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General News of Wednesday, 28 April 2021

Source: Journal Du Cameroun

Cameroun : ces milliardaires en détention qui coûtent cher à l'Etat

L’univers carcéral camerounais compte de nombreuses anciennes hautes personnalités, qui sont traitées de manières différentes. Pendant que d’importantes sommes sont dépensées pour les évacuations sanitaires à l’étrangers de quelques-uns, d’autres sont abandonnées à la charge de leurs familles.

L’Etat est essoufflé par les coûts d’hospitalisation des prisonniers. L’information est du journal Kalara. L’Hôpital Central de Yaoundé, l’Hôpital général et le Centre hospitalier de la CNPS croupissent sous les factures impayées par le trésor public des soins administrés aux prisonniers. Une situation qui pousse ces formations hospitalières à se faire payer par les malades au mépris des dispositions légales.

A propos de la santé des détenus, le cas le plus emblématique reste celui du Prof Gervais Mendo Zé dont les obsèques ont eu lieu samedi dernier, près de Sangmelima. Peu avant son décès, les images vidéo de l’ancien DG de la CRTV mourant, pesant à peine 50 kg, se faisant nourrir comme un bébé a fait le tour du monde. En faisant fuité ces images, l’activiste David Eboutou et la famille de nucléaire de Gervais Mendo Zé espéraient une évacuation sanitaire en Europe. Une magnanimité de l’Etat qui n’est jamais venu.

Hors, le guide des règles Mandela éditées par les Nations unies est ratifié par le Cameroun est formel : « L’État ayant la responsabilité de ceux qu’il prive de liberté, il doit fournir des soins de santé en prison, et ceux-ci doivent être de même qualité que ceux dispensés dans la société. Dans le cadre des bonnes pratiques, les soins de santé en prison doivent être organisés en relation étroite avec les services généraux de santé, pour faciliter notamment la continuité des soins. Les Règles détaillent en quoi doivent consister les services de soins de santé en prison, y compris pour les enfants séjournant en prison avec leur parents ». (Règles 24-29, 31)

Hors dans les faits, la prise en charge des détenus au Cameroun est discriminatoire. La nouvelle de la rétention de Jean Baptiste Nguini Effa à l’Hôpital Central Yaoundé a fait le tour des réseaux sociaux la semaine dernière. Faut-il le rappeler, l’ex-DG de la Société Camerounaise des Dépôts pétroliers est un prisonnier VIP de la prison central de Kondengui, depuis 2008. Après un traitement de la Covid-19, commencé le 10 mars, il a pu se tirer d’affaire, après que son épouse ait payé la note, estimée à un million de Fcfa.

En fait, M Nguini Effa n’est pas le seul prisonnier à se retrouver confronté au problème du règlement de la facture des soins de santé non-payées. Jean Marie Atangana Mebara, Marafa Hamidou Yaya, Urbain Olanguena Awono, Iya Mohammed et bien d’autres sont des clients réguliers des hôpitaux de premières catégories, à savoir : l’Hôpital Central de Yaoundé, l’Hôpital général et le Centre hospitalier de la Cnps. Avant leur évacuation sanitaires au frais de l’Etat du Cameroun, Ephraim Inoni (Suisse) et Yves Michel Fotso (Maroc) faisaient partis des concernés. Mais, entre de temps, les choses semblent avoir changé.

L’Etat aurait de plus en plus du mal à solder les factures liées aux soins de santé des prisonniers, contraignant les gestionnaires des hôpitaux à espérer des recouvrements sur les malades et leurs familles. Pour les personnalités d’un certain rang, il n y a que des chambres VIP pour les accueillir. Or, ce sont des chambres très onéreuses. Il faut par exemple 30 000 FCFA pour une seule journée d’hospitalisation au haut standing à l’hôpital central. En un mois, rien que pour les frais d’hospitalisation, on avoisine le million.

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