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Politique of Tuesday, 14 September 2021

Source: Aurore Plus

Cameroun: absence de conseil de ministres ou le culte de la cacophonie

Absence de conseil de ministres substitué par un conseil de cabinet fantoche et improductif Absence de conseil de ministres substitué par un conseil de cabinet fantoche et improductif

Absence de conseil de ministres substitué par un conseil de cabinet fantoche et improductif. Et chacun qui tire la couverture de son côté dans un savant désordre.

La fin de règne du régime du Renouveau instauré avec l’avènement de Paul Biya à la tête de l’Etat le 6 novembre 1982 devient chaque jour plus pathétique. Les lettres de dénonciation ont confortablement pris la place des concertations d’usage dans tout pouvoir exécutif qui se respecte et que le gouvernement du Renouveau ignore superbement.

Nous n’avons de cesse de nous demander : mais quel est ce pays qui ne tient pas de conseil ministériel hebdomadaire autour du président de la République ? Le conseil de cabinet présidé par le Premier ministre et qui se tient le dernier jeudi du mois a-t-il eu lieu en août et qu’en est-il sorti ?

On pourra toujours avancer que c’était le mois des vacances de la plupart des ministres titulaires, mais en réalité cette instance présidée par le PM ne sert pas à grand-chose, le communiqué final sanctionnant les assises mensuelles à l’immeuble Etoile qui n’est qu’une répétition de poncifs le montre à suffisance. Il n’y a pas vraiment de ligne directrice et le gouvernement camerounais, à l’évidence, ne brille pas par sa cohérence.

C’est chaque ministre qui s’assoit dans son coin (on espère au moins qu’ils consultent leurs proches collaborateurs) et déverse ce qu’il veut déverser dans l’opinion. Ce sont d’ailleurs les réseaux sociaux qui fixent désormais l’agenda gouvernemental, lui imposant des sujets de débat plus ou moins dignes d’intérêt.

Nous attendons ainsi en ce début de semaine que gonflent comme du tapioca trempé dans l’eau l’histoire et mêmes les histoires de la maladie du ministre des Finances Louis-Paul Motazé. De quoi souffre-t-il ? Est-il hospitalisé ici ou a-t-il été évacué en Europe ? De sa propre initiative ou bien sur hautes instructions du chef de l’Etat ?

Les faits divers et la vie privée sont devenus désormais des champs opérationnels de l’action gouvernementale, alors que le peuple camerounais n’a pas la moindre visibilité de l’action publique, des réalisations concrètes sur la marche des affaires publiques pour lesquelles les Camerounais sont soumis à une pression fiscale permanente.

Gouvernement facebook et communiqués
Il y a deux semaines nous relevions la sortie par voire de communiqué publié le 9 août 2021 du ministre de l’Administration territoriale (Minât) Paul Atanga Nji sur la question des accidents de la route qui relève de son collègue en charge des Transports.

La semaine dernière, le même s’est encore fendu d’une circulaire adressée aux responsables du commandement de désormais faire interpeller ceux qui s’attaquent aux forces de police, surfant ainsi sur un sujet en vedette sur les réseaux sociaux.

Dans ce gouvernement-face-book, nous avons aussi vu passer un tweet attribué au ministre de la Communication (Mincom) -René Emmanuel Sadi, qui fait savoir que contrairement aux rumeurs en vogue aucun membre du gouvernement camerounais ne possède de passeport étranger.

Et le porte-parole du gouvernement qui se retrouve ainsi dans un «débat sans objet», pour par1er comme le président Paul Biya, où il est traîné malgré lui par les maladresses et bassesses des dirigeants de la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) passés maîtres dans l’art de la distraction.

Dans cette ambiance embrouillée où la cohérence gouvernementale est la chose la moins visible, les conflits de compétence sont devenues monnaie courante. Comme l’illustre l’affaire du cabinet Atou contre le directeur général du Port autonome de Douala, avec le drôle de ping-pong et la sidérante dispersion des accusations et insinuations entre le secrétaire généra! de la présidence de la République, le ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières, et le ministre des Finances.

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