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General News of Thursday, 10 December 2020

Source: africa.la-croix.com

Cameroun : des guides religieux s’expriment sur les élections régionales

Au Cameroun, les élections régionales ont eu lieu dimanche 6 décembre. Le monde religieux du pays donne son avis sur la première édition de ce scrutin prévu dans la Constitution.

Les conseillers municipaux et les chefs traditionnels du Cameroun – qui constituent le collège électoral des élections régionales au Cameroun tel que le prévoit la Constitution de ce pays d’Afrique centrale– étaient aux urnes ce 6 décembre 2020. Il s’agissait, pour eux d’élire les conseillers régionaux des dix régions que compte le Cameroun.

Sollicités par La Croix Africa, des guides religieux de diverses confessions se sont exprimés sur ce scrutin. Pour le pasteur Isidore Wane de la Fédération des Églises luthériennes du Cameroun, modérateur paroisse de Mimboman à Yaoundé, ce scrutin revêt un intérêt capital. «?il s’agit d’un rendez-vous électoral qui était attendu depuis 1996, lors de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution du Cameroun, précise-t-il. Notre pays a besoin d’un État décentralisé avec des régions qui ont plus d’autonomie et prennent en main leur développement?».

Quelques jours avant la tenue de cette élection, le cardinal Christian Tumi, archevêque émérite de Douala estimait que?: «?rien de moins que le fédéralisme ne va réussir à stabiliser le Cameroun?». L’ancien archevêque de Douala, se fondant sur la situation de crise que vivent les régions anglophones du Cameroun depuis 2016, avait ajouté d’un ton plus nuancé?: «?Il doit y avoir une certaine autonomie pour le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, comme c’était le cas lorsque nous étions un pays fédéral. C’était une époque dans notre pays où nous n’avions pas de problèmes?». Selon le cardinal Tumi, «?un système fédéral devrait contribuer à mettre fin à la crise anglophone qui a fait plus de 3 000 morts et 700 000 déplacés?».

Décentralisation
Certains laïcs catholiques ont durement critiqué ce scrutin. C’est le cas de Joshua Osih, qui a critiqué la tenue des élections régionales du 6 décembre 2020, «?les revendications anglophones vont au-delà de la décentralisation, tranche-t-il. Les gens veulent prendre soin de leur territoire?». Même avis pour l’imam Ousmane Bosha, de la mosquée de Tiko dans la région du sud-ouest du Cameroun?: «?si la tenue des élections régionales vise, pour le gouvernement, à mettre en place la décentralisation du Cameroun, il y a lieu de se dire que ce sera difficile de calmer les anglophones, commente-t-il. Ceux-ci estiment que depuis la fin du fédéralisme au Cameroun en 1972, ils sont marginalisés au Cameroun. Nous prions Allah, le Très miséricordieux, et le Très Clément de jeter un regard sur le Cameroun au lendemain de la tenue de ces premières élections au Cameroun.?»

Dans la région de l’ouest du Cameroun, les chefs traditionnels ont, dans un premier communiqué, exigé le retour de la paix dans les régions anglophones avant le déroulement du scrutin. L’élite gouvernementale originaire de l’Ouest est descendue sur le terrain pour les rencontrer et ils sont revenus à de meilleurs sentiments.

A lire : Le cardinal Tumi appelle le président Biya à «déclarer l’amnistie»

«?Au cours de cette élection, on a eu le sentiment qu’il y a eu corruption de certains chefs traditionnels, et cela n’est pas de bon augure pour la démocratie et le retour à la paix au Cameroun?», explique le père Philippe Kahake, prêtre du diocèse de Bafoussam. «?Il faut savoir que c’était une élection sélective qui ne concernait pas tous les Camerounais. C’est pour cela qu’il n’y a pas eu trop d’engouement. Le gouvernement était un peu fébrile. On se demande pourquoi il a fallu absolument organiser ces élections alors qu’il y a la guerre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest?». Pour ce prêtre, «?les Camerounais doivent tous s’asseoir et se regarder dans les yeux, discuter ensemble à la même table pour qu’il y ait un retour à la paix au Cameroun?». «?Dans le contexte actuel, j’ai le sentiment que ces élections vont plutôt diviser les Camerounais?», ajoute-t-il.

Pour les élections régionales
Certains guides religieux sont tout de même favorables à ce scrutin régional. C’est le cas du pasteur Mbollo Mbassy Jamot, de l’Assemblée Chrétienne Témoins du Christ du Cameroun, une Église pentecôtiste. «?Les élections régionales sont une bonne chose, en ce sens qu’elles permettent aux uns et autres de poser des actes qui apaisent et de travailler pour l’amélioration des conditions de vie des populations?». «?Mais il fait savoir que la paix est d’essence divine, précise-t-il. Et les hommes politiques doivent avoir en eux la crainte de Dieu. Sans crainte divine, il est difficile d’apporter la paix aux populations?».

Selon les différentes tendances, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais, le parti du président Paul Biya, au pouvoir depuis 38 ans, aurait gagné 9 régions sur 10 que compte le Cameroun.

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