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General News of Thursday, 2 April 2020

Source: www.camerounweb.com

CORONAVIRUS : au Cameroun, les pharmacies sur le pied de guerre

Le coronavirus a eu un impact considérable dans le quotidien des Camerounais, depuis que la pandémie est apparue dans le pays et continue de faire des victimes. Dans les chaines de distribution de produits pharmaceutiques, c’est un véritable mélimélo. Beaucoup de produits coûtent la peau des fesses, si vous avez la chance de l’avoir. Voici le témoignage d’un journaliste français, coincé au Cameroun.


Dans cette officine d’un quartier huppé de Douala, les consignes sont strictes : masques et gants pour les vigiles, ventes à emporter. Les clients n’entrent plus mais ont droit à la solution hydroalcoolique. Les médicaments sont délivrés à travers une guérite.

J'entre dans une pharmacie. À l’intérieur, c’est un silence quasi monacal. La dizaine de salariés qui travaillent ici, portent tous des masques et des gants. Sur le sol, des marques pour respecter la distanciation sociale.
La pharmacienne qui me fait visiter son officine n’est pas peu fière. Cette grande dame d’une cinquantaine d’années a longtemps travaillé en France avant de revenir dans son pays d’origine. Elle a repris l’officine de sa mère qui faisait valoir son droit à la retraite.
L’héritière a apporté sa touche personnelle. Elle a tout changé, tout rénové, Du sol au plafond. L’intérieur est agréable. Tout est bien rangé. On sent un esprit de rigueur dans l’ordonnancement de l’espace.


La réserve de guerre.

Au début de la crise du Coronavirus en France, la Pharmacienne m’a confié avoir reçu des commandes de ses homologues français, qui étaient déjà en rupture de stock.

Il faut dire que dans l’hexagone, la vingtaine de pharmaciens que j’avais contactés à Orléans pour les besoins d’un reportage, il y a plus d’un mois, m’avaient tous affirmé avoir été dévalisés par les étudiants asiatiques.
C’était avant, bien avant avant que le Covid-19 ne fasse les gros titres des journaux. La pharmacienne de Douala n’a pas pu approvisionner ses collègues français car la crise a également frappé aux portes de sa ville.
J’apprends d’elle que les gants, les masques, la solution hydroalcoolique sont des articles de confort. Leur prix n’est pas encadré comme pour les médicaments. Celui-ci est déterminé par les prix des fournisseurs, par la quantité du stock et par la marge du pharmacien.

Avec l’irruption du Covid-19, les prix ont flambé, passant du simple au quadruple voire d’avantage encore. Le déterminant de la marchandise, c’est la rareté du produit.
La crise sanitaire a fait de simples gants, des masques et de la solution hydroalcoolique, des produits tendance, de luxe, arrachés à des prix inouïs.


Attroupements devant les officines

Évidemment, les officines se sont livrées une guerre de tranchées. Quand il y avait une longue file d’attente devant une pharmacie, cela voulait dire que l’on y trouvait le produit tant recherché et que les prix n’étaient pas prohibitifs. D’où l’attroupement.

Les officines ont géré la pénurie qui couvait comme une fièvre diffuse. Pas question qu’un client reparte avec une grande quantité de ces produits. Le risque ? Que les gants, les masques et les solutions hydroalcooliques se retrouvent en vente sur le trottoir improvisé en pharmacie ambulante.
Notre pharmacienne nous a expliqué que son prix était garant de sa probité, du pouvoir d’achat de ses compatriotes et qu’elle n’avait pas l’intention de faire son beurre sur leur dos.

Il faut donc croire que chaque officine a sa règle de conduite. Maintenant que le Covid-19 a fait ses premières victimes et que l’arithmétique mortifère augmente, les masques sont portés comme une barrière thérapeutique. Les gants sont plus difficiles à mettre quand il fait 35 degrés à l’ombre, dans une chaleur moite et suffocante.

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