Vous-êtes ici: AccueilActualités2021 08 26Article 615649

Actualités of Thursday, 26 August 2021

Source: www.camerounweb.com

CONFIDENTIEL: des ministres camerounais déménagent discrètement

'Des membres du gouvernement sont rongés par l’angoisse' 'Des membres du gouvernement sont rongés par l’angoisse'

• On annonce un remaniement dans les prochaines semanies

• Paul Biya reçoit Dion Ngute

• Les voyages planifiés hors du pays par certains ministres et assimilés sont restreints



C'est chaud dans le sérail depuis le retour de Paul Biya au Cameroun. Aux rumeurs sur un prochain remaniement, s'ajoutent les clameurs des rencontre secrètes entre le président de la république et son premier ministre Joseph Dion Ngute.

En effet, aucun jour ne passe au Cameroun sans son lot d'informations sur un éventuel réaménagement de l'équipe gouvernementale. Malgré le silence généralisé observé par les membres du gouvernement à la tête de leur département, des langues se délient de plus en plus. « Alors que rien ne filtre au sommet de l’État et que les rumeurs se multiplient, des membres du gouvernement sont rongés par l’angoisse », révèle un cadre au ministère de la Santé à nos confrères du journal Info Matin. Selon le journal, cette situation pousse certains ministres, qui sentent le danger venir, à déménager en catimini.

L'on apprend par la même source que "les voyages planifiés hors du pays par certains ministres et assimilés sont restreints". Est-ce dans le cadre de l'opération Epervier ou c'est pour réduire les dépenses publiques ? Pour l'heure, seul Paul Biya détient le secret de ses décisions.

Mais il faut rappeler que, depuis le déclenchement de "l'affaire Cyrus Ngo'o" (du nom du directeur général du port autonome de Douala), certains prédisent la chute du ministre secrétaire général de la présidence Ferdinand Ngoh Ngoh soupçonné d'être le cerveau de ce grand scandale de détournement de deniers publics et de blanchiment d'argent. Il serait sur un siège éjectable d'où la thèse d'un éminent remaniement.

Epervier: acculé, Ferdinand Ngoh Ngoh sollicite l'aide de Niat et Cavaye (Info Matin)

Apparemment trempé jusqu’au cou, ou presque, dans les scandales financiers qui secouent le Port autonome de Douala en ce moment, le ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, aurait sollicité des présidents du Sénat et de l’Assemblée, une intercession auprès du chef de l’État, afin que ce dernier puisse le protéger de ses éventuels ennuis judiciaires.

Le ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République (Sg/pr), Ferdinand Ngoh Ngoh, aurait, en fin de semaine dernière, approché, respectivement les présidents du Sénat, Marcel Niât Njifendi et de (‘Assemblée nationale, Cavaye Yeguie Djibril pour leur demander d’intervenir, auprès du chef de l’État Paul Biya, afin qu’il soit préservé dans les scandales politico-financiers qui secouent actuellement le Port autonome de Douala (Pad).

A l’un et à l’autre, il aurait particulièrement insisté pour clamer son innocence, souhaitant que le locataire du palais d’Etoudi le préserve de tout ennui judiciaire, lui qui se présente comme bouclier contre les ennemis de celui qui préside aux destinées du Cameroun.

L’information circule avec insistance dans le sérail depuis le week-end, l’une des deux personnalités sus-évoquées ayant fini par vendre la mèche auprès de quelques proches. La même, apprend-on encore, aurait bruyamment glosé dans son propre salon, prenant par ailleurs la cantonade à témoin sur le fait que cette démarche semblait «un piège», dans lequel on voulait l’attirer dans une affaire dont il ignore tout.

Le nom du Sg/Pr revient en effet, avec insistance, dans le scandale d’État qui secoue actuellement le Pad. Le proche collaborateur du président Paul Biya serait ainsi connu pour avoir, le 13 avril 2018, signé le fameux «marché spécial» de plus-de 26 milliards de francs, au départ, portant sur la sécurisation du périmètre et le contrôle des accès de la place portuaire de la métropole économique.

Une prestation que celui qui est présenté comme son poulain, le patron de ladite place, Cyrus Ngo’o, a pour sa part été chargé de faire exécuter à travers Porsec SA. Il s’agit d’une entreprise inconnue au bataillon, introuvable même à travers internet, appartenant à l’Israélien Tzafir Tzvi et qui serait basée en Suisse.

Paradis fiscal. L’une des premières et grandes surprises est contenue à l’article 13 du contrat. Il y est précisé que les paiements seront effectués par virement bancaire, dans un compte logé au Liechtenstein, connu pour être un des plus grands paradis fiscaux au monde. On rappelle au passage que, pour le même travail, des entreprises concurrentes demandaient juste 3,8 milliards de francs.

A coup de mystérieux avenants, et alors que le prestataire, jouissant d’un contrat ferme de deux ans, n’a rien réalisé et que les virements, eux, ont été effectués, ledit marché est finalement revenu à quelque 54 milliards de francs, payés par le contribuable camerounais.

Cerise sur le gâteau, il apparaît, au fil des révélations, que quelques bricoles autour des copieux marchés sont actuellement exécutées par des entités montées pour la cause par les cadet et grand ami de Cyrus Ngo’o, Djampir Arthur Baber et Cyril Martial Kamdem, respectivement.

Longuement entendu, le 18 août 2021 à Yaoundé, par le corps spécialisé des officiers de police judiciaire (Opj) du Tribunal criminel spécial (Tes), le Dg du Pad ne se serait pas fait prier pour se mettre à table. Selon des sources proches du dossier, Cyrus Ngo’o, à travers des explications fournies aux enquêteurs, aurait intégralement balancé l’homme à la source de ses tourments judiciaires et néanmoins mentor. D’où, certainement, la panique présumée de Ferdinand Ngoh Ngoh redoutant les foudres de Paul Biya.

Ce qui semble certain, au train où vont les choses, c’est que le patron de la place portuaire, principale porte d’entrée des marchandises au Cameroun avec extension au Tchad et en République centrafricaine, a du mouron à se faire. Et que ceux qui l’entourent, des donneurs d’ordres aux exécutants, pourront avoir du mal à échapper aux foudres présidentielles.

Rejoignez notre newsletter!