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General News of Friday, 11 December 2020

Source: cameroonvoice.com

Cameroun: 2 jours après sa 'libération', un nouveau plan de capture Maurice Kamto déjà en préparation

Si le leader du MRC est prêt à repartir aux charbons après près de trois mois de réclusion, ses partisans, sur le qui-vive, dénoncent quant à eux le clair-obscur sur son statut d’homme désormais libre ou encore captif qu’induit la déclaration d’un ministre du régime ayant précédé la levé de l’Etat de siège de mardi à son domicile.

Mardi 8 décembre, le dispositif militaro-policier déployé du 21 septembre au 08 décembre 2020 autour de la résidence de Maurice Kamto pour l’empêcher d’aller et venir –ou plutôt pour l’empêcher de mener des actions politiques susceptibles de nuire à la tenue des élections régionales-, a été levé après 78 jours de camp.

La levée de ce blocus que des Camerounais ont assimilé à une assignation à résidence de fait et qui pour des juristes n’était qu’une voie de fait, mieux une séquestration, ne signifie pas pour autant la fin des ennuis de l’Agrégé de Droit qui est dans le viseur du régime depuis qu’il a challengé le président Biya avec un certain succès lors de l’élection présidentielle de 2018.

En effet, mardi, peu avant la levée effective du siège de la police et de la gendarmerie, le ministre de la communication avait fait savoir dans un communiqué lu sur les antennes de la radiotélévision du régime que les poursuites contre le leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun étaient maintenues.

« La situation du leader du MRC et de son parti continuera de faire l’objet d’un examen attentif par les instances judiciaires et administratives compétentes et les développements y afférents seront portés à la connaissance de l’opinion publique en temps opportun », avait laissé entendre le membre du gouvernement, qui avait auparavant qualifié de « parti en perte de vitesse » le MRC, et de « projet insurrectionnel » l’appel à manifestations pacifiques lancées par Maurice Kamto, pour protester dès le du 22 septembre 2020, contre l’organisation des élections régionales dans un contexte marqué par une guerre civile particulièrement meurtrière dans les régions anglophones et un système électoral caractérisé par son iniquité criarde qui ne favorise que le parti au pouvoir.

La dureté du langage de ce ministre de Paul Biya considéré par beaucoup comme un des nervis du régime laisse subodorer des démêlées judiciaires pour Maurice Kamto subséquemment à ce qui ressemble à un “élargissement” cosmétique.

C’est aussi ce que pense l’avocat Emmanuel Simh, qui a réagi à cette levée de blocus au micro de notre consœur Florence Morice de Radio France Internationale (RFI) : « Nous espérons que le gouvernement expliquera si désormais le président Kamto est libre de ses mouvements ». Le chef du pool des avocats de Maurice Kamto et des militants du MRC dont il est par ailleurs le 3ème Vice-président du MRC a marqué son doute quant au caractère définitif de cette remise en liberté du leader du MRC l’homme politique, et espéré que cette fois-ci, le régime notifiera officiellement Maurice Kamto de ce qu’il a recouvré ses droits d’aller et venir. Me Emmanuel Simh a également manifesté sur les ondes de RFI son incompréhension relativement au fait que les autorités aient décidé souverainement un matin d’encercler Maurice Kamto dans son propre domicile sans avancer la moindre motivation, puis aient également décidé, deux mois et demi plus tard de lever le siège dans les mêmes conditions de silence méprisant que lors de l’établissement du camp.

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