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General News of Tuesday, 2 February 2021

Source: Kalara

Cameroun : comment deux femmes ont soustrait frauduleusement 117 millions chez SBC

Les fonds supposés volés étaient ponctionnés des comptes régulièrement ouverts dans les livres de la Société camerounaise de banque pour être virés et décaissés frauduleusement par d'autres personnes sans ordre de virement ni procuration. L'accusée principale a décidé de garder le silence pour sa défense. Yvane Mara Koum Dissake, ex-employée de la société camerounaise de Banque (SCB) a décidé de ne faire aucune déclaration pour sa défense dans le cadre du procès qui l'oppose depuis 2018 à son ancien employeur devant le Tribunal de grande instance du Mfoundi.

Poursuivie pour complicité d'abus de confiance aggravé avec Mem Ndebu epouse Amvella Marie, une ancienne employée de la CBC, elle refuse de donner sa version des faits d'après l'article 336 (b) du code de procédure pénale. C'est tout le contraire de sa compagne d'infortune qui clame son innocence. Incarcérées à la prison centrale de Kondengui depuis bientôt trois ans, les deux dames ont comparu le 14 janvier 2021 en audience publique pour l'ouverture des débats de leur procès. Lequel n'a pas pu se poursuivre malheureusement deux semaines plus tard pour des raisons encore inconnues. Il est reproché à Yvane Mara Koum Diassake et à Mme Amvella Marie Marcelle d'avoir organisé le décaissement frauduleux d'une somme d'environ 117 millions de francs à la SCB à travers des paiements aux guichets au profit de plusieurs comptes, notamment celui dit " des enfants Amvella".

C'est Mme Amvela qui mouvementait ledit compte. En l'espace de quelques semaines au moment des faits incriminés, ce dernier aurait par exemple reçu tout seul, et de façon illicite le gros pactole. Soit la somme de 151,5 millions de francs. Le mécanisme que les deux dames sont accusées d'avoir mis en place aurait pu se poursuivre plus longtemps si un incident de parcours n'était pas venu alerter la banque. Selon l'accusation qui a commencé à dérouler sa verson des faits à l'audience du 14 janvier dans une salle sombre qui a obligé le collège des juges à faire usage des lampes de leurs téléphones portables, le pot aux roses est découvert suite à une dénonciation faite le 16 mars 2018 par une cliente Mme Ngoleo Marie Noelle. Cette dernière déclare alors à son banquier avoir reçu dans son compte un virement inattendu d'un montant de 12 millions de francs dont elle ignorait totalement l'origine. L'enquête immédiatement ouverte et menée par le service d'audit interne de la SCB va pointer Yvane Mae Koum Dissake comme l'auteure du virement suspect. L'audit mettra aussi en évidence de nombreuses autres transactions du même types effectués entre le 13 février et le 08 mars 2018. L'employée de la SCB aurait inspiré dans sa besogne sa supposée complice Mme Amvella Marie dont le compte des enfants aurait été destinataire de l'essentiel des virement frauduleux.


Zones d'ombre

Sélectionnés dans une liste de six témoins de la banque dont deux seulement ont été retenus par le tribunal pour les besoins du procès, Mme Motto Ndoumbe Cathérine a été interrogée le 14 janvier par le représentant de l'Etat. Inspecteur en service à la SCB, elle faisait partie de l'équipe de l'audit interne ayant mené les recherches approfondies sur cette affaire après son déclenchement. L'auditrice raconte que leur enquête avait identifié 18 virement frauduleux effectués par Mme Dissake en marge de la réglémentation bancaire. Selon le témon, le mode opératoire utilisé par cette accusée consistait à virer les fonds dans ue chaine de comptes. Ainsi, chaque compte bénéficiaire d’un virement effectuait à son tour un mouvement dans un autre compte jusqu'au décaissement en faveur des personnes autres que les titulaires des comptes initiaux. D'après Cathérine Motto Ndoumbe, pour qu'un virement se fasse d'un compte à un autre, il faut absolument que le client qui autorise ledit virement dépose un ordre de virement. Ce dernier doit ensuite être identifié par l'agent qui le reçoit et s'assure que la signature apposée sur l'ordre de virement est celle déposée par le client. (...)

Le témoin précise néanmoins que "les pièces justificatives des retraits effectués aux guichets ont été retrouvés". Mme Cathérine Motto Ndoumbe met par ailleurs sur le dos de Mme Koum Dissake l'ouverture d'un compte bancaire le 15 février 2018 en l'absence d'un dossier mais aussi en l'absence des procurations délivrées aux personnes ayant décaissé les fonds litigieux.

Dans la suite de son récit, le témon précise que les fonds distraits étaient puisés des comptes dormants approvisionnés, c'est à dire des coptes qu n'ont enregistré aucun mouvement sur une longue période. Ce sont ces comptes qui ont été vidés au profit notamment du compte des enfants Amvella. Pour le témon, aucune explication ne peut etre donnée pour justifier les opérations décriées en l'absence de pièces qui devraient les accompagner.

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