Vous-êtes ici: AccueilInfos2021 04 20Article 591196

General News of Tuesday, 20 April 2021

Source: www.camerounweb.com

Célestin Djamen à la tête d’un parti politique aux grandes ambitions.

L’Alliance Patriotique et Républicaine qui a vu le jour il y a quelques jours, est l’émanation d’un transfuge du Social Democratic Front (SDF) et du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) qui veut asseoir sa propre notoriété.

L’APAR est officiellement née il y a moins d’une semaine. Elle vient s’ajouter à la l’abondante forêt de micros partis qui existent déjà au Cameroun. Et vient également déposer la marque personnelle de Célestin Djamen, un transfuge du Social Democratic Front et du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun qui a joué les seconds couteaux pendant toute sa vie politique passée. Si son idée ne relève pas du génie, le timing de la création de son parti est tout aussi à questionner. A quoi bon lancer un parti politique à une période électorale morte où, il faudra attendre, sauf élection anticipée 2025, pour voir les prochaines élections avoir lieu. Et à un moment où l’opposition se bat à forcer la main du pouvoir pour obtenir une reforme consensuelle du Code électoral ? « L’intention est purement destructrice » disent ses détracteurs, qui l’accusent de vouloir infiltrer l’opposition. « Après sa démission du MRC, son discours a changé. Ensuite on l’a vu aux cotés des apparatchiks du régime pour quoi faire ? Enfin son parti politique n’a pas trimé dans les tiroirs de l’Administration territoriale pour se voir légaliser comme d’autres, notamment celui de Cabral Libii qui attend depuis des années », analyse un militant du Social Democratic Front qui pense que Célestin Djamen est dangereux pour l’opposition.

Célestin Djamen lui-même semble d’ailleurs prêter le flanc à ce genre d’accusations. A peine son parti légalisé, il s’est attaqué au MRC et au SDF en prédisant leur mort. « Le SDF et le MRC sont pratiquement morts. La mort du MRC est peut-être lointaine, mais certaine », a-t-il indiqué invité jeudi dernier à la matinale de la radio ABK.
Hisser l’Apar au top 5 des partis politiques
Pour le fondateur du nouveau parti, l’ambition ne manque pas. « Je ferai tout pour que l’Apar soit ouvert à tous. Il y aura un département de formation politique, passage obligatoire pour tout militant, ce qui n’est pas fait ailleurs. ..Il y a déjà beaucoup de demandes d’inscriptions. Il y aura une commission disciplinaire. Nous autorisons les courants de pensée mais dans la discipline. Il y a 318 partis politiques au Cameroun, mais vous en connaissez combien ? A peine crée l’Apar fait déjà l’actualité et compte intégrer le top 5 des partis politiques », a-t-il dévoilé comme ambitions.

Contrôler son « business »

« Avec son nouveau parti politique Célestin Djamen espère faire de la politique à part. Cela traduit une sorte de logique du « ma partisme ». C’est-à-dire qu’il est à la recherche de sa part. Il avait jusque-là beaucoup de choses en participant dans les autres partis comme le SDF et le MRC, aujourd’hui il décide de se mettre à part pour avoir tout et contrôler lui-même.

Ca ne peut rien changer fondamentalement du point de vue de la pléthore des partis politiques qui existent déjà. Mais Célestin Djamen va avec l’avantage qu’il a un nom déjà bien connu. D’autres diront que c’est « un has been ». Mais il a quand même un passé dans la vie politique camerounaise. Il n’est pas exclu qu’il se comporte plus que certains partis de la vie politique camerounaise, mais il faudra surtout qu’il travaille. C’est désormais une question de crédibilité pour lui. Dans sa carrière militante passée, il ne s’est pas toujours démarqué. On a vu la dernière fois, il a souhaité se présenter comme candidat à la mairie de Douala 5e cela n’a pas été possible. Il a besoin d’une fonction élective dans sa carrière politique et une assise financière qui lui permettront de donner une envergure à ses idées. Jusqu’ici ses idées restent de simple parole. Il lui faut un contenant et des moyens.

Il entre bien sûr de manière tonitruante. Vous avez vu l’incident dans un restaurant de Douala, ce sont des éléments à ne pas négliger, car ils participent à faire de lui un acteur politique à ne pas prendre à la légère. Il vient entrer dans la meute avec une certaine expérience bien que n’ayant pas encore reçu les retombées de la répartition symbolique du pouvoir. Ca s’entend pour les hommes riches à avoir de l’argent, de l’envergure politique, être aussi sur l’implémentation de l’idéologie. Pour un monsieur comme Djamen, ça peut être une mairie ou un poste de député, du moins d’ici 2025, il faudra s’attendre à faire avec lui. Mais ce n’est pas aussi exclu que dans le cadre d’un gouvernement d’ouverture, que Célestin Djamen se retrouve propulsé au sein du gouvernement. Ce qui lui permettra d’avoir des moyens pour implémenter son parti. A l’exemple d’un Issa Tchiroma Bakary qui n’avait presque pas des élus avant d’être ministre, mais grâce aux ressources qu’il récolte dans sa position de ministre, il a pu glaner quelques postes électifs dans certaines localités », analyse le politologue Pierre Nka.

Vous êtes témoin d'un fait, vous avez une information, un scoop ou un sujet d'actualité à diffuser? Envoyez-nous vos infos, photos ou vidéos sur WhatsApp +237 650 531 887 ou par email ! Les meilleurs seront sélectionnés et vérifiés par la rédaction puis publiés sur le site.

Rejoignez notre newsletter