éléments du Groupement mobile d’intervention (GMI) lourdement armés et des gendarmes ont fait une irruption intempestive dans la salle d’audience où se trouvaient encore des avocats en robes et ont entrepris de brutaliser ces derniers à grand renfort de matraques et bombes lacrymogènes ».

Cette intervention musclée, poursuit le rapport, a entrainé des blessures chez plusieurs avocats, « au motif plus tard entendu que ces avocats se seraient opposés au retour à la prison de New-Bell des prévenus, eux-mêmes avocats au barreau du Cameroun, poursuivis pour des faits présumés de complicité d’outrage à magistrat et escroquerie ».

Pour le Conseil de l’Ordre, ces faits, abondamment relayés sur les réseaux sociaux, « portent gravement atteinte à l’image, à l’honorabilité et à la sacralité de l’institution judiciaire », tout comme ils entament « l’intégrité de la profession d’avocat dans son cadre privilégié d’exercice professionnel ».



Et de manière logique, le Conseil de l’Ordre « condamne fermement l’intrusion inadmissible et intolérable des forces de police en tenue de combat dans le sanctuaire que représente une salle d’audience dans un palais de justice, ainsi que les violences et traitements inhumains et dégradants perpétrés sur des avocats se trouvant dans cette salle d’audience au moyen d’armes blanches de toutes sortes ».

En guise de représailles, il « exige contre les auteurs intellectuels et opérationnels préalablement identifiés de ces actes barbares des sanctions exemplaires, sans préjudice des poursuites judiciaires que le Barreau se réserve d’engager contre ceux-ci ». A l’encontre des avocats concernés par les poursuites judiciaires à l’origine de ces incidents, le Barreau a juste décidé de l’ouverture d’une enquête déontologique sur les faits ayant entrainé l’ouverture de la procédure judiciaire. Le bâtonnier est chargé de veiller au dénouement serein de ce procès.

Cette dernière résolution irrite une source judiciaire, qui la taxe de corporatisme dans la mesure où elle s’abstient de condamner les déviances des deux avocats placés sous mandat de détention provisoire à la prison centrale de Douala « pour outrage à magistrat, tentative de corruption et escroquerie ». Celle-ci ne s’explique pas que le Barreau fasse peu de cas que c’est la mobilisation de près de 500 avocats en faveur de la libération immédiate de leurs confrères qui est à l’origine de l’intervention des gendarmes et des policiers. Car certains hommes en robe sont allés jusqu’à s’opposer à leur retour en prison, bloquant au passage les autres audiences.

Prenant position dans ce débat qui s’enflamme, Michel Ange Angouing, magistrat hors-hiérarchie ayant servi à Douala qu’il assimile à un chaudron, préfère couper la poire en deux. “Qui, mieux que l’avocat, connaît le respect dû aux cours et tribunaux ! Qui, mieux que l’avocat, sait que nul n’a le droit de se rendre justice ! Qui, mieux que l’avocat, sait que la loi pénale s’impose à tous ! De meme, qui mieux que le magistrat sait que l’avocat est un partenaire incontournable qui mérite d’être traité avec délicatesse ! Qui mieux que le magistrat sait que l’avocat aide le juge dans la recherche de la vérité !”, note le conseiller technique du ministre de la Justice.

Qui tranche en fin de compte : « Les incidents survenus le mardi 10 novembre 2020 au palais de justice de Douala Bonanjo, que je refuse de décrire ou de décrypter par décence, doivent rapidement être oubliés. Ils n’honorent ni la justice ni les acteurs de la justice et désacralisent ce temple où se disent le droit et la vérité ».

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