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General News of Thursday, 3 September 2020

Source: L'indépendant N°535

CONFIDENTIEL: malgré la pression de la France, Biya veut se débarrasser de certains barons

La météo politique annonce des grandes décisions du Chef de l’Etat. Au-delà du renouvellement à dose homéopathique du personnel diplomatique, des présidents des Conseils d’administration (Pca) et autres directeurs généraux (Dg) des entreprises publiques, il y a le remaniement mille fois pressenti et mille fois reporté du fait des fuites organisées.

C’est dans son refuge mythique de Mvomeka’a que le Prince a peaufiné de grandes décisions nourries par la pression.d’une actualité turbulente depuis le verdict de la présidentielle d’octobre 2018. Le double scrutin législatif et municipal du 9 février 2020, préfigurait logiquement une redistribution des cartes gouvernementales. Il n’en a rien été jusqu’à date. Situation ayant créé un climat de léthargie et de démobilisation nocif pour le moral des membres du gouvernement.

Querelles de préséance, télescopage autour de la délimitation des champs de compétence, batailles de leadership, ambitions successorales clairement affichées, des réseaux se neutralisent. L’arrivée d’un nouveau Premier ministre (Pm) le 04 janvier 2019, a semblé insuffler une nouvelle dynamique dans l’action gouvernementale. A l’heure du bilan à mi-parcours, le clientélisme et l’affairisme ont repris le dessus, rognant insidieusement les belles intentions de départ du nouveau Pm.

Sinon comment comprendre le scandale autour de la gestion des fonds destinés à la lutte contre le coronavirus ? La répartition pour le moins arbitraire de ces fonds, fait aujourd’hui des gorges chaudes. Le ministère chargé du Contrôle supérieur de l’Etat, a eu sa part dans le pactole, alors que des ministères à la pointe de cette croisade, se contentaient de la part congrue.

Le scandale de la braderie des terres arables du Nkam et de la Vallée du Ntem, n’est que l’arbre qui cache la forêt, la gabegie à ciel ouvert sous l’air Dion Ngute. En dépit de la crise sanitaire actuelle, le Cameroun reste au peloton de tête des dépenses somptuaires liées aux missions fictives à l’étranger, aux évacuations sanitaires, aux séminaires et autres colloques budgétivores…

Un crime n’étant jamais parfait, l’arbitrage du Chef de l’Etat, est aujourd’hui attendu pour stopper nette le détournement savamment huilé autour de la couverture santé universelle (Csu). Une initiative noble récupérée par des vampires toujours assoiffés du sang et de la misère de leurs concitoyens. L’entourloupe organisée avec l’aval des membres du gouvernement bien connus, leurs sociétés écrans et la fausse piste coréenne, est révélatrice de la détermination des créatures à saper tous les projets louables du Renouveau.

Les piliers quittent la scène

Après avoir fait bonne impression, Dion Ngute pourrait passer sous les fourches caudines du remaniement annoncé, ainsi que d’autres piliers du système. Il a été fait au président Paul Biya, le reproche de se hâter lentement dans la prise des décisions importantes. La belle surprise du remaniement annoncé, est la mise à l’écart des membres du gouvernement ayant pris des libertés avec la morale publique. Le dossier des chantiers à problème de la Can, va emporter des figures des plus insoupçonnées. Que Annie Noëlle Bahounoui Batende ait été portée à la tête du Tes, est un signe. Elle ne badine pas avec les prévaricateurs. Elle a pour haut fait d’armes, d’avoir mis aux arrêts un ministre en fonction, connu pour sa gestion patrimoniale des biens publics.

Positionnement

Le Chef de l’Etat pourrait également, accélérer le processus de décentralisation avec la convocation dans les prochains jours du collège électoral en vue des régionales. L’actualité autour des profils des nouveaux hommes forts à la tête de nos régions, montre en filigrane, la tentation de positionnement des caciques :Tsimi Evouna au Centre,Jean Jacques Ekindi au Littoral, et d’autres barons toujours avides de pouvoir et des privilèges. Un vent de contestation est déjà perceptible. Une demande pressante d’un nouveau leadership à la tête des régions, pourrait être l’option privilégiée par le Prince.

Avec ou sans la France

Cet appel au renouvellement du personnel politique pourrait-il épargner Paul Biya lui-même ? Le Mrc et son leader sont résolument engagés dans une logique insurrectionnelle.

Soutenant que toutes les dynamiques d’alternance par les urnes sont verrouillées au Cameroun, ce parti explore clairement les pistes d’une alternance par un soulèvement populaire. Au Mali, en Côte d’ivoire, en Guinée Conakry, la France semble compromise dans une relation empreinte de concubinage et de paternalisme avec les autocrates réélus à la soviétique, et vomis par le peuple. Paul Biya en sphinx redoutable, a le mérité de s’être affranchi de cette relation incestueuse avec la France. Enjeu géostratégique dans le Golfe de Guinée, le Cameroun s’est ouvert à d’autres partenaires non traditionnels, au point où la France n’y est plus totalement en terrain conquis.

Entre la guerre sans merci des réseaux, et l’option d’une tentation dynastique du pouvoir difficilement acceptable dans un pays qui est une véritable mosaïque culturelle et humaine, tous les analystes politiques scrutent les prochaines décisions du Chef de l’Etat. Elles pourraient être un baromètre pertinent de décryptage des tractations autour de la transition en marche au Cameroun.

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