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General News of Wednesday, 9 December 2020

Source: Essingan N°422

Cameroun : au cœur de la mafia des kits d'hémodialyse

Différents rapports font état de ce que cette mafia, pilotée par Ousmane Diaby, le chef de division des études et des projets, et proche du Minsante, fait acquérir pour le Cameroun via le Gabon, des équipements douteux aux conséquences désastreuses pour les patients.


Dans les couloirs du ministère de la Santé publique (Minsante) à Yaoundé, l’affaire fait grand bruit. Ici, elle ne fait l’objet pour le moment d’aucune enquête. Ce qui n’est pas le cas dans les services de police qui ont initié des investigations. D’autant plus que Essingan a pu obtenir une copie de certaines notes relatives à ce trafic dont la présidence de la République et les services du Premier ministre ont été saisies. De sources introduites et crédibles, le camion qui sert d’illustration à cet article est venu du Gabon pour approvisionner le Cameroun en kits d’hémodialyse par le biais du marché noir. Selon des professionnels de la santé approchés pour en évaluer les normes et qualités de ces équipements, il en ressort qu’ils sont de qualité douteuse. Et que leur incidence néfaste sur la santé des utilisateurs n’est plus à démontrer. L’hémodialyse consiste à suppléer les reins déficients en épurant le sang plusieurs fois par semaine grâce à une machine. La norme recommandée est de trois séances hebdomadaires. Souvent, les malades n’ont droit qu’à une seule séance à cause notamment de la pénurie des kits de dialyse.


En plus des conséquences dues à la faiblesse de l’offre par rapport à la demande, il faudra désormais tenir compte des complications pathologiques provoquées par ces kits de qualité douteuse servis aux Camerounais par le Minsante. Des mémoires ont d’ailleurs été élaborés dans ce sens pour éclairer la lanterne à différents niveaux de la hiérarchie étatique.


Selon des témoignages recueillis à bonnes sources, tout est parti des plaintes des malades sur la mauvaise qualité de ces kits entrés au Cameroun par Kye-Ossi comme le confirment les services de douane de cette zone des trois frontières. « A la tête de cette vaste fumisterie, le fameux Ousmane Diaby qui est en charge de la division des études et des projets (Dep) au ministère de la Santé publique. A ceci il faut ajouter le fait que les centres d’hémodialyse sont globalement vieillissants. Ils manquent également de maintenance », développe sous anonymat, un responsable du Minsante.

Vrai caissier

Au plus fort de la gestion de la lutte contre le Coronavirus, Ousmane Diaby avait déjà été cité comme étant le propriétaire de toutes les entreprises ayant gagné 30% du marché de kits. Et 100% de tous les marchés d’études du Minsante. Certains dans cette administration, le présentent comme le vrai caissier du ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie. C’est lui qui aurait réquisitionné l’ambulance de l'Etat pour transporter les kits qualifiés de défectueux. « Ces kits ont été livrés par des gens qui les envoyaient d’abord par des compagnies de transport. Plusieurs fois, il est arrivé que les chefs d’établissement se déploient eux-mêmes pour les récupérer chez les douaniers », explique une autre source toujours sous anonymat.

Dans les centres d’hémodialyse, les patients crèvent. Il y a quelques jours, votre journal révélait que 15 patients souffrant d’insuffisance rénale chronique, pris en charge au centre régional d’hémodialyse de Bertoua, étaient décédés depuis l’arrêt dudit centre. Le président du comité de gestion de cette formation sanitaire, Jean Marie Dimbele Sodea, a enfoncé le clou avec un témoignage poignant en dénonçant le fait que « c’est tous les jours que les malades souffrent et meurent du manque de ces kits». L’on apprend alors que pour l'année 2019 par exemple, une subvention a été allouée aux hôpitaux régionaux.


L'argent domicilié dans le compte du trésor pour ces formations hospitalières n’a été réparti pour l'utilisation qu'en décembre. Une opération qui s’est faite sans tenir compte des réels besoins des centres. Pour l'année 2020, les différentes formations sanitaires visées n’ont pas reçu leur subvention alors que l’année tire à sa fin. En tout cas, l’on apprend que les kits relatifs aux multiples pathologies qui affectent les Camerounais sont du ressort du Dep qui en dispose « au gré de ses intérêts particuliers ».


Des témoignages sont riches sur la gestion qu’il fait de ces équipements : «au compte-goutte et il faut les relancer tout le temps. Et quand ils sont disponibles, il faut aller les chercher à Yaoundé ». Depuis le mois d’octobre 2020, les nombreuses sollicitations des hôpitaux en direction du Dep, ont reçu de vagues promesses non tenues à ce mois de décembre. Par ailleurs, toutes les charges de fonctionnement et de maintenance incombent aux établissements alors qu’il est prévu des provisions à cet effet. Une patate chaude dans la plante du pied du Minsante qui ne trouve rien à redire sur la gestion décriée de son poulain.

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