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General News of Friday, 11 December 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : doutes sur les capacités de Kamto à mener la lutte sans ses lieutenants

Elle ne ferait que commencer. Pendant ce temps, des cadres et militants ou sympathisants du Mrc sont toujours en prison.


Le président du MRC Maurice Kamto est libre de ses mouvements. Le gouvernement a décidé mardi de lever le blocus autour de sa résidence. C’est quelques jours après la tenue des élections régionales contestées par l’opposant il y a un peu plus de deux mois. Les policiers et gendarmes déployés aux entrées menant à la résidence de Maurice Kamto et devant les portes de celle-ci ont été invités à lever le siège.

Ils étaient en permanence une vingtaine, et souvent un peu plus, qui se relayaient jour et nuit depuis plus de deux mois pour empêcher Maurice Kamto de se mouvoir hors de sa maison. Ainsi assigné à résidence de fait, toutes les visites à l’opposant étaient filtrées et la plupart interdites.



Maurice Kamto ne recevait que ses avocats et quelques fois des membres de sa famille. Cette mise en résidence surveillée avait commencé le 20 septembre 2020, deux jours avant les marches auxquelles l’opposant avait appelé à protester contre la convocation des élections régionales, demander la fin du conflit dans les régions anglophones et le départ du pouvoir du président Paul Biya. Qualifiées d’insurrectionnelles, ces manifestations avaient été réprimées par le pouvoir et entraîné des interpellations et incarcérations de plusieurs militants du MRC.

Malgré ces tirs à boulets rouges, le régime de Yaoundé a tout de même organisé le tout premier scrutin électoral de cette nature. En effet, les élections régionales se sont finalement tenues le 6 décembre « sans incident majeur », selon le gouvernement. Et c’est au terme du processus, le 9 décembre dernier, après la proclamation des résultats, que le pouvoir a donc décidé de desserrer l’étau autour de son principal opposant. Dans la foulée, il convient d’indiquer que le cas Kamto reste en examen selon les termes d’un communiqué du ministre de la Communication publié mardi.

Résistance
A peine « libéré », Maurice Kamto a déjà annoncé que le combat va se poursuivre. Il multiplie des déclarations tonitruantes. « Même mamort ne fera pas disparaître les problèmes du Cameroun », a-t-il par exemple soutenu récemment.

Le leader du MRC dit vouloir continuer le combat pour le changement du pays. « Je vais continuer à animer plus que jamais mon parti politique, le MRC. On a voulu le décapiter en envoyant nombre de ces cadres en prison. Mais ils sont encore nombreux ceux qui sont libres et on va travailler parce que notre option demeure la même : changement dans la paix et par les urnes et ça se travaille. », a-t-il déclaré.

Selon l’opposant camerounais, ce qui est en jeu c’est la lutte pour la liberté, la justice dans le pays. Mais aussi le retour de la paix dans les régions qui sont troublées et surtout la modernisation du Cameroun. Afin que « ce pays puisse donner à ses citoyens la chance de vivre au niveau où ils peuvent vivre en raison des ressources. »

Le cauchemar du pouvoir A ce propos, le président du mouvement pour la renaissance du Cameroun s’est toujours illustré par des actes de défiance. Ses malheurs commencent justement au lendemain de l’élection présidentielle du 7 octobre 2018. Maurice Kamto avait annoncé avoir « marqué le pénalty ». Un « but » très mal digéré par le pouvoir de Yaoundé puisque le ministre de l’administration territoriale a aussitôt réagi en indiquant que « marquer » le pénalty ne signifie pas avoir gagné le match. Il a été suivi dans cet élan par les caciques du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) au pouvoir.

Peu de temps après, le 29 janvier 2019, le leader du Mrc a initié « les marches blanches » en vue de dénoncer « le hold-up électoral » de 2018. Celles du 2 février de la même année n’ont plus eu lieu. Même en prison, Maurice Kamto a perturbé la quiétude du régime de Paul Biya. Le 02 juin 2019, ses partisans sont descendus dans la rue. Près de 500 personnes, dont le vice-président Mamadou Mota, ont été arrêtées. Comme si cela ne suffisait pas, Maurice Kamto revient à la charge en annonçant une autre revendication pacifique pour le 22 septembre.

Même si quelques villes ont connu une certaine mobilisation, la Capitale politique, Yaoundé, et d’autres régions étaient plutôt calme : le dispositif sécuritaire était de nature à dissuader même les plus teigneux. La journée du 06 octobre a également été indiquée pour une éventuelle contestation. A ce jour, le trésorier national Alain Fogue Tedom, et le porte-parole de Maurice Kamto, Olivier Bibou Nissack, sont entre les mains de la justice.

Comme quoi, Maurice Kamto ne veut pas laisser Paul Biya et ses hommes au repos.

Au regard de ces faits qui portent à croire que le combat, pour le leader du Mrc, n’est pas terminé, les questions suivantes ont été posées aux experts dans le cadre du traditionnel dossier de la semaine : Quel avenir politique pour Maurice Kamto après près de 80 jours de blocus ? Va-t-il cesser d’être une menace pour le régime en place ? Il prétend que son combat va se poursuivre. Avec ses principaux lieutenants en prison, quel pourrait être le sort de ce combat ? Maurice Kamto peut-il tenir face à la rage de Paul Biya d’étouffer toute velléité de contestation ?

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