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Actualités Régionales of Friday, 4 December 2020

Source: chateaunews.com

Cameroun : Maroua est-elle appelée à mourir ?

SOS pour la ville aînée du renouveau dans un profond coma, Maroua ! Les routes dans un état de délabrement épileptique, pitoyable et alarmant, une élite absente et silencieuse. Les populations sont sans voix face à cet état de décrépitude de la cité.

Après le départ des pluies ayant entraînées d’énormes dégâts matériels et même des pertes en vies humaines, place à la souffrance qui a atteint le sommet de la pyramide.

Cette situation peu reluisante de la cité capitale de l’Extrême-Nord, trouve sa réponse et ses origines dans la dégradation avancée des infrastructures routières. Abandonnées, elles sont dans un état de service pour le public kamikaze.

L’inquiétude des populations va grandissante et elles ne savent plus à quel Saint se vouer. Les travaux lancés il y a de cela trois ans, sont au point mort, et la circulation, elle, devient par la force de l’incapacité un cauchemar.

Les élites intérieure et extérieure, font la sourde oreille et ne disent mot. On dirait la ville de Maroua s’effondre, et cela est plus qu’une simple image. De deux voies l’une, celle de Kakataré, est devenue l’ombre d’elles-mêmes, à cause de l’abandon des travaux lancés depuis 2017.

Les Conséquences qui en résultent sont pluridimensionnelles et multiformes. Accidents de circulation et prolifération des maladies respiratoires notamment l’asthme, la grippe et la toux et même les problèmes de vue. Chacun doit s’armer des lunettes au risque de se faire marier aux maladies.

La poussière qu’accompagne le vent, perfore les poumons, bousier le cœur et asphyxie le rythme respiratoire. Et l’autre, celle de Domayo qui jadis faisait la fierté des populations, est-elle aussi malade, en réanimation de suite des fractures et cassures issues de la circulation et du manque d’entretien.

Pourtant, la ville de Maroua était et est dans l’appellation politique, la fille aînée du renouveau. Comment comprendre ce schéma, une fille aînée qui est mise aux oubliettes dans des circonstances abracadabrantes ? Question ô combien interdite d’être posée même aux plus grands champions ?

En voilà en tout état de cause, un questionnement que ne peut oser répondre, que les initiés du système, ceux qui ont fait leur preuve dans les affaires. Qui prendra donc le risque de s’approcher d’eux pour des questions qui relèvent va-t-on dire, de la déstabilisation, de la manipulation ou de l’incitation à la rébellion ?

Injustice sociale

Les populations elles, inaptes, impuissantes et innocentes dans son cri de lamentation, d’émoi, de consternation et de désespoir, nourrit le rêve qu’un ange vienne les sortir du royaume de zombimorphose et de vampirisme possédé par l’empire de la poussière.

De cette situation rocambolesque, comme pour dire, sont nés des mouvements de lutte pour le développement du « Grand Nord ». On peut alors citer au premier rang desquels : « le mouvement 10millions des nordistes » avec son porte étendard Guibaï Gatama, le DP du journal l’Œil du Sahel.

Un mouvement interdit récemment de toutes manifestations sur l’ensemble du territoire national, « Hé ‘i én banni » avec son porte-parole Dr Bouché, enseignant à l’Université de Maroua, « Maroua sey whota », entre autre. Tous ces mouvements ont pour dénominateur commun, le combat contre l’injustice sociale et le sous-développement galopants.

Menace du sous-développement

Cela fait pratiquement plus d’une décennie que ça dure. C’est en tout cas le sujet brûlant de l’actualité qui constitue le fil d’Ariane dans le « le Grand Nord ». La menace du sous-développement n’est plus simplement avec nous, elle nous enserre, elle est devant nous, et nous assiège.

N’en déplaise aux spécialistes de la parole lénifiante, il y a largement de quoi nourrir les inquiétudes quant à la situation actuelle de la ville de Maroua. La seule route et la bonne d’ailleurs, est celle de Djarengol livrée il y a de cela deux mois et demi environ.

Elle aussi, est loin de faire la fierté des populations. Trop étroite, sans dos-d’âne, passage clouté à confusion avec la chaussée, entraîne chaque jour des accidents de circulation avec des blessés graves, au pire des cas des morts.

Ville universitaire de misère

Une ville universitaire sans fausse modestie, est sensée être à l’image du développement, de l’émergence et de l’essor économique.

Cette institution logiquement, devra être l’élément déclencheur d’un dénouement heureux. Rêve brisé, ce n’est qu’un mirage vu en plein midi du mois d’avril. Abstention de dire poisson d’avril.

Promesse de ponts aux oubliettes

Et que dire, du pont Baoliwol qui s’est écroulé sous la colère des eaux de pluie diluviennes ? Les travaux avancent à un rythme satisfaisant, va-t-on dire.

Il y’a de cela deux mois, les travaux étaient évalués à pratiquement 65%. Ne parlons pas de celui de Palar sur la nationale N°1 qui relie Maroua à Kousseri jusqu’à Ndjaména. Un véritable cauchemar, mieux, un casse-tête chinois.

