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General News of Tuesday, 15 December 2020

Source: Actu Cameroun

Cameroun : avec la création de la SONAMINES, Paul Biya enterre la décentralisation

Le numéro un camerounais a signé ce lundi un décret portant création d’une société camerounaise des mines (SONAMINES) de l’avis de plusieurs analystes politiques ce geste du vieux lion freine davantage le processus de la décentralisation au Cameroun.
« De décision en décision, le régime Biya ne fait qu’exacerber les tensions sociales. Hier, avec la création de la SONAMINES après quelques jours des élections régionales, le régime a fini de dépouiller les régions et autres circonscriptions locales décentralisées de leurs substances. Cela fera dire aux critiques que la décentralisation ne sert à rien alors que c’est le régime qui est malhonnête », écrit l’économiste libéral camerounais le Dr Louis Marie Kakdeu.

Pour lui, Yaoundé prend de l’avance sur les communes alors l’on s’achemine vers la décentralisation effective dans notre pays. « Alors que la loi sur la décentralisation donnait la possibilité aux communes de créer leurs propres sociétés publiques pour gérer leurs ressources locales, le gouvernement prend de l’avance à la veille de la mise sur pied des conseils régionaux pour centraliser à Yaoundé la gestion des ressources minérales. Il ne laisse aux circonscriptions locales que la gestion des carrières (de sables et de pierres) », explique-t-il.


Accords de Foumban
Il soutient par ailleurs que cette démarche constitue un acte de malhonnêteté politique de trop dans un contexte où le non-respect de ses engagements politiques a déjà conduit à de multiples crises et tensions (inutiles) dont la crise anglophone. « Le gouvernement aurait respecté même 10% des accords de Foumban qu’il n’y aurait jamais eu de crise anglophone », ajoute le Dr Louis Marie Kakdeu.



« Cette velléité à vouloir vider tous les accords et tous les engagements politiques de leur substance est regrettable et justifie en grande partie la crise de confiance qui mine la politique camerounaise de nos jours. Comment peut-on faire la politique sans un minimum de confiance, et donc sans la possibilité de passer des accords? Le comble est que tout cela se fait au profit d’une élite prédatrice. Sinon, à quoi sert-il de créer la SNH bis? A quoi nous sert la SNH? », s’interroge l’universitaire.

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