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General News of Monday, 12 April 2021

Source: Repères

COVID-19 : les pasteurs des églises de réveil narguent Atanga Nji

Trois semaines après avoir reçu sommation de respecter les règles édictées par le gouvernement, pour limiter la propagation de la pandémie, des «pasteurs» poursuivent plutôt, avec un certain zèle, des croisades contre les démons, ainsi que des programmes spéciaux de guérison.

Les églises de réveil tiennent tête au ministre de l’Administration territoriale (Minât). Pas une seule ne s’est pliée aux injonctions de Paul Atanga Nji données à travers une correspondance aux gouverneurs de régions en date du 24 mars 2021. Ces directives’ portent sur le respect scrupuleux des mesures barrières, en vue de lutter contre le coronavirus.


Avec désormais 61 731 cas positifs, (statistiques du Minsanté au 8 avril 2021), le patron de la Territoriale écrit qu’il lui a été donné de constater, «qu’en dépit des mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus, notamment le respect scrupuleux des mesures barrières, plusieurs pasteurs des églises dites de réveil, qui n’ont en réalité aucune existence légale au Cameroun, continuent de véhiculer des messages qui vont à l’encontre des très hautes instructions du chef de l’Etat».

«Certains pasteurs interdisent à leurs fidèles le port du masque. D’autres rejettent le protocole de traitement validé par le gouvernement. D’autres encore dans une forme de charlatanisme, pré-, tendent que le coronavirus n’existe pas et que, quand bien-même cette maladie existerait, il suffirait d’élever des prières pour s’en prémunir. Il y en a même qui prétendent administrer un traitement aux malades de covid-19, à base d’eau simple, qu’ils présentent aux fidèles comme étant l’eau bénite», constate le ministre Paul Atanga Nji.

Ce dernier, recommande aux gouverneurs de région «de procéder à la fermeture systématique des églises dont les pasteurs tiennent des discours contraires aux mesures édictées par le gouvernement en vue de freiner la propagation du covid-19». Les contrevenants seront interpellés pour répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes».

Coup d’épée dans l’eau
Malgré la menace d’Atanga Nji, ces églises de réveil créées à proximité des maisons, écoles, pharmacies, hôpitaux etc., continuent d’exploiter la naïveté et la détresse des populations, leur promettant amour, argent, santé et prospérité. A l’«Eglise du Dieu Vivant», au quartier dit « Vieux panier”, des individus se rassemblent, dimanche, mardi et jeudi sans masques pour chanter et faire des incantations. A l’entrée, aucun dispositif de lavage des mains n’est visible. Personne ne respecte la distanciation sociale d’un mètre.

Le pasteur dit ne pas considérer les jérémiades du Minât: «Le coronavirus est arrivé, vous avez fait quoi ? Vous avez décidé que les églises pentecôtistes n’existaient pas. Vous avez donné des masques, des subventions à ceux que vous croyez être des vrais hommes de Dieu, nous n’avons rien dit. Maintenant, vous venez dire que c’est chez nous qu’on ne porte pas les masques. Sortez ce que vous avez à dire et vous allez rencontrer l’esprit de Dieu vivant. Nous attendons que vous preniez de bonnes resolutions», s’indigne Cliantal Yologaza évêque à l’église pentecôtiste.

Le révérend pasteur Ndegue de l’Eglise Salvation ministry international, estime que cette mesure du gouvernement est certes salutaire pour les indélicats, mais s’apparente à un acharnement contre ces églises de réveil. «C’est une bonne décision, mais elle doit être revue. Pourquoi seulement les églises de réveil, alors que dans certains ministères, supermarchés et marché?, on constate que le respect des mesures barrières est pratiqué en dessous de la moyenne. La décision, il faut l’appliquer partout ! On ne s’attaque pas à une institution divine parce que le faire, ce se rait s’attaquer directement à Dieu», estime le révérend pasteur. Ces évangélistes d’un autre genre arguent qu’il est «difficile d’attraper la maladie dans la maison de Dieu, c’est elle qui soigne».

D’où la multiplication des «croisades contre les démons», des « Programmes spéciaux de guérison divine et de prospérité et des «soirées de délivrance et de prophétie».

Aliénation
Paul Atanga Nji a révélé dans sa correspondance: «L’année dernière déjà, plusieurs enfants fréquentant les églises en cause n’ont pas présenté les examens officiels, au motif fallacieux que leurs pasteurs leur ont interdit de porter le masque pourtant exigé pour accéder aux salles d’examen».

Et si ces églises prolifèrent dans le pays, soutient un observateur, c’est que les autorités laissent faire. Le gouvernement camerounais a baissé les bras après avoir tenté de les inter-dire au début des années 90. «Je vis à proximité d’une église de réveil au quartier Mimboman. A cause des cris, chants, pleurs, j’en passe, personne ne peut dormir. Les enfants ne peuvent pas étudier. Nous avons saisi l’actuel maire de l’arrondissement de Yaoundé IVème.

Jusqu’ici, nos demandes sont restées lettre mortes», confie un parent sous anonymat. Mais c’est la loi du 19 décembre 1990 sur la liberté d’association qui davantage a favorisé l’essaimage sur la scène publique, d’une multitude de mouvements religieux dont certains disposent de dizaines de lieux de culte répartis sur tout le territoire. A l’intérieur du pays, ce sont les zones urbaines et les grandes métropoles qui sont les terreaux fertiles de ces nouveaux courants religieux. C’est donc dire que le ministre de l’Administration territoriale a du grain à moudre.

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