On a annoncé une solution miracle derrière une commission interministérielle composée d’une palette de ministres (07) sous haute instruction du Chef de l’État. Deux mois après, c’est un silence du cimetière. Retour aux enfers des populations seules devant leur destin.

Et pourtant, ce pont constitue un levier important des échanges commerciaux entre trois départements à savoir le Diamaré, Mayo Sava et le Logone et Chari, mais aussi le pays voisin qu’est le Tchad voire le Nigéria.

Le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord, Midjiawa Bakary à l’issue d’une réunion de crise qui a débouché sur une descente sur le terrain, va trouver un moyen de contournement des gros porteurs. Désormais, les 33-40 c’est-à-dire les huit, dix, seize et dix-huit roues, vont passer dans le centre-ville.

L’itinéraire est quartier Hardé, carrefour Kongoré, pont vert, rond-point Crédit du Sahel, carrefour artisanat, deux voies Kakataré, rond-point service du gouverneur, carrefour Zokok prison jusqu’à Frolina en passant par Missinlew. L’entrée et sortie de ces camions est fixée à 20h.

Le règne de la poussière

L’ouverture à la circulation au centre-ville des gros porteurs est venue avec sa part de maux. Et jabbama la poussière ! Ici, le choix des habits est tributaire de la couleur de la poussière.

Les policiers, n’ont plus besoins de veiller au port du cache-nez ; car, c’est devenu une obligation personnelle. Pas pour coronavirus, mais davantage pour éviter d’attraper les maladies liées à la poussière.

« Pire que la covid-19 » selon certaines personnes qui sont écrasées de colère « Même dans la chambre, le port du masque facial est dorénavant obligatoire s’exclame un habitant désemparé.

Mécontentements et protestations

La ville de Maroua est devenue à ce jour, l’ombre d’elle-même. L’avenir de Maroua, tourmente et retient au plus haut degré l’attention des citoyens de la métropole. « La plus belle ville jadis, a perdu sa plus belle robe de noce, et prend la forme hideuse et dégoûtante », déclare Linda résidente de Maroua.

Chaque habitant, exprime et écrit sa peine et douleur avec les larmes dans un esprit désorienté. Des réseaux sociaux, de bouche-à-bouche, sur les chaînes de télé et radio, le mécontentement monte. Une marche pacifique de dénonciation est initiée pour la journée du 29 novembre 2020, hélas interdite par le sous-préfet.

Les raisons avancées en disent long. Coronavirus est encore dehors ! Mais le mouvement « Hé’i én banni » n’entend pas de cette oreille, et compte d’ailleurs utiliser le plan B dont eux seuls détiennent le secret.

Politique du ventre de l’élite locale

« Ventre plein n’a point de conscience ! », pourra-t-on dire. Il est malheureux de constater la tendance sourde des élites, aujourd’hui est de se fourvoyer dans la politique de ventre garantie en sécurisant leurs diamètres ventraux avec de l’argent huilé et du vin salé.

Cette pratique pousse les jeunes de la partie septentrionale dans une fausse utopie. Le désir de fuir son pays dans l’espoir de réussir ailleurs et d’être à l’abri du sous-développement. Dans cet univers où l’élite a tout confisqué laissant la ville à l’abattoir, la jeunesse ne pourra réussir dans une telle société.

Confrontée à des situations réelles, manifestes et notoires, cette jeunesse s’interroge et ne sait plus concrètement quoi faire. Du coup, une léthargie désespérante s’est emparée d’elle et la condamne à ne plus se battre pour sortir la région de l’injustice.

Elle embrasse sans vergogne, les tares de la planète : terrorisme, vol, banditisme de grand chemin, consommation des stupéfiants, viol et autres formes d’incivisme. Pourquoi étouffer dans l’œuf ce qui finira par éclore ?

Dans l’histoire de l’humanité, aucun peuple n’a jamais sans combat conséquent relever les défis de l’heure de ceux auxquels notre communauté du grand nord fait face aujourd’hui. Sans la prise en compte de la voix de jeunes qui hurle, on ne fait que s’offrir ou offrir « la fille aînée du Renouveau » en agneau sur l’autel de la pauvreté à grande échelle, désormais sans borne ni limite.

C’est alarmant, voir regrettable de vivre dans une ville comme Maroua où l’élite est de moins en moins humaine, de plus en plus impitoyable, mercantile et matérialiste.

La réhabilitation des certaines routes est attribuée depuis plusieurs années mais la réalisation n’est pas effective jusqu’à aujourd’hui.

S’agissant des routes poussiéreuses, le MINHDU, le maire de la ville et les maires des arrondissements se jettent la responsabilité, les maires des arrondissements considèrent que certaines routes relèvent de la compétence du maire de la ville et que pour eux les maires selon les rumeurs, ils ne peuvent pas goudronner les routes sauf à la limite le gravionnage…

Mais toujours est-il que les responsabilités des acteurs du développement sont engagées. Pour l’heure, les regards sont tournés vers la décentralisation à travers les régionales du 06 décembre 2020. Les populations elles, croisent les bras et attendent de voir naître le sauveur.

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