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Actualités of Tuesday, 13 July 2021

Source: Kalara

Cameroun/héritage : ramené du village il y a 25 ans, il veut ‘tuer’ sa bienfaitrice

Ramené du village il y a 25 ans, il veut ‘tuer’ sa bienfaitrice Ramené du village il y a 25 ans, il veut ‘tuer’ sa bienfaitrice

Véronique, la soixantaine sonnée, a vu son monde envahie par Apollinaire, un jeune homme, qui elle a offert son hospitalité en 1996 en le faisant partir du village pour venir vivre chez elle. En effet, la dame a saisi le tribunal de premier degré de Yaoundé d'une plainte dressée contre son ancien hôte qui se réclame fils légitime de son défunt époux. Apollinaire estime avoir droit à l'héritage légué par le défunt mari de sa tutrice au même titre qu'elle. L'affaire a été appelée le 7 juillet 2021.

De corps et voix tremblants, Véronique avait de la peine à expliquer clairement la situation qu'elle vit actuellement. Elle affirme être sortie de l'hôpital où elle y a passé deux semaines suite ç un choc émotionnel dont elle a été victime suite à ce litige qui l'oppose à son "fils". Dès l'entame de son témoignage, la dame a été prise d'émotion et a sollicité un report d'audience. " Je ne suis pas à mesure de venir à bout de mon témoignage car je crains de m'évanouir", a-t-elle déclaré. Le juge a accédé à sa demande et renvoyé l'affaire au 6 août 2021.

Cauchemar

Approchée à la sortie de la salle d'audience pour comprendre cette affaire, Véronique a expliqué au reporter de Kalara qu'elle est envoutée par Apollinaire. Selon elle, l'homme qu'elle a hébergé et nourri pendant 25 ans est devenu son pire cauchemar parce qu'elle est la proie et la principale cible du mis en cause qui réclame sa quote-part dans l'héritage que lui a laissé son défunt époux. Elle raconte que son fils est constamment au village et fréquente des marabouts d'où son impression d'être envoutée par le jeune. Elle affirme que ce dernier aurait enterré une chèvre au village symbole de pratique occulte. Véronique déclare ensuite qu'elle fait des rêves dans lesquels elle est pourchassée par un homme dont elle ne voit pas le visage.

Véronique raconte que c'est en 1996 qu'elle a adopté Apollinaire quittant du village pour s'installer à Yaoundé dans la maison qu'elle occupait avec son défunt époux. Le jeune garçon est le fils d'une cousine à elle et n'avait alors que 10 ans à cette époque. Il faisait le bonheur du couple qui s'est marié depuis plusieurs années mais n'a pas eu d'enfant. Elle affirme avoir pris en charge la scolarité d'Apollinaire jusqu'à l'obtention de son baccalauréat. Selon la dame, c'est une pratique habituelle de sa culture qui implique au couple n'ayant pas eu d'enfant d'adopter un ou de recueillir un ou plusieurs enfants chez eux pour que celui-ci ou ceux-ci stimulent et boostent leur chance d'en avoir. Malgré cela, elle n'est pas parvenue à avoir un enfant issu de des entrailles. Néanmoins, elle dit avoir continué à aimer et s'occuper d'Apollinaire comme si c'était son propre fils.

Héritage

La plaignante relate avoir offert à l'enfant, une atmosphère paisible en le mettant à l'abri de tous problèmes de couple à chaque dispute. Elle souligne que malgré les intempéries que traversait son foyer, le coupe est resté solide n'eut été la mort de son époux survenu en 2015 suite à une longue maladie qui, après l'avoir secoué pendant plusieurs années a eu raison de lui. Elle révèle qu'après le décès de son époux, Apollinaire a changé de comportement. Ce dernier a commencé à rentrer saoul à la maison et à des heures tardives. En 2018, il a définitivement quitté le domicile pour s'installer ailleurs. Elle ne le reverra qu'en 2019, lorsque cette affaire déclenche.


Véronique déclare que son époux a laissé derrière lui une fortune composée de plusieurs lopins de terrains, maisons en location et une somme considérable dans son compte bancaire. C'est ce patrimoine qui est à l'origine des disputes entre elle et son fils. Selon elle, Apollinaire a commencé à réclamer un droit à l'héritage et face à son refus, il aurait usé de manœuvres pour sceller le compte bancaire de son défunt époux. Elle explique que par ailleurs le mis en cause ne détient aucun document qui le rattache à sa famille et qui justifierait qu'elle partage les biens avec lui. Son acte de naissance est dressé au nom de ses parents biologiques et dit s’être opposée au partage de bien sollicité par Apollinaire.

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