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Actualités of Wednesday, 7 July 2021

Source: www.camerounweb.com

Cameroun : l’Assemblée nationale éclaboussée par un scandale de détournement

• Plus de 400 millions seraient détournées

• L’Assemblée nationale réclame la transparence dans l’affaire

• Plusieurs personnes sont épinglées



En attendant la présentation officielle du rapport d’audit de la Chambre des Comptes sur la gestion du fonds spécial Covid-19, les parlementaires tentent de voir clair dans les finances de l’Assemblée nationale. Plus de 400 millions seraient détournés par les questeurs de l’hémicycle. L’information a été rapportée par Boris Bertolt.

« La tension est vive à l’Assemblée nationale du Cameroun. Les questeurs sont accusés d’avoir détourné des centaines de millions Fcfa. Le bureau de l’Assemblée Nationale accuse les questeurs d’avoir géré les budgets depuis plusieurs années sans rendre compte. A la suite d’une investigation menée par le secrétariat général, un trou d’environ 400 millions f cfa aurait été enregistré. », a révélé le lanceur d’alerte.

Une des personnalités incriminées dans cette affaire, jouit d’une triste réputation à en croire Bertolt. En effet Pauline Ndoumou, serait licencié en 2005 de Feicom pour faux diplôme et ferait partie d’un réseau de proxénétisme.

« Parmi les trois questeurs, un nom est principalement cité : Pauline Ndoumou . Cette dernière avait déjà été Licenciée en 2005 au Feicom pour faux diplôme. Avant le Feicom , son nom avait été dans le réseau de proxénétisme à Yaoundé », précise la source.

Voici pourquoi le rapport d’audit a été mené par la chambre des comptes de la Cour suprême

L’indépendance de la Chambre des comptes a justement été le facteur déterminant pour le gouvernement. «Pour nous, il n’y a pas plus indépendants que les magistrats», avait tranché Louis Paul Motaze pour justifier le choix de cette chambre pour mener le rapport d’audit sur la gestion du Covid-19. Créée en 1996 à la faveur de la révision de la Constitution du 2 juin 1972, puis mise en place en 2003, la Chambre des comptes de la Cour suprême jouit en effet d’une très bonne réputation au Cameroun, apprend-on. Ses différents rapports annuels sur les comptes de l’Etat ne font jamais (ou très rarement) l’objet de contestation.

De quoi renforcer son rôle d’assistant de l’Exécutif et du Législatif. Un rôle qui cadre bien avec les directives Cemac élaborées en 2011 et qui précisent désormais le statut de la juridiction financière au sein de la Communauté économique et monétaire. Ainsi donc, l’article 72 de la Directive relative aux lois des Finances par exemple dispose que le contrôle juridictionnel des opérations budgétaires et comptables des administrations publiques est assuré par une Cour des Comptes qui doit être créée dans chaque Etat membre. «Cette Cour des Comptes est une juridiction, et ses membres ont le statut de magistrat. Elle est indépendante par rapport au gouvernement et au Parlement et autonome par rapport à toute autre juridiction. Elle décide seule de la publication de ses avis, décisions et rapports. Elle est l’Institution Supérieure de Contrôle de chaque Etat ».

En clair, cette juridiction ne doit pas être inféodée dans une autre juridiction. Elle est chargée : du contrôle et jugement des comptes de gestion des comptables de l’Etat, des Collectivités Territoriales Décentralisées et des établissements publics administratifs ; de l’élaboration des rapports d’observations sur les comptes des entreprises du secteur public et parapublic ; du conseil et assistance aux pouvoirs publics notamment par l’avis sur la loi de règlement avec déjà un embryon de l’évaluation des administrations, les fora et les rencontres permanentes avec l’Assemblée nationale, le Sénat et le ministère des Finances ; la certification des comptes de l’Etat etc. Ses attributions ont été élargies à la faveur de la réforme du régime financier de l’Etat il y a trois ans.